Cambriolages en série dans les écoles genevoises

DélitsEn un mois et demi, 10 écoles ont été «visitées». Avec plus de dégâts que de profits.

L’école Charles-Giron a été cambriolée dans la nuit de mardi à mercredi. Les visiteurs sont repartis bredouilles et sans faire de casse.

L’école Charles-Giron a été cambriolée dans la nuit de mardi à mercredi. Les visiteurs sont repartis bredouilles et sans faire de casse. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Depuis un mois et demi, une série de cambriolages touche les écoles genevoises. Dernière victime en date: l’école Charles-Giron, près des Charmilles, «visitée» mardi sans vols ni dégâts importants. La nuit d’avant, c’était le tour de l’école primaire de Budé, au Petit-Saconnex, pour la deuxième fois en moins d’une semaine… La police a dénombré pas moins de huit autres cambriolages d’établissements en quelque six semaines, la plupart avec dégâts matériels et vols.

C’est loin d’être anodin: le Département de l’instruction publique (DIP) rapporte qu’au Cycle et au secondaire II, il y a eu autant de cambriolages ces deux derniers mois que durant tout le premier semestre 2019 (de janvier à la fin de juin). Au nombre élevé s’ajoute un mystère: à Budé comme à Charles-Giron, les vandales sont entrés sans effraction… Pour les établissements du Cycle et du secondaire II, en revanche, l’Office cantonal des bâtiments (OCBA) confirme qu’il y a eu effraction à chaque fois.

Congés propices aux visites

Le président de l’association de parents d’élèves de l’école de Budé était sur place mardi matin. «Lorsque je suis arrivé, les enseignants avaient déjà un peu rangé. Mais ça restait navrant de voir l’école dans cet état. Les enfants ne parlent que de ça, les maîtres sont dépités, le climat est morose…» La responsable des écoles de la Ville de Genève, Isabelle Widmer, raconte que les intrus ont brisé des vitres pour entrer dans des classes et les visiter. «À notre connaissance, il n’y a pas eu de vol mais davantage de dégâts matériels que la première fois. Les enseignants sont choqués par cette intrusion. Nous recherchons comment les intrus ont pu pénétrer à l'intérieur du bâtiment.» Une enquête est en cours.

Avant Budé, ce sont l’ECG Jean-Piaget, le collège De Staël ainsi que deux écoles primaires à Vernier (Ranche et Place) qui ont été cambriolés, durant le mois d’octobre. «Dans notre cas, relève le secrétaire général de Vernier, Michel Buergisser, on n’est pas dans le registre de la mise à sac, les dégâts sont circonscrits aux portes d’entrées.» Le calendrier ne relève pas du hasard: le DIP constate que les périodes de congés scolaires sont propices aux délits. «Depuis plusieurs années, les vacances sont effectivement un moment privilégié des cambrioleurs pour visiter les écoles de l’enseignement obligatoire.»

Alors avant ces congés, le Département publie un rappel quant aux risques de cambriolage et invite les directions et enseignants à ne laisser aucune valeur dans l'école. Même message du côté de la Ville de Genève, qui indique que la plupart du temps, il n’y a pas d’argent dans les écoles. Le secrétaire général de la commune de Vernier abonde: «Ce n’est pas là qu’on va trouver les bijoux de la Castafiore!»

Depuis le début de novembre, les infractions ont visé le cycle des Grandes-Communes, le collège et école de commerce André-Chavanne, l’école de commerce Aimée-Stitelmann, le cycle du Renard – où plusieurs fenêtres et portes ont été cassées le week-end passé. Dans la majorité des cas, résume Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole de la police genevoise, on déplore «des dégâts matériels pour peu de profits».

Pas de casse du siècle donc, mais des vols dont les conséquences vont peser sur les élèves. Des ordinateurs, du matériel audiovisuel, des écrans. Des coffres ont également été fracturés, avec parfois des sommes dérobées, énumère Pierre-Antoine Preti, porte-parole du DIP. Qui expose encore que, dans quelques cas, les intrus ont emporté de l'argent liquide laissé par des enseignants qui n'ont pas eu le temps de verser les espèces destinées aux camps de ski, sorties et achats divers sur un compte bancaire.

Pas encore d’interpellations

Les enquêtes sont confiées à la brigade des cambriolages. Les pilleurs d’écoles n’ont pas encore été interpellés. «Les enquêtes pour cambriolage prennent en général du temps, hormis bien sûr les cas de flagrant délit, précise Silvain Guillaume-Gentil. Il n'est pas rare que les auteurs soient interpellés bien après les faits, soit une fois que la partie technique de l'enquête est réalisée.»

Les neuf cambriolages pourraient-ils être le fait de mêmes individus? Le porte-parole de la police le réfute. «On ne peut pas affirmer qu'il s'agisse des mêmes auteurs. D’autre part, il n’y a pas vraiment de similitudes (ndlr: dans le modus operandi) hormis le fait de commettre une ou des effractions, puis de fouiller et voler ce qui pourrait être intéressant.»

Dans certains cas, le délit semble même avoir été commis par des cambrioleurs relativement professionnels, qui ont forcé les coffres-forts d’écoles à la meuleuse…

Pas de mesures particulières

À l’aune de cette série d’événements, le DIP va-t-il prendre des mesures particulières pour mieux sécuriser les écoles? Son porte-parole, Pierre-Antoine Preti, rappelle que l'analyse sécuritaire des bâtiments scolaires ne dépend pas du DIP, mais des communes pour le primaire et de l’Office cantonal des bâtiments, avec l'expertise de la police (lire ci-contre). L’Office répond de son côté qu’aucune disposition supplémentaire n’est prévue pour l’instant.

Quant à la Ville de Genève, dont dépend Budé et Charles-Giron, elle appelle les usagers de l’école à faire preuve d’une «surveillance et d’une vigilance accrue». Par ailleurs, ajoute Isabelle Widmer, «nous avons demandé aux sociétés privées chargées de fermer certaines écoles de renforcer leurs tournus et d’être aussi plus vigilantes. Certaines rondes ou surveillances nocturnes ont été renforcées.» Enfin, à Vernier, où deux écoles ont été «visitées», «nous ne sommes pas confrontés à quelque chose de répété qui nécessite une réponse systématique pour l’instant».

Créé: 21.11.2019, 07h01

Alarmes et rondes pour une minorité d’écoles

Les écoles ne sont pas des bunkers. Elles sont simplement fermées à clé et seules quelques-unes sont sous alarme, «une minorité», précise Roland Godel, porte-parole du Département des infrastructures, dont dépend l’Office cantonal des bâtiments (OCBA). Quant à la pose de caméras, elle est interdite à proximité des établissements scolaires. Il n’y en a pas dans les écoles susceptibles de filmer les élèves, en revanche il peut y en avoir dans le périmètre environnant, détaille Roland Godel. Il relève toutefois que «les caméras sont certes un moyen de dissuasion et un élément pour les enquêtes, mais elles ne sont pas infaillibles. Les cambrioleurs sont souvent masqués et pas toujours reconnaissables.» Enfin, des rondes sont organisées par les services de l’OCBA «pour les établissements que nous identifions comme sensibles par nos collaborateurs sur le terrain et nos contacts avec les îlotiers notamment. Cela concerne une minorité d’écoles.» Ces rondes sont financées par l’Office.

À l’aune des événements récents, des mesures particulières vont-elles être mises en place pour prévenir d'autres cambriolages? A priori pas, répond Roland Godel.

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