Braquage à Thônex: «On se dit qu’une attaque peut arriver à tout moment»

TémoignageQuatre vols en six semaines, dont un à main armée. C’est le triste bilan d’une station-service. La gérante témoigne

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«J’ai déserté les lieux. Je ne viens ici que pour travailler. Le soir, je vais dormir chez ma fille ou chez un ami.» Gisèle vit dans la peur. En six semaines, la patronne de la station-service Tamoil de Pierre-à-Bochet, à Thônex, a vécu quatre attaques, dont une à main armée, mercredi. Au total, ce sont plus de 100?000?francs qui ont disparu. «Une nouvelle attaque remettrait notre avenir en question…»

Au braquage de mercredi, Gisèle s’y attendait. «Je pensais qu’ils viendraient. Lors du dernier cambriolage, ils ont arraché la porte de l’arrière-boutique. Ils savaient qu’il y avait un coffre.» Les faits lui donnent raison. Mercredi, un malfrat lui ordonne d’ouvrir le coffre, un pistolet à la main, pendant que son complice exige la caisse à sa fille.

Sécurité renforcée

La gérante et sa fille ne veulent pas de soutien psychologique. «Nous sommes blindées, nous n’avons pas besoin de ça, mais c’est décourageant.» Gisèle a une soixantaine d’années. Elle exploite la station de la route d’Ambilly depuis vingt-cinq?ans. Gagne-pain et maison familiale, elle y a élevé ses deux filles. Si l’arrière-boutique a conservé son intérieur cosy, l’extérieur de la bâtisse s’est transformé en une véritable forteresse. «Depuis cinq ou six?ans, nous avons renforcé beaucoup de choses, indique la gérante. Nous avons notamment installé des stores de sécurité et un vitrage antieffraction.» Sans oublier la vidéosurveillance, le système d’alarme et les barreaux aux fenêtres.

En ce qui concerne les assurances, Gisèle se dit plutôt chanceuse. «On m’a déjà payé le premier sinistre alors que le dossier n’est pas encore bouclé. Pour l’instant, je n’ai pas à me plaindre.» Mais l’avertissement a été donné. «On m’a fait comprendre que si je suis victime d’une autre attaque cette année, ce n’est pas sûr que je serai indemnisée. Si je dois changer d’assureur, ma prime risque de doubler, pour autant que quelqu’un me prenne…»

«On y pense sans arrêt»

La menace pèse lourd à une période déjà difficile pour le commerce. «En deux ans, notre chiffre d’affaires a baissé de plus de 50% à cause du franc fort, souligne Gisèle. J’ai déjà dû licencier du personnel et diminuer les salaires.» Les récents événements ne font qu’empirer la situation. «C’est vraiment difficile, nous sommes écœurées. Sans les sinistres, nous aurions plus de force pour nous battre. Mais là, on se dit qu’une nouvelle attaque peut arriver à tout moment. On y pense sans arrêt.»

Hier matin, Gisèle a passé plus de deux heures et demie à fouiller dans ses comptes. Et ce n’est que le début. «Pour chaque sinistre, j’ai trois dossiers à fournir: un pour la police, un pour l’assurance et un pour nous. Il faut pouvoir tout justifier.» Que faire pour éviter un nouveau braquage? «Sécuriser le Foron du côté suisse», déclare la gérante. Le récent élargissement du cours d’eau faciliterait la fuite des cambrioleurs. «Les gens n’ont même plus besoin de se mouiller les pieds», déplore la patronne. Lors des quatre dernières attaques, les malfrats étaient à pied. (TDG)

Créé: 06.07.2012, 07h17

De nombreux braqueurs recherchés par la police

Les brigandages de stations-services traumatisent souvent les victimes et marquent les esprits dans la population. Selon la police, ces braquages sont en baisse. On en recense 4 depuis le début de janvier dernier, 11 l’an dernier, 13 en 2010 et 18 en 2009. Mais le pic de cette année-là est le fait d’un seul individu qui en avait commis 12. «Il avait à chaque fois le même mode opératoire et le même habillement, confirme le porte-parole Jean-Philippe Brandt. Nous l’avons surveillé des mois avant de l’interpeller.» Pour les années suivantes, la plupart des brigands impliqués n’ont toujours pas été arrêtés. Encagoulés, gantés, armés, les malfrats agissent souvent seuls. Ainsi, le 23 décembre dernier, à la station Migrol de Plan-les-Ouates, un homme a pointé son arme sur la fille du gérant, lui ordonnant de mettre la caisse, plusieurs milliers de francs, dans son sac. Avant de repartir à pied, bien avant l’arrivée de la police.
F.M.

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