«Bob et les Sex Pistaches», la rock star du Grand-Sac’

CinémaLe Genevois Yves Matthey signe une comédie hyperlocale, entre nostalgie et «Gros Cons».

"Bob et les sex pistaches" une comédie sur la jeunesse du rock avec Jules Sitruk Image: dr

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C’est l’histoire d’un petit gars de Genève qui n’a qu’un rêve dans la vie: devenir une rock star, devenir le «King du Grand-Sac’». Fils d’un raté au grand cœur (Jean-Alexandre Blanchet, ex-Gros Cons), Bob (Julian Sitruk) lance son groupe entouré de trois rockeuses. Leur nom: Bob et les Sex Pistaches. Voilà pour le titre du film. Les épisodes s’enchaînent – première guitare, premiers concerts, première copine, espoirs, désillusions – dans ce qui tient lieu d’un parcours initiatique parsemé de gags, claques et coups de boule à la pelle. Bob et les Sex Pistaches sort aujourd’hui dans les salles romandes.

Deux choses nous ont intrigués. Le film a été tourné essentiellement à Genève et joue beaucoup de la carte hyperlocale avec ses lieux facilement reconnaissables. Ce premier point n’intéressera que les habitants du bout du lac. Quant au thème – la carrière d’un groupe punk rock sincère mais sans réel avenir –, il renvoie à l’histoire de la scène «alternative».

Souvenir des années 80

«Dans les années 1980, raconte Yves Matthey, mes potes étaient rockers. Moi, je faisais les photos et les clips de groupes comme les Needles. Ça m’a donné envie de parler d’eux. Certains sont restés dans la musique, comme Fred Jimenez, actuel bassiste de Johnny Hallyday qui signe les chansons jouées dans le film (lire à droite) .»

Le premier groupe de Fred Jimenez, justement, s’appelait Fred et les White Pistaches… «C’est leur musique que nous avons reprise dans le film, raconte Yves Matthey. Trente ans après, je me rappelais de la moitié des morceaux. Alors on a cherché le reste. Et tout réenregistré. C’est une forme d’hommage. On a voulu faire ça maintenant, parce le punk, le garage, le grunge, sont aujourd’hui en plein revivalisme.»

Quant à Jules Sitruk, il aurait accepté le rôle du chanteur parce que son propre père faisait lui-même partie d’un groupe dans les années 1980, Les Costards, avant d’arrêter plutôt que de virer commercial. Ce que raconte également le film, plus pathétique que drôle, finalement.

Hommage aux «Gros Cons »

Un des hauts faits d’armes d’Yves Matthey comme réalisateur reste Les Gros Cons , diffusés dès les années 1990 sur Canal Plus. Un humour acerbe qui fait encore des émules sur YouTube. Bob et les Sex Pistaches leur fait la part belle: Laurent Deshusses et Jean-Alexandre Blanchet soutiennent nombre de scènes du film. Dont le casting d’invités ressemble à un Who’s Who des humoristes romands. Laurent Nicolet en chef irascible, Gerard Mermet en chanteur de variété scandinave, Joseph Gorgoni en travesti lubrique… Jusqu’à Vincent Kucholl, vedette de l’émission 120 Secondes .

Financé par la RTS, «bricolé comme au temps des Gros Cons » (et assumé comme tel, selon Yves Matthey), Bob et les Sex Pistaches laisse sceptique: les nostalgiques des années 1980, les 30-40 ans, se contenteront-ils d’un film sans grande ambition esthétique? «Le but, se défend Yves Matthey, est d’attirer les kids au cinéma. Et les pères de familles! On a tous rêvé un jour d’être une star du rock!»

Pathé Balexert et Rialto

(TDG)

Créé: 27.03.2013, 07h36

La dure vie du rocker

Bassiste de Johnny Hallyday, le Genevois Fred Jimenez a composé et enregistré les chansons rock jouées dans le film Bob et les Sex Pistaches . Des compositions qu’il jouait il y a trente ans. «Le film montre des ados musiciens. Il fallait que la musique soit crédible», explique Fred Jimenez, installé à Paris.

«Des années 1980 à aujourd’hui, les vêtements, la musique n’ont pas tant changé. Sinon qu’il était inimaginable, pour nous, de voir débarquer nos parents au concert, encore moins de les voir nous soutenir, comme c’est le cas pour les jeunes musiciens d’aujourd’hui. Les jeunes de maintenant veulent, disent-ils, faire une carrière dans la musique. Mais ils ne se rendent pas compte de l’époque dans laquelle on vit! Avant, le rock pouvait servir d’ascenseur social. Aujourd’hui, faire du rock est un privilège. Vendre des millions de disques, ce n’est plus possible. Le problème, c’est que les jeunes vivent à travers le regard de leurs parents.»

Bob et les Sex Pistaches , faux groupe de rock lorgnant vers la parodie, est-il symptomatique d’une époque? «On dit de chaque style, qu’il soit jazz, romantique ou rock, qu’il dure en moyenne trente ans. Or, l’âge d’or du rock est passé, c’est clair. Après, que fait-on? Du revivalisme, des hommages parfois décalés ou de l’humour.»

F.G.

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