Bataille idéologique autour de la construction à Genève

développementUn projet immobilier aux Délices relance le débat sur la manière dont la Ville doit se développer.

Hôtel de ville, le conseil municipal.

Hôtel de ville, le conseil municipal. Image: Laurent Guiraud

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Construire, oui mais comment? Mais surtout à quel prix et pour quels sacrifices? Voilà l’enjeu des débats qui ont animé hier soir la séance du Conseil municipal de la Ville de Genève. Et qui porte pourtant sur un projet immobilier de taille modeste dans le quartier des Délices.

Trois opposants et autant d’idéologies s’affrontent pour trois variantes différentes. D’un côté, le Conseil d’Etat milite pour la construction de trois immeubles, 36 logements au total dont 23 en loyer libre. De l’autre, l’association Sauvons les Petits-Délices ne veut pas entendre parler de la destruction d’une villa hébergeant aujourd’hui une école privée. Ni d’une «surdensification» de leur quartier. Reste la Ville, qui tente de ménager la chèvre et le chou. Comment? En voulant classer certaines parcelles en «périmètre d’intérêt public» et en limitant la hauteur d’érection des immeubles. Conséquences: seulement 20 logements créés contre 36 pour la version cantonale mais le sauvetage de l’école et d’un espace vert.

Seulement voilà, la Municipalité aurait à dédommager le propriétaire de l’une des trois parcelles du projet. Et cela a un coût estimé entre 2 et 5 millions de francs.

«C’est emblématique de la politique du magistrat chargé des Constructions, Rémy Pagani. Il paie des promoteurs privés pour construire moins!» L’attaque est signée Adrien Genecand, conseiller municipal PLR. Piqué à vif, l’attaqué réplique: «Sans ce compromis, les autorisations seront tout simplement bloquées.»

Les fronts sont figés dans un dossier juridiquement très complexe et qui pourrait amener la Municipalité devant le Tribunal fédéral. Un troisième débat ayant été demandé, l’assemblée ne devrait pas manquer de s’écharper prochainement.

Grand Théâtre: polémique

Par ailleurs, le Municipal a été épargné hier soir par l’explosion de la facture de rénovation du Grand Théâtre. Comme révélés par Léman Bleu dans la soirée, les coûts estimés des travaux ont doublé, passant de 30 à 60 millions de francs. Interrogé, le magistrat chargé des Constructions explique que l’édifice n’avait jamais été rénové depuis sa création en 1955, et que des nouveaux imprévus ont été détectés. L’édile promet de faire des économies, par exemple, sur l’abandon de la rénovation des façades. Quant à la Commission des travaux, elle a demandé à procéder à de nouvelles auditions. Enfin, la présidente du conseil de fondation du Grand Théâtre, Lorella Bertani qualifie la situation de «très grave», craignant des conséquences sur la programmation de l’institution culturelle.

(TDG)

Créé: 24.04.2013, 07h54

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