Barthassat: «J’étais du côté des TPG, je me sens trahi»

Grève des transports publicsLe ministre exige des syndicats des garanties sur un service minimum en cas d’arrêt de travail.

Alors que la menace d’une nouvelle grève se profile, Luc Barthassat assure: «Je ne tolérerai pas qu’aucun service minimum ne soit assuré.»
Vidéo: Pierre Abensur

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Après la grève qui a paralysé le réseau de transports publics mercredi, Luc Barthassat dit sa déception qu’un service minimum n’ait pas été assuré. Le ministre des Transports dévoile ses intentions pour la suite du bras de fer.

Vous n’avez pas évité un conflit dans une régie qui dépend de vous. Une autocritique?

Sans vouloir me défiler, c’était au conseil d’administration et à la direction des TPG de gérer l’affaire. Je n’ai pas de problème avec le droit de grève, mais j’ai demandé qu’un service minimum soit assuré. On m’a promis que ce serait chose faite dès 6 h 30, avec l’aide de la police et en accord avec les syndicats, en sachant que seule une minorité était déterminée à faire grève. Mais il y a eu des intimidations. Mon autocritique, c’est d’avoir fait confiance de bonne foi à la direction et à ses discussions avec les syndicats. Les accords n’ont pas été respectés.

Prévoyez-vous des sanctions?

J’en avais annoncé à l’égard de ceux qui feraient obstruction contre les employés voulant prendre leur service. Du moment qu’ils se sont tous ralliés (intimidés ou non), la police n’allait pas forcer l’ouverture des portes, alors qu’aucun bus n’était prêt à sortir. Je ne peux pas prendre de sanction moi-même. C’est aux TPG de porter plainte. Aucun travail n’ayant été fourni, il n’est pas question de payer les salaires. On peut en discuter. Mais c’est difficile de négocier avec des personnes qui ne tiennent pas leur parole!

Vous sentez-vous trahi?

J’avais soutenu tous les salariés en défendant l’octroi aux TPG de 5 millions en plus pour éviter les licenciements, contre l’avis du reste du Conseil d’Etat et quitte à être accusé de rompre la collégialité. Oui, j’ai un sentiment de trahison. J’ai pris le risque de les défendre. Je n’irai pas demander au Grand Conseil ces 5 millions alors qu’il faudrait les prendre chez mes collègues qui ont, eux aussi, dû économiser.

Le gouvernement apparaît comme impuissant, surtout quand le syndicat de la police s’affiche avec les grévistes!

On l’est, pour plusieurs raisons. Les syndicats tiennent le couteau par le manche et on ne peut pas forcer des gens à conduire avec un pistolet sur la tempe. En plus, il n’y a aucun plan prévu en cas de grève des transports publics. C’est là que j’ai un sentiment d’échec. Alors que la menace d’une nouvelle grève se profile, nous préparons des mesures que je ne vous dévoilerai pas. Je ne tolérerai pas qu’aucun service minimum ne soit assuré.

Les TPG, qui y sont tenus par leur contrat de prestation, disent ne pas avoir de base légale pour l’exiger de leurs employés…

Le Conseil d’Etat demande par arrêté aux TPG de l’assurer. S’ils ne peuvent pas le faire avec leur personnel, on peut envisager des sous-traitants. Ou l’armée, même si ce n’est pas ce que nous ferons à Genève!

Comment éviter de licencier?

Le risque de licenciement est pour la fin 2015, de 40 à 60 postes. On a une année pour trouver des solutions: accroître les revenus de TPG Publicité, développer le temps partiel, envisager du chômage technique, refondre la direction où on peut faire des gains d’efficience… Il faut aussi voir si la baisse des tarifs n’amènera pas de nouveaux clients. De la promotion doit se faire sur ce sujet, tout comme sur l’élargissement des possibilités d’achat de billets par SMS. Mais les syndicats contestent même les suppressions de poste, le non-remplacement de départs à la retraite!

L’Exécutif a revu à la hausse le bonus de l’Etat prévu pour 2015 à 5 millions, juste ce qu’il manque pour éviter de licencier!

Je ne suis pas le seul à en avoir besoin. Il y a des nécessités dans les écoles, dans le social. Si 10 centimes arrivent sur la table, on saute tous dessus! Et on a des incertitudes quant aux revenus fiscaux. Nous sommes dans un processus d’économie et je suis solidaire avec le reste du gouvernement. Je demande à mes collègues d’économiser, je fais de même dans mon département et je demande aux TPG d’en faire autant.

Le syndicat exige le retrait du contrat de prestation et des discussions sur un nouveau contrat. Vous acceptez?

Il n’est pas question de retirer un contrat de prestation qui est maintenant en cours d’étude au Grand Conseil. On ne peut pas revenir en arrière, ce serait incompréhensible. Je suis ouvert à prendre part à toute discussion, même si celle-ci doit d’abord avoir lieu avec la direction, qui doit obtenir des garanties. Mais le rapport de confiance en a pris un coup. Et s’ils veulent discuter, j’exige un engagement signé de leur part sur le plan de service minimum en cas de grève qui leur sera proposé par la direction.

Créé: 20.11.2014, 21h18

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D’abord, la situation économique, sans être mauvaise, n’est pas flamboyante. Elle réduit la capacité de l’Etat à financer ses réformes. Le collège, ensuite, n’est pas porté par une dynamique collective et manque de leaders incontestés. Dans l’affaire des TPG, il a de plus montré un coupable amateurisme et laissé pourrir la situation postinitiative de l’Avivo. Enfin, les partis sont divisés comme jamais. Au Parlement, il n’y a pas de majorité stable. Avec un MCG en pleine droitisation depuis le départ à Berne de son président, Roger Golay, et un PLR sous influence libérale, on aurait pu penser qu’une alliance majoritaire entre le PLR, l’UDC et le MCG apparaîtrait. Mais les foucades du MCG et ses retournements de veste, par exemple sur le conflit avec les TPG, montrent que cette majorité n’existe pas. Il n’y a pas non plus de majorité au centre rassemblant le PLR, le PDC, les Verts et le PS: sauf sur la Loi sur la police, elle ne s’est jamais manifestée. C’est que le PLR n’est pas intéressé, comme il l’a démontré la semaine passée en torpillant les modestes demandes de hausses de taxes du PS pour équilibrer le budget 2015.

La gauche, minoritaire comme jamais au Parlement, pourrait-elle s’appuyer sur les votations et les conflits sociaux pour imposer sa ligne comme pendant la période monocolore? Elle tente de le faire, comme on le voit avec Score ou la grève des TPG. Mais cette politique d’opposition n’a de sens que pour amener ses adversaires à la table des négociations avec des objectifs précis. Et c’est très loin d’être acquis. Reste que si les partis gouvernementaux et le Conseil d’Etat ne reprennent pas la main, le climat va encore se détériorer et la législature s’embourber. Et c’est grave? Absolument. Car la grande différence entre les années 90 et 2014 réside dans l’existence du frein à l’endettement via le budget de fonctionnement et d’invetissement. Les partis peuvent bien comme naguère jouer la carte démagogique, le peuple voter de manière contradictoire, le gouvernement planer, avec une dette dépassant les 13,3 milliards, il faudra bientôt convaincre 51 députés de voter un crédit d’investissement. Et après trois ans de déficits, il faudra trancher entre des baisses de prestations et des impôts nouveaux. Et alors, fini la comédie. Marc Bretton

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