Au Nid, le client est aussi copropriétaire

Développement durableUne épicerie participative va ouvrir à la Jonction, initiée par un groupe de copains. Elle mise sur le vrac, le local et le lien social.

Une partie de l’équipe du Nid, de gauche à droite: Johann, Natacha, Marie-Claire, Guillaume, Diego et Antonin.

Une partie de l’équipe du Nid, de gauche à droite: Johann, Natacha, Marie-Claire, Guillaume, Diego et Antonin. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Faire ses courses dans sa propre épicerie. Y trouver des produits locaux et exempts d’emballage plastique. Puis, une fois par mois, passer un coup de balai, remplir quelques rayons ou participer aux réflexions sur le développement du lieu. C’est, en substance, le concept d’un tout nouveau genre de commerce de proximité qui ouvrira en janvier à la Jonction. Le Nid, installé au sentier des Saules 3, propose une épicerie participative autogérée où le consommateur est copropriétaire. Mais aussi, deux heures par mois, vendeur, comptable ou encore gestionnaire de stock.

«Diversité sociale dans le projet»

Le Nid a pris un peu de temps pour faire le sien. Le projet est en gestation depuis 2015, mené par un groupe d’une dizaine de copains. «Pour la plupart, on s’est connu au master de socioéconomie à l’Université, raconte Guillaume Golay, 26 ans. Ce sont deux amis, Diego et Johan, qui ont lancé cette idée dans le cadre de leur travail de master, sur le modèle d’une épicerie participative à New York.» La motivation est là mais il leur manque un élément essentiel pour démarrer l’aventure: un local. «Les loyers des arcades oscillent entre 3000 et 6000 fr. par mois, c’est trop lourd à supporter, surtout pour se lancer, explique Antonin Calderon, 26 ans, qui est aussi le cofondateur de la monnaie locale le léman. On ne pouvait pas se permettre de démarrer à perte!» Une opportunité se présente en début d’année, lorsqu’on leur propose d’occuper un local de 60 m2 au sentier des Saules, où réside une coopérative d’artistes. «Ce n’est que pour un an car le bâtiment sera détruit à terme. Mais ça nous permet de faire nos armes et on intégrera un local plus cher lorsqu’on aura décollé.»

Le principe du Nid est simple: le consommateur achète des parts sociales de 40 à 200 fr. (le tarif varie s’il est au bénéfice d’aides sociales). «Cela permet une diversité sociale dans le projet.» Et devient alors coopérateur. S’il décide de quitter Le Nid, il pourra repartir avec le montant des parts qu’il a souscrites. Les membres ont leur mot à dire sur le fonctionnement de l’épicerie et peuvent soumettre des propositions de nouveaux produits. Ils donnent également deux heures de leur temps tous les mois, pour le fonctionnement de l’épicerie. «Pour tenir la caisse, pour un coup de main à la comptabilité ou encore pour aller chercher la marchandise chez un producteur», détaille Antonin. La marge pratiquée – et donc le prix des produits – est réduite, continue Guillaume. «Ce modèle nous permet de proposer des prix raisonnables à nos membres pour des produits locaux et de qualité. On se situe entre les prix de M-Budget et d’une épicerie de détail.»

Entre supérette et épicerie de détail

Autre objectif: préserver l’environnement et soutenir les producteurs locaux. Ainsi, au Nid on ne trouvera que du vrac et du local. Pas d’emballage plastique, des circuits de distribution courts et moins d’intermédiaires. Ce lien direct avec les producteurs permet aussi un échange avec les consommateurs. «Une vingtaine de producteurs nous ont déjà manifesté leur intérêt d’intégrer le projet», rapporte Antonin. Pour proposer du pain, de la bière, des savons, des pâtes, du vin, des huiles, des céréales, des produits laitiers, entre autres. Guillaume souligne: «On n’est pas en mode épicerie de détail mais plutôt un petit supermarché. On offre un peu de tout ce qui compose le panier du consommateur courant.» Quelques exceptions toutefois: «Difficile de trouver dans la région certains produits comme du papier-toilette ou du dentifrice. Alors on fait confiance à certains labels et on privilégie ceux dont on peut connaître les conditions de production.» Enfin, Le Nid se veut aussi un lieu de rencontre et d’échanges.

Le projet a déjà récolté 12 000 fr. et séduit quelque 100 coopérateurs. «Nous avons également reçu 10 000 fr. de G’innove (n dlr: programme d’encouragement à l’innovation de la Ville de Genève). Au total, nous avons ainsi réuni 22 000 fr., sur les 50 000 visés.» Suffisant pour démarrer, mais Le Nid cherche encore des dons et des coopérateurs supplémentaires. (TDG)

Créé: 21.11.2017, 17h59

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