Arméniens et Genevois unis autour des réverbères

CultureDes centaines de personnes, dont des élus, ont assisté à l’inauguration de l’œuvre qui commémore le génocide arménien.

Visite de Charles Aznavour au parc Trembley lors de l'inauguration de l'oeuvre de l'artiste Melik Ohanian en mémoire du génocide des Arméniens, primée à la Biennale Venise.

Visite de Charles Aznavour au parc Trembley lors de l'inauguration de l'oeuvre de l'artiste Melik Ohanian en mémoire du génocide des Arméniens, primée à la Biennale Venise. Image: Pierre Albouy

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Désormais, neuf silhouettes longilignes en bronze s’élèvent dans le parc Trembley. L’œuvre de Melik Ohanian, intitulée «Les Réverbères de la mémoire», trône aux côtés des parterres de jonquilles, avec vue sur la chaîne des Alpes. Elle rend hommage aux liens entre Genève et la communauté arménienne, notamment entre 1915 et 1917, lors du génocide arménien perpétré par le pouvoir ottoman. Après dix ans de péripéties, c’est dans ce magnifique décor que ce projet controversé a finalement pu voir le jour.

Pour célébrer l’événement, plus de 500 personnes, Arméniens et Genevois, foulent l’herbe du parc. On repère tout de suite le caractère inhabituel de cette inauguration dont la portée dépasse la dimension culturelle. La rue adjacente est fermée à la circulation et des policiers veillent. En attendant le début de la cérémonie, les uns évoquent «la violence de la publicité» parue dans la «Tribune de Genève» le jour même. La Fédération des associations turques de Suisse romande y dénonce «un monument antiturc». D’autres craignent des manifestations. La vigilance est de mise.

Jusqu’à ce qu’un mouvement de foule associé au crépitement des flashs fasse taire la rumeur. Charles Aznavour, l’immense interprète d’origine arménienne, a fait son apparition. Quelques mots et photos plus tard, le frêle nonagénaire s’éclipse. S’élève alors le doux son du doudouk, cet instrument à vent considéré comme la voix du peuple arménien. Le brouhaha s’éteint sans tarder.

La cérémonie officielle de la remise de l’œuvre par la communauté arménienne à la Ville peut débuter. Les discours rappellent les obstacles dressés sur le chemin de ces réverbères depuis 2008, date du vote à l’unanimité par le Conseil municipal de la Ville en faveur de sa réalisation. Une longue attente, alors qu’«on sait à quel point la non-reconnaissance des violences subies est traumatisante», souligne le magistrat chargé de la Culture, Sami Kanaan. Aux yeux d’Hasmik Tolmajyan, ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Arménie à Genève, «le monument a mûri. Il s’est forgé sa propre histoire pour révéler mieux encore l’importance de cette mémoire.» Et revêt, selon le maire, Rémy Pagani, «une portée universelle».

Dans le public, Zavé Kurkdjian est ému. En novembre 2010, alors président de l’Union arménienne de Suisse, il était membre du jury qui adopta le projet de Melik Ohanian. «Cette œuvre, c’est un cadeau pour Genève, murmure-t-il. Il faut que vous veniez la voir de nuit. C’est encore plus beau.» (TDG)

Créé: 14.04.2018, 10h18

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