Anja Wyden ne sera plus chancelière d’État en mai

Élections cantonalesLe futur Conseil d’État qui sortira des urnes devra trouver un nouveau responsable de la Chancellerie d’État. Anja Wyden explique sa décision.

Anja Wyden Guelpa ne sera pas candidate à sa succession à la tête de la Chancellerie d’État après les élections cantonales du printemps.

Anja Wyden Guelpa ne sera pas candidate à sa succession à la tête de la Chancellerie d’État après les élections cantonales du printemps. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Anja Wyden Guelpa a annoncé mercredi sa décision au Conseil d’État: après deux législatures (soit huit ans et demi), elle a décidé de ne pas briguer un troisième mandat de chancelière d’État. Elle ne cache pas que la perte d’un ami a accéléré sa réflexion. Elle avait été nommée chancelière en novembre 2009, à 36 ans, alors qu’elle était directrice générale de l’Action sociale.

Anja Wyden Guelpa, qu’est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision?
C’est l’aboutissement d’une réflexion engagée depuis un moment et qui a pris un relief particulier suite au décès récent d’un proche.

N’y a-t-il pas également une sorte de lassitude?
Absolument pas. Je suis du reste toujours très engagée aujourd’hui. Je suis passionnée par ce que je fais, j’ai une équipe très soudée que j’adore et j’aurais encore beaucoup de projets à lancer ou à poursuivre. Lorsque le président François Longchamp a proposé mon nom en novembre 2009 au Conseil d’État pour la fonction de chancelière, cela a été une surprise, mais j’ai été très touchée par cette marque de confiance. Après huit années à ce poste, j’ai senti le besoin de donner une autre forme à mon engagement. Je n’étais jamais restée plus de sept ans à un poste. Le drame qui m’a touché m’a paradoxalement aidé à y voir plus clair. Et plus rapidement.

Que ferez-vous après avoir quitté l’État?
Ce sera forcément proche de mes passions, qui sont la démocratie, la bonne gouvernance, l’innovation et la philanthropie. Sans doute quelque chose de plus entrepreneurial. Ces années ont été extraordinaires et très enrichissantes en termes d’apprentissage pour moi. Constater que l’innovation est possible à l’État, je vous assure que c’est motivant.

Qu’estimez-vous avoir pu réaliser depuis 2009?
Je m’étais fixé trois objectifs principaux. Le premier, et pour moi le plus important, était de rapprocher l’État des citoyens. Je souhaitais en quelque sorte «désacraliser» la fonction, la rendre plus accessible. Je parle de ma fonction, et en aucun cas des institutions, qu’il faut au contraire respecter. J’estime qu’il est de notre responsabilité d’aller vers les gens, particulièrement les jeunes. Nous avons pour cela lancé une foule de projets destinés aux citoyens avec peu ou pas de moyens. Il y a la Semaine de la démocratie, CinéCivic pour encourager le vote des jeunes ou encore Institutions 3D, qui cherche à rendre concret le fonctionnement des institutions politiques.

Et le deuxième objectif?
Faire de la Chancellerie d’État l’une des plus dynamiques et des plus innovantes du pays. Contemplant le résultat, cet objectif est aujourd’hui atteint grâce à l’énorme travail des équipes. Il y a désormais une sorte de «réflexe innovation» que je définirais comme le fait de ne pas simplement tenter d’améliorer l’existant mais de réfléchir à partir des besoins concrets des citoyens, et si possible avec les citoyens pour trouver des solutions efficaces.

Un exemple?
Pour une meilleure expérience client de nos citoyens, nous militons auprès de la Chancellerie fédérale pour la dématérialisation du matériel de vote. Parallèlement, mes équipes ont développé – dans le cadre de LiftLab 2017 – un prototype d’application qui permettra aux citoyens de s’approprier la brochure de votation et de la partager sur les réseaux sociaux. En matière de vote électronique, j’ai obtenu la publication du code source (open source) afin de garantir la transparence aux citoyens, indispensable pour la confiance.

Il reste encore un dernier but que vous vous étiez fixé.
Quant à ce troisième objectif, il s’agissait d’améliorer l’efficacité de l’État. La Chancellerie est l’état-major du Conseil d’État, de plus, elle contribue à l’avancement des dossiers et joue un rôle de facilitateur. Je veux aussi insister sur le travail extraordinaire réalisé par le collège des secrétaires généraux. Ils sont dans l’ombre mais sont un rouage essentiel au bon fonctionnement de l’État. (TDG)

Créé: 31.01.2018, 20h01

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les Français envisagent le référendum d'initiative citoyenne
Plus...