Quelque 800 manifestants pour sauver 400 postes

GenèveLa mobilisation des fonctionnaires a été relativement faible pour protester contre le budget de l'État 2020. Le Cartel intersyndical avait pourtant battu le rappel ces derniers jours.

Image: Enrico Gastaldello

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«C’est la foule des grands soirs», ironise Jean-Pascal Perler, enseignant de chimie. Hier à 17 heures, la place Neuve n’était, il est vrai, pas noire de monde. Environ 300 employés de l'État se regroupent alors devant le Grand-Théâtre pour protester contre le budget de l'État 2020. Le Cartel intersyndical avait pourtant battu le rappel ces derniers jours pour mobiliser les troupes en dénonçant «une attaque sans précédent», la Commission des finances ayant biffé du projet les 412 postes supplémentaires que demandait le Conseil d’État.

«Ce n’est qu’un début, annonce la syndicaliste des services publics, Fabienne Payré. Mobilisons-nous.» Au fil du cortège, reliant la place Neuve à l’Hôtel-de-Ville, en passant par les rues Basses, les rangs se sont épaissis pour atteindre le cap des 800 manifestants. Parmi eux, Clara, chercheuse à l’Université, est venue avec son bébé, malgré la température glaciale. Par solidarité envers toute la fonction publique: «Il faut lutter contre la péjoration des conditions de travail qui pénalise les usagers du secteur public.» Un représentant de la Communauté genevoise d’action syndicale tonne: «Vous êtes là pour défendre les emplois que la droite détruit. Des coupes aveugles et gravissimes. Il faut compter deux ans pour renouveler un permis B à l’Office cantonal de la population.»

«Si je suis là ce soir, c’est clairement pour que l’on rétablisse les 196 postes tracés au DIP, ajoute notre enseignant de chimie. Idem dans d’autres services très serrés, notamment le social et la santé.» Deux secteurs bien représentés au sein des contestataires. «On n’est pas des machines, on est des soignants», «HUG, l’essentiel, c’est pas nous», peut-on lire sur des pancartes. Stéphane, infirmier depuis 1981 à l’Hôpital, constate: «Je n’ai jamais vu autant d’intérimaires de ma vie. La surcharge de travail entraîne un incroyable taux d’absentéisme. L’informatique s’est tant développée que, sur 8 heures de travail, on en passe 6 à faire de l’administratif. On préférerait être auprès des patients.»

Travaillant dans l’édition, Marie assume aussi des permanences dans une caisse de chômage et se rend, ainsi, bien compte «des dégâts provoqués par le manque de postes. Les assistants sociaux de l’Hospice et du service des prestations complémentaires n’ont pas le temps d’accompagner les gens.»

«La droite et le MCG sont responsables du déficit budgétaire du Canton. Ils ont multiplié les cadeaux fiscaux aux entreprises et c’est à la population de payer à présent», dénonce Jean Burgermeister, député d’Ensemble à Gauche très applaudi face aux canons.

La suite? D’abord un verre de vin chaud. Puis, «une autre manifestation est prévue le 12 décembre devant le Grand Conseil, premier jour du débat budgétaire en plénière», conclut la syndicaliste du SIT, Françoise Weber.

Créé: 05.12.2019, 18h23

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les processus de naturalisation recadrés
Plus...