6,3 millions pour traverser le lac

PolitiqueLe Grand Conseil accepte un crédit d’étude raboté. Les routes d’accès de l’infrastructure recevront des noms féminins.

L’ensemble du projet a été accepté par 55 oui contre 41 non.

L’ensemble du projet a été accepté par 55 oui contre 41 non. Image: Laurent Guiraud

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La traversée du lac? Le sujet a permis aux députés de briser le charme soporifique qui s’abat sur eux depuis que les débats se déroulent à la salle Popov au cœur de l’UIT. Vendredi soir, cette question identitaire a suscité quelques étincelles.

Pourquoi revenir sur la question? En juin 2016, le peuple acceptait une initiative réclamant une traversée du lac permettant «l’achèvement du contournement de Genève». Et du coup, il faut lancer des études. Sous la dernière législature, le conseiller d’État Luc Barthassat avait réclamé 24 millions, une demande rabotée à 6,3 millions puis remise à son niveau initial par la Commission des transports. C’est sur cette somme que le parlement a dû se prononcer.

Le débat commence par le plaidoyer de Jacques Béné (PLR). «La traversée, c’est un projet de société, dit-il. Il permettra d’améliorer la qualité de vie au centre-ville en offrant un ring autoroutier complet autour du centre-ville», Il rappelle que l’infrastructure figure dans de nombreux plans prévisionnels et qu’il faut maintenant lever des incertitudes sur les impacts géothermiques, environnementaux etc. Puis l’opposition donne de la voix.

«Passéiste, inutile, cher»

PS, Verts, Ensemble à gauche pilonnent tous les aspects du projet sans merci. Le financement? Une blague: la Confédération ne payera rien, prévient François Lefort (Verts). Un partenariat privé-public? «Personne n’en veut, comme l’a démontré une étude de la Banque Rothschild.» Un péage? «Une solution plus que lointaine, mais les croyants sont prêts à tout.» Olivier Baud (EàG) abonde et renchérit. Cruels, les orateurs rappellent avec sadisme que Berne ne mentionne aucun financement «ni en 2030, ni en 2040, ni en 2050», recense Thomas Wenger (PS). Il appelle à renoncer à un projet passéiste, inutile, cher.

Mais alors que faire pour améliorer la situation? «Il faut réaliser ce qui a déjà été prévu pour la mobilité douce et les transports publics depuis longtemps et qui ne se fait pas», avance François Lefort.

La droite montre les dents

À la longue, la droite s’énerve: «La guerre des transports est relancée, assure Stéphane Florey (UDC). Si vous voulez que les TPG aillent plus vite, il faut offrir aux véhicules privés des transports alternatifs! Mais sans péage!»

Serge Hiltpold (PLR) répond point par point. Il détaille les dépenses déjà consenties pour les transports publics, dont l’extension de la gare, et demande à la gauche de tenir les engagements pour le transport routier. Mais faut-il défendre un projet passéiste? «Mais le Ceva aussi l’était puisque le projet datait de 1912!» souligne Guy Mettan.

Alors que le débat se poursuit, on se met à marchander. 24 millions, ne serait-ce pas un peu trop? Le PDC se dit prêt à baisser la facture en acceptant un amendement PS qui propose de revenir aux 6,3 millions de départ. Le MCG est d’accord. Le PLR ne semble pas en faire une maladie.

Le magistrat Serge Dal Busco intervient en fin de débat. Il appelle à agir avec ordre et méthode en respectant la volonté populaire: «Si nous faisons le travail, peut-être qu’à l’horizon 2040 la traversée sera inscrite dans les financements fédéraux. Mais il faut instruire le dossier pour franchir les étapes.»

Où sont les femmes?

Au vote, le crédit de 24 millions est raboté à 6,3 millions et le mode de financement de la traversée est exclu du champ de l’étude. On s’achemine vers la fin du débat quand un amendement PLR arrive! «Et pourquoi pas prévoir de donner un nom féminin aux infrastructures routières liées à la traversée?» proposent Céline Zuber-Roy et Diane Barbier-Mueller. «Opportunisme! Manipulation!» riposte la gauche. Mais l’amendement passe la rampe. Comme finalement l’ensemble du projet accepté par 55 oui (Entente, MCG, UDC) contre 41 (gauche).

(TDG)

Créé: 22.03.2019, 21h44

Loi votée contre la traite d’êtres humains

C’est pour lutter contre la traite d’êtres humains que le PDC, en particulier la députée Anne Marie von Arx-Vernon, et le PS avaient déposé un projet de loi s’attaquant à ce fléau qui réduit des êtres humains à la prostitution ou à l’esclavage.

À l’origine, il s’agissait de créer un poste de délégué pour coordonner les actions cantonales déjà entreprises. Au fil des débats en commission, l’idée a été abandonnée, mais celle de désigner, à l’interne de l’État cette fois, un délégué, est restée. Ce responsable serait chargé de rendre un rapport bisannuel et devrait développer un concept d’intervention et de prévention.

Mais le PLR, l’UDC et le MCG se montrent sceptiques: «Sommes-nous favorables
à l’esclavage, s’interroge Charles Selleger (PLR)? Non! Mais ce projet n’amène rien. Il est avant tout déclamatoire.» Au MCG, à l’UDC, on n’y croit pas non plus: «La traite est un problème de criminalité qui doit être traité par la police», ajoute Marc Falquet (UDC). Le Conseil d’État n’est pas plus convaincu. «Le Canton a pris la mesure de la problématique et y fait face», assure le ministre de la Sécurité, Mauro Poggia, avant de dresser la liste des actions déjà entreprises. Mais l’élu est finalement désavoué par 51 voix contre 45.

M.BN

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