60 minutes chrono pour sortir d’une pièce fermée

TendanceLe jeu d’évasion grandeur nature séduit. Depuis mars, quatre lieux ont ouvert à Genève.

Les joueurs se retrouvent face à la machine infernale…

Les joueurs se retrouvent face à la machine infernale…

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Un groupe de deux à six personnes se fait enfermer dans une pièce. Il dispose de soixante minutes pour s’en échapper en résolvant des énigmes. Avec en toile de fond une intrigue bien ficelée. C’est le principe de l’Escape game, un jeu d’évasion grandeur nature qui a fleuri dans les villes du monde entier. Genève vient de succomber à la tendance: en quatre mois, trois lieux ont fait leur apparition. Un quatrième ouvrira mardi! Près de 2400 personnes ont déjà tenté l’expérience.

Indice à la demande

L’aventure commence par une notice d’avertissement: «Merci de ne pas saccager la pièce et de ne pas arracher la moquette.» La clé tourne, nous voilà enfermés dans la pièce sobrement baptisée «Apocalypse». La mission: arrêter un réacteur à fission nucléaire infernal en Europe de l’Est. On s’affaire pour dénicher des indices. Dans le journal russe? Sur cet étrange tableau électrique? Dans cette série de signes indéchiffrables? Au bout de quarante lamentables minutes, il faut l’avouer, c’est l’impasse. On en arracherait la moquette. On se résout à quémander un indice – les organisateurs supervisent tout grâce à une caméra – avant de découvrir une deuxième salle.

Alarme assourdissante, compte à rebours: plus que trois minutes avant l’explosion. Vite, arrêter la machine infernale. C’est la panique, ça clignote dans tous les sens, on appuie désespérément sur tous les boutons; rouge, vert, bleu. Une minute. Mince, il y avait un mode d’emploi… BOUM.

Des passionnés bricoleurs

Beaux joueurs, les deux organisateurs accordent un peu de temps supplémentaire pour finir l’aventure. «Le but n’est pas que les gens partent frustrés!» Fabien Tosoni, étudiant de 30 ans en sciences de l’environnement, a créé Escape-Geneva avec un ami. Le duo est passionné par les jeux de rôle et plutôt bricoleur: «Tout est fait maison», de la décoration à la machine infernale. Ils y consacrent tout leur temps libre, «on fait ça par passion, pas pour en vivre!»

Attila Horvath et Regina Sipos aussi dédient leurs soirées à leur Parapark. Ces fonctionnaires internationaux ont été les premiers à ouvrir un Escape game à Genève, en mars. Ils ont acheté la franchise d’un créateur hongrois qui leur fournit les énigmes et les scénarios. Pas de concept clés en main en revanche pour «La Chambre secrète», installée depuis la fin de juin dans une cave en Vieille-Ville. Son concepteur, un ingénieur passionné de casse-têtes, a tout fabriqué avec sa femme. «On voulait faire revivre le passé de Genève de façon ludique et on a découvert une vraie histoire de diamant disparu au XIXe siècle, ça nous sert d’intrigue!»

Enfin, la quatrième Escape room est l’œuvre d’Aurèle Barde et de Scott Deely, des trentenaires passionnés «par l’univers de Hook, des Goonies, d’Indiana Jones». «Après avoir expérimenté ce jeu à Paris, on s’est dit que ça serait sympa de le faire ici.» L’idée reste en l’air jusqu’à ce qu’Aurèle perde son emploi. «C’était l’occasion de concrétiser notre projet et TripTrap est né.» Il s’y consacre aujourd’hui à 100%, bientôt suivi par Scott qui a quitté son poste dans la coopération internationale. «Ce n’est pas un choix facile mais le jeu en vaut la chandelle, c’est un beau projet, explique-t-il. On veut surprendre les gens, on veut qu’ils entrent dans une bulle de fantastique, qu’ils soient acteurs. Et qu’ils redeviennent des mômes l’espace d’une heure!»

Avec une bande d’amis, ils construisent tout eux-mêmes et écument les brocantes pour réduire les dépenses. Comme les autres créateurs d’Escape room, ils ont investi de leur poche pour concrétiser leur projet et glané quelques financements extérieurs. Leur espace offre trois salles – dont une cabine de pirate plus vraie que nature – et même un bar et un coin repas. «C’est un jeu parfait pour une soirée d’entreprise!» vante Aurèle.

Salle pour les +18 ans

Le concept séduit: TripTrap a ouvert une salle pendant deux semaines et enregistré 350 joueurs. Depuis leur ouverture, Parapark comptabilise près de 1000 clients, Escape-Geneva et La Chambre secrète environ 550 chacun. Le profil des joueurs? Groupe d’amis, parents et enfants, enterrements de vie de jeune fille, touristes. Escape-Geneva et TripTrap planchent déjà sur une nouveauté: une salle interdite aux moins de 18 ans… «Chez nous, il faudra s’échapper du repaire d’un tueur en série, explique Fabien Tosoni. Peut-être que tous les joueurs ne sortiront pas de la pièce…»

Les quatre lieux

Parapark: 2 salles, 105, bvd de la Cluse. Prix par salle: 100 fr. geneve.parapark.ch Escape-Geneva: 3 salles, rue de Lausanne 69. Prix par salle: 100 à 120 fr. selon l’horaire. escape-geneva.ch La Chambre secrète: 1 salle, place du Bourg-de-Four 11. Le prix varie selon le nombre: 20fr. par personnes pour 7 joueurs. www.secretchamber.ch TripTrap (ouverture le 1er septembre): 3 salles, chemin de la Gravière 6. Prix par salle: 140 fr. triptrapescape.ch (TDG)

Créé: 28.08.2015, 21h14

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«Vivre des émotions»

Gus Brandys, cofondateur de l’association Gus & Co et gérant du Bar à jeu à la Jonction, est le précurseur du jeu grandeur nature à Genève. Depuis 1990, il organise des «murder party», sorte de Cluedo géant. A son actif également: des Sherlock Holmes à travers la ville, soit des enquêtes policières à grande échelle. L’édition organisée en mai pour la Nuit des musées a comptabilisé 700 inscrits! A ajouter encore un Zombie invasion à Genthod où il fallait récolter des indices tout en étant poursuivi par des morts-vivants en chair et en os. Enfin, un «Panic room» en 2013, sorte d’Escape game éphémère. A chacun de ses événements, à Genève ou dans le reste de la Romandie, Gus Brandys fait un carton plein. Les raisons du succès? «Ça permet aux gens de s’immerger dans un autre univers, de vivre une aventure en s’impliquant, explique-t-il. C’est comme si on leur donne la possibilité d’entrer dans un film et qu’ils en sont les acteurs. Nous avons tous besoin de vivre des émotions!» Il ajoute: «C’est aussi un moyen de s’extraire de la routine et de vivre une expérience de manière partagée.»

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