Près de 400 personnes en voie de radicalisation

SécuritéComment lutter contre le terrorisme? Un juge français et un commissaire suisse croisent leur regard.

Organisée en partenariat avec le Festival du film et forum sur les droits humains (FIFDH), la table ronde a réuni 200?personnes.

Organisée en partenariat avec le Festival du film et forum sur les droits humains (FIFDH), la table ronde a réuni 200?personnes. Image: Laurent Guiraud

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Un juge et un policier portent un regard croisé sur la France et la Suisse autour d’une même question: comment lutter contre le terrorisme sans trahir nos démocraties? Cette thématique d’une actualité brûlante a fait l’objet hier d’une table ronde à Uni Mail.

Si l’on voulait se rassurer, c'est raté. Pascal Gastineau, président de l’Association française des magistrats instructeurs, le dit sans détour: «On s’attend au pire. Les attentats peuvent frapper un hôpital, une crèche, des lieux représentatifs de la société.» La menace est désormais globale, aveugle et prend un caractère non discriminé. «Même des musulmans ont été tués le 13 novembre.» Et de relever: «Demain, cela peut exploser dans des villes de province.» Pour y faire face, il prône une décentralisation du pôle antiterroriste basé à Paris. L’instauration de l’état d’urgence en France, renforçant le pouvoir des préfets, le laisse sceptique: «On a fait des milliers de perquisitions administratives, mais on n’a trouvé que quelques indices.» Et de lancer: «Quand on donne ce pouvoir au préfet, on donne un coup de canif dans le contrat de la séparation des pouvoirs.»

La situation de ce côté-ci de la frontière est bien différente. «La Suisse n’est pas directement en ligne de mire des djihadistes», rappelle Marc Renfer, commissaire à la division enquêtes terrorisme à la police judiciaire fédérale. Pourtant, sa place internationale et financière en fait une cible, dit-il en substance.

Réaliste, l’islamologue rappelle ces chiffres livrés dans une récente étude: «Selon le renseignement suisse, entre 300 et 400 personnes montrent, sur Internet, des signes de radicalisation plus ou moins importante.» Comment agit-on? «On ne peut pas observer tout le monde vingt-quatre heures sur vingt-quatre.» Une septantaine de cas font l’objet d’une enquête à FedPol, donnant lieu à l’ouverture d’une cinquantaine de procédures au Ministère public de la Confédération.

Les moyens sont-ils suffisants? «La police a les outils nécessaires, mais ce n’est pas le cas pour le Service de renseignement.» A ses yeux, la nouvelle loi sur le renseignement, combattue par référendum, est nécessaire.

Le terrorisme met sous pression nos démocraties. «Partout en Europe, les Etats procèdent à des réformes pour adapter leur dispositif antiterroriste», rappelle Frédéric Esposito, chargé de cours au Global Studies Institute. (TDG)

Créé: 09.03.2016, 21h15

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