Plus de 400 "Salopes" marchent sur Genève

ManifestationPour sa première édition en Suisse, la «marche des salopes» a su mobiliser les troupes

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Le bruit des talons aiguilles rythmait aujourd’hui les slogans provocateurs des manifestantes rejoignant la cause du Slutwalk. «Je suis une salope, mais pas la tienne» pouvait-on lire sur les nombreuses pancartes.

Rassemblée en début d’après-midi sur le Quais des Forces Motrices une foule éclectique s’est formée autour des organisatrices suisses de la manifestation internationale. En tête, des femmes qui n’ont pas hésité à porter sur elles l’objet de leur revendication. Certaines, perchées sur quelques centimètres allant jusqu’à porter des tenues affriolantes, encourageaient les filles à se réapproprier leurs corps en reversant la culpabilité liée aux agressions sexuelles.

La marche débute quelques minutes après la lecture en chœur du slogan à l’origine du mouvement: «Ne nous dites pas comment nous comporter, dites-leur de ne pas violer!» Le cortège s’engouffre ensuite avec panache dans la rue de la Coulouvrenière.

Sur les pancartes on peut lire les messages suivants: «My dress is not a yes» (ma robe n’est pas une invitation). Une manifestante en bas résilles explique «Ces messages sont une réponse aux propos scandaleux d’un policier canadien en 2011. Il prétendait que les femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes si elles ne veulent pas être victimes d’agression sexuelle.»

Au passage du boulevard Saint-Georges, le rassemblement prend de l’ampleur, badauds et curieux se sont joints à la marche et au final la manifestation aura réuni au total entre 300 et 400 personnes. «Ce qui est énorme pour Genève» commente Olga Baranova, jeune socialiste genevoise, membre du comité du Slutwalk suisse.

La foule rejoint la place des Volontaires où une scène accueille les témoignages douloureux de victimes de viol. Courageux récits pour celles qui ont décidé de sortir du silence. Comme le souligne une jeune femme très applaudie. «Il faut sortir du placard pour déculpabiliser les victimes.»

La manifestation se poursuit par un show burlesque qui, selon les membres du comité organisateur, témoigne «de la libération de la femme et de la revalorisation de son corps», pour se terminer par le concert des Mother Monster.

Interrogée à chaud, Kaya Pawlowska, une des organisatrices de l’événement, se dit ravie que la marche se soit bien déroulée et ait attiré autant de monde. «Le message pour positiver le sexe est bien passé.»

Le public, venu de tous horizons, comptait également certaines personnalités politiques genevoises. On a pu voir notamment deux candidats au conseil administratif Salika Wenger et Didier Bonny ainsi que l'ancien député Albert Rodrick et le conseiller d'état Christian Grobet.

Ci dessous 2 vidéos tournées au début de la manifestation

(TDG)

Créé: 06.10.2012, 19h10

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