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30 000 italophones actifs à Genève: on en parle

On estime (données 2016) que les habitants du canton de Genève dont la langue principale est l’italien s’élèvent à presque 30 000, soit le 15% de la population: un chiffre qui augmente considérablement si l’on prend en compte la simple connaissance de l’italien, langue principale ou non. La donnée est remarquable, même pour une ville plurilingue comme Genève. C’est depuis le Moyen Âge, d’ailleurs, que Genève a été une destination privilégiée des flux de population provenant de l’Italie: ces flux ont récemment repris de la vigueur, avec des formes nouvelles, plus qualifiées et désormais détachées des dialectes. Aujourd’hui, 45 000 citoyens italiens habitent le canton, sans compter ceux qui, tout en gravitant sur la ville, résident au-delà de la frontière. Cependant, la part des Suisses de langue italienne est aussi bien représentée, que ceux-ci soient issus des cantons italophones ou installés en ville depuis longtemps. Cette communauté italophone est hétérogène, dynamique, bien intégrée, linguistiquement consciente, culturellement active.

Huit universités (dont Genève, depuis 1937) disposent de chaires d’italien, à travers toute la Suisse

C’est aussi en hommage à ce goût pour l’italien et pour son intégration dans un tissu multilingue que Genève a été choisie pour accueillir, ce samedi, l’assemblée des chaires universitaires suisses d’italien: une rencontre ouverte à tous, organisée par l’Unité d’italien de l’UNIGE, dont l’objectif est de réfléchir publiquement a la mission de l’enseignement universitaire de l’italien, par rapport aux thèmes de l’école, de la composition socioculturelle de la communauté italophone helvétique, de l’identité plurilingue de la Suisse.

Actuellement huit universités (dont Genève, depuis 1937) disposent de chaires d’italien, à travers toute la Suisse, formant un réseau scientifique et institutionnel étroit. Observée de ce point de vue global, la situation genevoise s’avère plus emblématique que singulière. Les enquêtes fédérales soulignent en fait que la plupart des personnes qui déclarent parler l’italien comme première langue résident en dehors la Suisse italienne. Cette situation, unique parmi les langues nationales, est due essentiellement au double statut de l’italien, à la fois langue nationale et d’immigration depuis longtemps. La nouveauté de ce millénaire est que la distance entre les deux (autrefois profonde: un sillon creusé entre deux communautés) s’avère aujourd’hui de plus en plus faible. Délivrée de tout complexe d’infériorité, consciente de son statut de vecteur de culture, des relations socio-économiques transversales, cette italophonie diffuse peut aujourd’hui jouer un rôle dynamisant et cohésif dans le contexte du plurilinguisme suisse, et ce mouvement mérite bien d’être encouragé, par exemple au niveau de l’enseignement scolaire de l’italien. Habiter plusieurs langues et cultures est le fondement même de l’identité helvétique, non moins qu’un état d’esprit. Le tout est plus que la somme de ses parties: si cette maxime ne vaut pas pour l’arithmétique, elle vaut bien pour les langues.

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