2019, année charnière? Lisa Mazzone face à Hugues Hiltpold

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Le Brexit, les élections européennes, le bras de fer entre les démocrates et Trump, entre le président américain et Xi Jinping ainsi que quelques autres, les élections fédérales le 20 octobre en Suisse… Et aussi de nombreuses commémorations: les 100 ans de l’OIT et de la SDN, le 12 février les 70 ans de l’assassinat du fondateur des Frères musulmans, le 4 avril les 70 ans de la création de l’OTAN, le 12 août les 70 ans des Conventions de Genève, le 1er octobre les 70 ans du Parti communiste chinois, le 4 juin les 30 ans des manifestations de Tian’anmen, le 9 novembre les 30 ans de la chute du mur de Berlin… Et le 21 juillet, les 50 ans d’On a marché sur la lune… Pour Lisa Mazzone, conseillère nationale les Verts, candidate au Conseil des États et Hugues Hiltpold, conseiller national PLR, candidat au Conseil des États, l'année 2019 sera une année charnière pour d'autres raisons encore.

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La démocratie directe contre les sceptiques

Lisa Mazzone, conseillère nationale les Verts, candidate au Conseil des États

Les Suisses veulent que leur pays soit celui qui protège le mieux le climat et qui abandonne les énergies fossiles d’ici vingt ans, selon un récent sondage. Les mobilisations en faveur du climat dans les rues de Genève sont donc l’écho d’une préoccupation largement partagée. Certes, il y a Donald Trump, son climatoscepticisme notoire et le retrait des États-Unis de l’accord de Paris mais, ici et maintenant, nous pouvons agir, notamment avec les moyens de la démocratie directe. Et, de manière encore plus forte, lors du renouvellement du parlement fédéral au mois d’octobre. C’est l’occasion de transmettre un message, alors que l’urgence climatique touche de plein fouet la Suisse. Le réchauffement y est en moyenne deux fois plus rapide, nos glaciers fondent de plus en plus et les glissements de terrain et autres sécheresses se multiplient, rendant la vie des agricultrices et agriculteurs de plus en plus dure.

Notre contribution au réchauffement nous fait porter une grande responsabilité, mais nous sommes prêts à l’assumer. C’est le message qu’a envoyé notre canton, en plébiscitant dans les urnes l’économie verte, la sortie du nucléaire et les aliments équitables, les trois dernières initiatives des Vert-e-s. Des décisions politiques porteuses d’avenir, c’est aussi ce que veulent les jeunes générations. Juste avant Noël, les écolières et les écoliers ont manifesté pour ça. Ils veulent du changement, mais le parlement reste sourd. Lors de la dernière session parlementaire, la majorité du PLR et de l’UDC a vidé la loi sur le CO2 de sa substance.

Plus aucun objectif de réduction des émissions en Suisse, des valeurs d’émissions pour les nouveaux chauffages revues à la hausse, pas un mot sur la place financière ou de mesures concrètes pour modérer le trafic aérien. Hier encore, on apprenait que la Confédération, incapable d’imaginer autre chose que les recettes qui nous ont menés dans le mur, planifie des autoroutes à six voies.

On est pourtant en droit d’attendre autre chose: une limitation du réchauffement à 1 degré pour assurer nos conditions de vie et pouvoir se projeter dans un futur qui ait du sens. On imagine nos quartiers durables avec des coopératives d’habitation, notre agriculture de proximité et ses produits qu’on peut acheter dans des magasins sans emballage, en monnaie locale, nos transports publics accessibles, nos voies cyclables et piétonnes sûres qui nous amènent vers les activités ou une nature accessible. 2019, année charnière, définitivement. En octobre, les élections fédérales sont d’abord un verdict pour le climat. Elles le sont aussi pour le vivre ensemble. Ce sont comme deux jambes nécessaires pour tenir debout.

Pour fonctionner, la politique environnementale doit garantir à chacune et à chacun une vie digne. C’est aussi la recette pour lutter contre l’exclusion et le populisme. À nous de la choisir!

Des faits objectifs contre les «fake news»

Hugues Hiltpold, conseiller national PLR, candidat au Conseil des États

À l’aube de cette nouvelle année, on peut porter un regard critique sur l’année écoulée et s’essayer à esquisser les contours de celle qui vient de débuter. Je vais m’y atteler en abordant la relation entre les médias, le monde politique et les citoyen-ne-s. 2018 a vu la confirmation de l’importance grandissante des «fake news», ces nouvelles qui paraissent véridiques, qu’on ne prend trop souvent pas la peine de vérifier et qui peuvent, dans bien des cas, être déterminantes dans la formation d’une opinion publique.

L’année écoulée a également vu l’avènement de la «tweet news», cette nouvelle instantanée, lancée le plus souvent par l’homme le plus puissant du monde, qui détermine la politique du jour et qui n’a de validité, généralement, que quelques heures. Mais qui est à chaque fois dévastatrice. Pour le fonctionnaire licencié, pour l’administration concernée, pour le pays ou le continent attaqué ou pour l’adversaire politique calomnié.

Ces deux pratiques démontrent que pour atteindre le but visé, tout est possible. La fin justifie les moyens. Et ce, sans aucune vergogne.

Ces pratiques ne sont aujourd’hui pas légion en Suisse.

Mais jusqu’à quand?

Alors que les Genevois et les Genevoises viennent de fêter Noël, la nouvelle année et l’Épiphanie, ils seront bien sollicités en 2019 pour accomplir leurs devoirs civiques. En février déjà, la loi sur la laïcité sera soumise au scrutin genevois. Cette loi est nécessaire aujourd’hui. Elle n’empêchera pas celles et ceux qui souhaitent porter une croix comme bijoux de le faire, tout comme elle n’empêchera pas la commémoration de Noël où le tirage de la fève dans la galette des Rois.

En mai certainement, le peuple suisse sera invité à se prononcer sur la Réforme fiscale et financement de l’AVS (RFFA/PF17). Cette réforme est cardinale pour la Suisse, à plus forte raison pour le canton de Genève qui pourrait, en cas de refus, voir la perte de plusieurs centaines d’emplois et une baisse drastique de la fiscalité. Pour ces deux objets, notamment, le monde politique devra faire campagne pour avancer ses arguments afin que l’électeur puisse décider en son âme et conscience, sur la base de faits objectifs.

Les médias auront aussi leur rôle à jouer, comme toujours, dans la formation de l’opinion politique des citoyen-ne-s.

Est-ce qu’on assistera à une ingérence étrangère dans ces campagnes? Est-ce que le peuple genevois sera bombardé de «fake news» censées influer le scrutin? Je ne le pense pas. Mais chacun doit jouer sa partition. Le monde politique doit faire campagne dignement, les médias doivent renseigner de manière factuelle et surtout, les citoyen-ne-s doivent s’informer de manière objective.

Je présente mes meilleurs vœux aux Genevoises et aux Genevois pour cette nouvelle année, qui, j’en suis certain, sera placée sous le signe de la confiance.

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Créé: 06.01.2019, 16h57

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