En 1918, les petites histoires se lisaient entre les lignes

Série d'étéQue lisait-on dans la «Tribune» il y a cent ans? Découvrez les faits divers du 27 juillet 1918.

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Il y a la grande histoire, qui se compte généralement en dizaines de milliers de morts, et puis la vie des gens, avec ses soucis et ses bonheurs. On trouve trace de cette dernière de multiples façons dans l’édition du 27 juillet 1918 de «La Tribune de Genève».

Dans la rubrique «Échos», un certain Boesch, médecin-dentiste de son état, fait ainsi part de son exaspération. Par l’entremise du journal, il fait dire aux lecteurs «qu’il n’a rien de commun avec un homonyme poursuivi pour accaparement de boîtes de sardines». On imagine les regards lourds de reproches, les insinuations malveillantes lorsque monsieur allait faire ses achats. Ces quelques lignes auront-elles mis un terme à son calvaire? On en doute.

Car figurez-vous, ma brave dame, qu’il y avait des gens vraiment malhonnêtes à cette époque. M. Jules Cherval, le pauvre homme, l’a appris à ses dépens. Le jardin que ce citadin possède à Chêne-Bougeries a été visité. On lui a volé des pois et des haricots pour une valeur de 12 francs, a-t-il indiqué au journal.

Plus grave, mais toujours classée sous «Faits divers», est l’histoire d’un déserteur français. Ce Jean-Pierre Lauvergne, qui avait menacé de mort sa maîtresse, a été écroué à Saint-Antoine sur l’ordre de M. Bessier, commissaire de police.

Fort bien. Mais pourquoi le quotidien se sent-il obligé de préciser que la maîtresse est «Mme Simone B., négociante, rue de la Tour-Maîtresse»? Ne manque plus que le numéro de téléphone. Faut-il y voir un appel déguisé à une condamnation publique de la pécheresse?

Sans transition (ni arrière-pensée,) passons aux cultes qui, rappelons-le, ne peuvent plus être célébrés dans les temples et les églises en raison de la grippe espagnole. Le Consistoire annonce, dans cette même édition, avoir publié «une petite feuille destinée au culte domestique». La chose est distribuée gratuitement dans quelques endroits choisis.

Enfin, signalons que des jeunes filles sont recherchées du côté de la rue du 31-Décembre, aux Eaux-Vives. Pour quoi faire exactement, ce n’est pas précisé dans la petite annonce. L’unique indication est: «Pas pour des munitions.» C’est déjà ça. (TDG)

Créé: 26.07.2018, 19h52

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