1535: les protestants genevois veulent marier les nonnes du Bourg-de-Four

GenèveLa «Petite chronique» de la résistante, la mère supérieure Jeanne de Jussie est traduite en français moderne.

Le 24 août 1535, des hommes en armes donnent l'assaut final au couvent des clarisses, au Bourg-de-Four, défonçant les portes à coup de hache. Les nonnes tentent en vain de les retenir. Dessin de 1853 pour une édition illustrée.

Le 24 août 1535, des hommes en armes donnent l'assaut final au couvent des clarisses, au Bourg-de-Four, défonçant les portes à coup de hache. Les nonnes tentent en vain de les retenir. Dessin de 1853 pour une édition illustrée. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Retranchées derrière les murs de leur couvent, les nonnes du Bourg-de-Four ont résisté pied à pied aux assauts du protestantisme naissant lorsque la Réforme a déferlé sur Genève. Écrivaine de la communauté de Sainte-Claire, Jeanne de Jussie a tenu un journal de cette époque troublée et violente. Sa Petite chronique est aujourd’hui traduite en français moderne pour la première fois.

La religieuse, qui finira ses jours réfugiée à Annecy, y raconte comment ceux dont elle ne parle que sous l’appellation d’«hérétiques» ou de «diabolique secte luthérienne» tentaient de convertir les clarisses à la foi nouvelle, et de les faire renoncer à leur vœu de chasteté pour les marier. Dans un récit au style vivant, on découvre, au jour le jour, l’arrivée de la Réforme dans la future Rome protestante.

La peur des Bernois

Née en 1503 à Jussie, la nonne chroniqueuse rejoint en 1521 la communauté des clarisses au Bourg-de-Four. Les 25 sœurs assistent terrorisées au débarquement des Bernois et de leurs alliés Confédérés. Dès 1526, Genève les avait appelés à la rescousse; encerclée par le Duché de Savoie, la cité craignait d’être envahie. Mais les soldats suisses amènent aussi dans leur barda les idées luthériennes, qui font tache d’huile en Europe depuis 1517.

Développement dans nos éditions papier, électronique et tablettes du 24 octobre.

(TDG)

Créé: 23.10.2014, 22h55

Articles en relation

L'exode des protestants français inscrit dans un chemin au pied du Jura

Histoire huguenote L’association des amis du sentier «Sur les pas des Huguenots et des Vaudois du Piémont» présentera le 11 octobre le tracé entre Romainmôtier et Yverdon. Plus...

L’Eglise protestante n’arrive plus à entretenir ses temples

Canton de Genève En déficit, l’EPG renonce à restaurer ses temples d’avant 1907. Elle va interpeller le Conseil d’Etat pour sauver ce patrimoine. Plus...

La Petite chronique de Jeanne de Jussie couvre la période allant de 1526 à 1535. Une époque charnière pour Genève. Comptant alors 10 000 habitants, la cité-Etat est sur le point de vivre une révolution religieuse et politique. En mai 1536, l’Edit de Réformation sera prononcé, Genève cessera d’être une principauté épiscopale et Jean Calvin s’y installera.

C’est la première fois que la Petite chronique est traduite en français moderne. A Genève, le texte est encore peu connu du grand public. «Mais il a eu une audience internationale car il a déjà été traduit en italien et en anglais, précise Anne Noschis. Il a tour à tour été présenté comme un brûlot antiprotestant pour dénoncer la Réforme, comme un témoignage historique et comme un manifeste féministe.» AN.G.

«Jeanne de Jussie, ou comment résister aux réformateurs», 335 pages, par Anne Noschis, Editions Slatkine.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Brexit: Theresa May à Bruxelles
Plus...