1500 participants pour un rallye écolo au centre-ville

GenèveAventure 21, fait le plein ce week-end. Reportage avec une famille lors de ce jeu grandeur nature.

Kevin, 14 ans, sa mère Adriana et la petite Samia 8 ans.

Kevin, 14 ans, sa mère Adriana et la petite Samia 8 ans. Image: Laurent Guiraud

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Kevin, 14 ans, baye aux corneilles sous un marronnier chargé de fruits du parc des Bastions. Samedi à 14h, cet adolescent entame avec un entrain tout relatif un rallye écolo urbain en famille: «Je me suis endormi tard hier soir», précise-t-il d’emblée. Au même moment, une pluie de marrons tombe juste à côté de l’étudiant. Il ne bronche pas. La deuxième édition d’Aventure 21, sorte de jeu grandeur nature organisé ce week-end par la Ville de Genève, vise à sensibiliser le public aux petits gestes quotidiens utiles en faveur de l’environnement. Nous avons suivi Kevin dans l’aventure.

En face du jeune adolescent, bien mieux réveillées, se trouvent sa mère Adriana et la petite Samia 8 ans qu’elle garde ce samedi: «Je suis nounou à Genève», relève cette chimiste colombienne, arrivée en Suisse au début des années 2000.

Parler à l’estomac du public

La première étape en appelle à l’estomac et aux connaissances culinaires des participants (ndlr:1500 inscrits entre vendredi et dimanche). Elle se déroule au restaurant du Grütli, haut lieu du manger local et de la cuisine végétarienne. Bouclettes au vent, Samia touche de grands tubercules mauves et devine rapidement qu’il s’agit de patates douces. Autre énigme à résoudre: «Quelle est la céréale qui n’est pas produite dans le canton?» Millet, blé, sarrasin, riz… Adriana hésite: «En Colombie, on mange d’autres céréales: beaucoup de maïs sous forme d’épis grillés ou en galettes. Mais là, je sèche…»

Du bout des lèvres, Anne Besse, gérante des lieux, souffle la bonne réponse: «C’est ce riz noir, que l’on trouve en France ou en Italie mais pas chez nous à Genève.» Galvanisé par les bonnes réponses obtenues, Kevin, que sa mère appelle tendrement «Mi vida» («Ma vie»), a mordu à l’hameçon: l’écologie par la nourriture, ça lui parle. «Il faut dire qu’à la maison, sur la terrasse, nous avons un petit potager pour ne pas oublier notre rapport à la terre, précise sa mère. Au magasin, j’achète principalement des produits biologiques, y compris les huiles. La viande est chère, mais on n’en mange moins. Et au fond ce n’est pas plus mal.»

Cap sur la Jonction en transports publics. Dans le bus 19, Adriana voit défiler des façades, des silhouettes et des rues familières: «Nous avons habité plusieurs années dans le quartier. Maintenant nous vivons à Saint-Julien. Pour des questions de papiers. C’est comme ça», dit-elle comme pour changer de conversation.

700 kilos de déchets par an

Prochain arrêt: Sainte-Clotilde. Les quizz, qui portent sur le recyclage, doivent être résolus dans les ateliers artistiques et artisanaux de la rue du Vélodrome. «Je connais ces lieux, se souvient Adriana. Peu après mon arrivée à Genève, je suis venue faire des ménages dans le coin. A l’époque, j’avais laissé mon premier enfant, âgé de 5 ans, au pays. Il est resté en Colombie alors que Kevin est né à Genève.» Cette femme de 47 ans passe comme chat sur braise sur cet épisode manifestement douloureux et en revient au jeu: le prochain défi tente de faire comprendre aux participants que nos maisons sont remplies d’objets inutilisés. Kevin en veut pour preuve «ces chaises longues qui traînent sur la terrasse chez nous».

Un chiffre, articulé durant le parcours, ne le laisse pas indifférent: «Chaque Suisse produit 700 kilos de déchets par an? C’est énorme.» Il visite La Manivelle, une sorte de bibliothèque dont les membres peuvent emprunter une large gamme d’outillage et de matériel stockés dans le sous-sol de la rue. «Une bonne manière de ne pas trop consommer», résume-t-il. Message reçu 5 sur 5.

Il est passé 16 h lorsque la famille rejoint à pied la pointe de la Jonction. Là au chemin des Saules, à l’ombre d’une enfilade de peupliers, le public est appelé à s’interroger sur les méfaits de la publicité et sur la consommation compulsive. Adriana sent que l’attention des enfants ploie quelque peu. Le jeu de cartes censé expliquer l’impact de la couleur sur la publicité n’arrange rien: «C’est un peu répétitif», déplore Kevin. Et sa mère de nous confier: «C’est normal, il a rendez-vous en fin de journée avec ses copains, il ne veut pas que le jeu s’éternise…»

Qu’à cela ne tienne, le trio traverse le Rhône et se rend à la rue Lissignol. Juste sous les fenêtres de Manor, un temple de la consommation du samedi. Dans la ruelle, Adriana découvre l’existence d’une petite épicerie qu’elle n’avait jamais remarquée: «Sur le paquet de lentilles, il est écrit combien de kilomètres ont parcouru les légumineuses pour arriver sur les étals. Et ce magasin n’utilise pas d’emballage jetable. C’est très intéressant.»

Une dernière étape était prévue dans une boutique de vêtements éthique aux Augustins: «Mais on a renoncé car elle allait fermer.» A 18 h 15, la famille boucle la boucle aux Bastions. «Nous n’avons décidément pas la vocation pour devenir détective, sourit Adriana à l’heure du bilan. On n’a pas fait un super résultat au final mais nous avons appris un tas de choses, c’est l’essentiel.»

Au-dessus d’elle, les marronniers continuent de lâcher çà et là leurs fruits brillants qui rebondissent dans les allées du parc. Comme des ricochets sur la mer.

Créé: 05.10.2019, 20h09

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