150 places de réinsertion risquent de disparaître

FinancementSubventionnées jusqu’ici par un fonds de la Ville qui a été dissous, cinq associations lancent un SOS pour trouver 900'000 francs.

Afin de trouver une solution, Caddie Service et quatre autres associations ont décidé de rendre publique leur situation par le biais de leurs faîtières: Insertion Genève.

Afin de trouver une solution, Caddie Service et quatre autres associations ont décidé de rendre publique leur situation par le biais de leurs faîtières: Insertion Genève. Image: PIERRE ABENSUR

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Les mesures d’insertion sociale et professionnelle de cinq associations pourraient cesser en 2020, faute de financement. Pas parce qu’elles se seraient révélées inefficaces, mais en raison de la disparition du Fonds chômage en Ville de Genève sans qu’une solution financière de rechange ne soit apparue.

SOS Femmes, Genève Roule, Caddie Service, Comptabilis et Intégration pour tous ont donc décidé de rendre publique leur situation par le biais de leurs faîtières: Insertion Genève, le Collectif d’associations pour l’action sociale (Capas) et le Réseau Femmes. «Ce sont 150 places d’insertion et 8,5 places de travail pour dix mesures différentes qui sont concernées, précise Anne-Laure Pulfer Aebi, secrétaire générale de SOS Femmes. Il manque aujourd’hui un peu plus de 900 000 francs pour couvrir les coûts.»

«Investissement rentable»

«Nous affichons en moyenne un taux de réinsertion de 29%, poursuit Sandrine Meyer-Chanson, directrice de Comptabilis. C’est autant d’économisé sur l’aide sociale. Nous avons fait le calcul. C’est plus de 2 millions de francs par an que l’État n’a pas à débourser. Par rapport à l’investissement de 925 000 francs demandé, cela représente un rendement de 130%.»

Le taux de réinsertion est d’autant plus remarquable que les personnes concernées (75% de femmes) disposent souvent au départ de peu d’atouts pour accéder à un emploi: 70% sont peu ou pas qualifiées et 21% sont en rupture d’emploi depuis plus de deux ans.

Si ces associations en sont venues à tirer la sonnette d’alarme, c’est qu’elles voient arriver l’échéance des budgets 2020 de la Ville de Genève et du Canton sans qu’une solution ne se dessine pour ces mesures. «La question de savoir si un financement institutionnel pérenne doit être inscrit à long terme dans les lignes budgétaires du Canton ou de la Ville est légitime, mais le timing met les mesures en danger», écrivent les associations dans un communiqué.

Et de demander aux deux collectivités publiques de trouver une solution provisoire. Et également de mettre en place un processus d’évaluation des mesures «afin de décider objectivement lesquelles doivent être pérennisées».

Fonds chômage malmené

Ce n’est pas pour faire des économies à tout prix ou parce que les mesures n’ont pas atteint leurs objectifs que le subventionnement de la Ville s’arrête. Mais, d’une part, parce que le Fonds chômage a régulièrement été attaqué par une large partie du Conseil municipal à chaque budget (de ce fait, il n’était plus alimenté depuis plusieurs années). D’autre part, et surtout, du fait que les nouvelles normes comptables adoptées par la Municipalité (qui répondent au doux nom de MCH2) ne l’autorisent en réalité plus à disposer de fonds de ce type depuis le 31 décembre 2018. C’est donc grâce à la dotation qui restait qu’ont pu être financés en 2019 des projets à hauteur de 1,5 million de francs.

Sandrine Salerno a tenté de sauver les meubles et de s’adapter à la nouvelle situation. «Lors de la préparation du budget 2020, j’ai pu dégager une somme de 600 000 francs, explique-t-elle. Ce n’était pas assez pour soutenir tous les projets des associations qui bénéficiaient du Fonds chômage et j’ai donc fait un choix politique. Celui de soutenir les associations actives dans le domaine de l’égalité entre hommes et femmes.»

Il s’agit concrètement de Camarada, de Découvrir, de F-Information et de Voie-F. Ce «sauvetage» est du reste salué dans le communiqué du Capas, d’Insertion et du Réseau Femmes. «Si j’en avais eu les moyens, j’aurais volontiers subventionné tous les projets, déclare la conseillère administrative. La qualité des prestations n’est absolument pas en cause.»

Le Conseil municipal réagit

Sandrine Salerno assure d’autre part que tant les associations concernées que les conseillers d’État Mauro Poggia et Thierry Apothéloz, ainsi que leurs services, sont au courant depuis longtemps de la disparition programmée du Fonds chômage et des problèmes que cela pourrait poser. Elle ajoute avoir écrit un courrier à ce sujet au Conseil d’État, transmis le 29 juillet.

Difficile à ce stade de prédire d’où viendra le salut, si salut il y a. Le Conseil municipal de la Ville aura évidemment son mot à dire, d’autant plus qu’une motion (signée par des représentants de la gauche et du MCG) demande de créer un nouveau dispositif qui permettrait de continuer à financer les projets d’intégration socioprofessionnelle. La motion invite le Conseil administratif à inscrire à cet effet 1,55 million dans le budget 2020.

Créé: 13.09.2019, 07h00

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