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Près de 150 000 toits à végétaliser

Trois Genevoises ont créé une entreprise pour promouvoir la végétalisation des toitures plates du canton.

De g. à dr.: Léonore, Diane et Nathalie ont créé une association et une entreprise pour promouvoir la végétalisation des toitures plates à Genève.
De g. à dr.: Léonore, Diane et Nathalie ont créé une association et une entreprise pour promouvoir la végétalisation des toitures plates à Genève.
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Par la fenêtre, le regard du citadin ricoche de toit en toit. Tous plats. Tous désespérément gris, secs, arides. Trois jeunes femmes ont décidé de colorer ces espaces et de les rendre vivants. Léonore Baehler, Diane Henny et Nathalie Neukomm ont créé l’association Terrasses sans frontières pour végétaliser les toitures plates de Genève et faire bénéficier la ville et ses habitants des nombreux avantages de cette mise au vert. Elles ont remporté la deuxième place du Prix Iddea – qui encourage les initiatives de développement durable – en 2016.

Leurs formations initiales ne les prédestinaient pas à verdir les toits. Léonore, 34 ans, est titulaire d'un master des Hautes Etudes commerciales et d’une patente de cafetier restaurateur. Diane, 35 ans, est psychologue et Nathalie, 40 ans, a été assistante administrative après une formation en commerce. Elles ont en commun une sensibilité au développement durable et la volonté de «faire bouger les choses». Alors elles ont fait le pas de changer de vie et de se réorienter. En s’engageant dans diverses associations, en obtenant des certificats de formation continue universitaire en sciences de l’environnement ou en permaculture.

Et en créant Terrasses sans frontières, pour la promotion des initiatives durables et de la végétalisation par le biais d’ateliers et de chantiers participatifs – dernier en date sur le toit d’Uni Dufour, avec l’association de sauvegarde des abeilles Beeotop. L’association fonctionne aujourd’hui avec 40 bénévoles, un réseau d’experts mais zéro subvention pour l'instant...

De la prairie sèche au petit paradis

En parallèle, le trio a également créé son entreprise, Ecotoitures Sàrl, qui gère la mise en vert de A à Z, de l’étude de faisabilité à l’entretien. Entourées par un réseau de professionnels, elles proposent plusieurs types de végétalisation. Du plus simple: une prairie sèche, soit une végétalisation dite extensive qui ne nécessite pas d’entretien et convient donc bien aux toits peu accessibles ou non sécurisés. Au plus compliqué: une installation avec arbustes, potagers, lieux de vie et panneaux solaires. «La végétalisation optimise le rendement des panneaux, car dès 25° ils surchauffent, explique Diane. Les plantes apportent de la fraîcheur et l’ombre des panneaux leur est bénéfique.» On peut même ajouter ruches, nichoirs à insectes ou étang.

Le coût? «Cela dépend des accès au toit, de l’état de l’étanchéité, des prestations demandées, répondent-elles. Mais on peut dire que pour une végétalisation extensive basique, le prix démarre à 250 fr. le m2.» Elles ont déjà quelques projets à l’agenda, dont la réalisation d’un potager dans une école et la végétalisation d’un toit de container.

150 000 toits végétalisables!

Si la végétalisation les enthousiasme tant, c’est parce qu’elle est bourrée d’atouts: elle est isolante, diminue la pollution et améliore le bien-être des habitants (lire encadré). Plusieurs villes ont bien cerné ce potentiel. Comme Bâle, qui a édicté une loi imposant une végétalisation aux nouvelles constructions et aux rénovations, avec un soutien financier. Elle a atteint 30% de toitures vertes, ce qui en fait la première ville végétalisée au monde. «Lausanne a instauré des incitations financières et envisage maintenant d’adapter sa législation sur le modèle bâlois, explique le trio. Paris l’a fait tout récemment.» A Genève, le potentiel est là. Selon le trio, qui a mandaté une géomaticienne, il y aurait 150 000 toits végétalisables sur le canton. «Or seuls 7% sont végétalisés… il y a encore du travail à faire!» relève Diane. Pourquoi ne voit-on pas la vie en vert? «L’intérêt populaire croît. Mais il manque une véritable volonté politique. Et on se heurte à des méconnaissances qui entraînent des craintes», répondent-elles.

Comme la peur des infiltrations d’eau. «A tort! soutient Léonore. Le toit est déjà étanche, la végétalisation va le protéger. Ça dédouble même sa durée de vie.» Quid du poids d’une telle installation? «La plupart des toits sont conçus pour supporter un mètre de neige. Alors dix centimètres de prairie sèche… Mais avant toute installation, une expertise sur la portance est effectuée.»

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