Les 100 jours de Genève: qui rend des comptes?

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Les résultats des élections cantonales 2018 semblaient promettre à la population genevoise des lendemains qui chantent.

Le rééquilibrage des forces de droite et de gauche au sein du Conseil d’État, ainsi que le tassement du résultat de la troisième force apparaissaient à l’analyste chevronné comme le signe d’une gouvernance facilitée et du retour d’une traditionnelle dichotomie politique propre à assurer l’avenir du canton.

Les repères s’effondrent, les politiciens vacillent, «l’affaire» nous assomme tous…

Cent jours plus tard, Genève se réveille avec la «gueule de bois» des grands jours, les repères s’effondrent, les politiciens vacillent, «l’affaire» nous assomme tous…

Cent jours plus tard, l’image exaltante et vendue à outrance d’une Genève recomposée vole en éclats. L’identification de nombre de nos problèmes est pourtant béotienne et pérenne d’une élection à l’autre, d’un Conseil d’État au suivant.

La dette abyssale, issue d’une culture de la dépense à outrance, place Genève dans une situation délicate pour entamer les réformes structurelles que les autres cantons finalisent pour la plupart.

Les récentes agressions en Vieille-Ville, d’une violence inqualifiable, gratuite et inhumaine, nous rappelle cruellement à quel point la sécurité de nos citoyens est un bien fragile et doit nous interpeller au quotidien. Les effets de manches, les belles paroles et les noms ronflants d’opérations ponctuelles sont insuffisants, quand c’est de policiers dans nos rues dont nous avons besoin!

Que sont devenues les promesses d’une maîtrise de notre développement, propre à assurer aux citoyens de Genève la conservation de la qualité de vie qui lui est si chère? Il est difficile de savoir si le mal vient d’une classe politique confrontée à des défis qu’elle n’arrive pas à surmonter ou de l’indifférence de la population, manifestée au travers des taux de participation propres à faire croire à ses édiles qu’ils peuvent naviguer à vue, libérés de tout contrôle populaire, de toute obligation contractuelle. Le problème fondamental mis en évidence suite aux cent premiers jours d’exercice du pouvoir ou, osons le dire, des trente dernières années de vie politique genevoise réside dans la quasi-absence d’intérêt et de culture politique de la population genevoise, qui suivra plus la politique française ou celle d’autres pays correspondant à leurs origines que la politique locale.

Le vote devient plus automatique en fonction des catégories sociales et moins la résultante d’une analyse fondée de la qualité des élus. Le politicien ainsi affranchi de rendre des comptes sur l’efficacité de son action politique n’est plus vraiment sanctionné par le vote populaire.

La période électorale étant achevée, et dans un mouvement de confiance assez naturel, chacun devrait pouvoir estimer à juste titre que, la parade amoureuse terminée, le temps de la vérité, de la transparence est venu… Si une faible lueur d’espoir réside désormais dans la clairvoyance et la droiture d’une Nathalie Fontanet, l’intelligence et le calme d’un Serge Dal Busco ou la force de travail d’un Mauro Poggia, que reste-il finalement? Un pauvre Conseil d’État genevois, cavalier sans tête chevauchant fièrement sa monture rachitique pour parcourir les rues d’une cour des miracles en extase. (TDG)

Créé: 14.09.2018, 00h02


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