Un food truck géré par des requérants d’asile

Projet novateurLes premiers plats seront servis au printemps 2018. Le projet est soutenu par l’Hospice général.

L'équipe de

L'équipe de "Saveurs migrantes" presque au complet. Troisième en partant de la gauche: Fares Kam-Nakache, l'initiateur du projet. Image: Georges Cabrera

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Un food truck géré par des requérants d’asile. Le projet a conquis le jury du premier SocialUp de l’Hospice général. Organisé au début d’avril, l’événement avait réuni plus de 80 personnes pour réfléchir à des idées novatrices dans le domaine social. Un petit mois après leur victoire, les membres de l’équipe gagnante détaillent l’avancée de leur projet. Si tout va bien, les premiers plats seront vendus au printemps 2018. On se lèche déjà les babines.

A l’origine de ce projet baptisé «Saveurs migrantes», il y a Fares Kam-Nakache, assistant social à l’Hospice. «La nourriture constitue l’une des principales sources de mal-être des requérants d’asile en abri PC, constate-t-il. Dans ces structures, il n’y a pas de cuisine, les repas sont livrés en barquette. C’est un processus passif qui ne favorise pas l’intégration.»

Fares Kam-Nakache voit dans le food truck un moyen de valoriser les connaissances culinaires des migrants et de créer des échanges entre ces nouveaux habitants et la population. «Cela permettrait une inversion des rôles, souligne-t-il. Les requérants ne seraient plus dans une posture d’assistés mais feraient découvrir des nouvelles saveurs aux Genevois.»

Du pain sur la planche

Lors du SocialUp, une dizaine de personnes se sont ralliées à l’idée de Fares Kam-Nakache. Dont Lina, étudiante sud-américaine: «Je parle français et je suis des cours ici mais je trouve malgré tout difficile de m’intégrer, alors je n’imagine pas ce que vivent les requérants d’asile.»

Le projet validé par l’institution, l’équipe a du pain sur la planche. Plusieurs points restent à régler avant de pouvoir se mettre aux fourneaux. La priorité: trouver trois emplacements où garer le véhicule marchand durant la pause de midi. Pour éviter de faire concurrence aux dix food trucks de la Ville, les porteurs du projet réfléchissent à s’installer sur des parcelles privées, par exemple sur des terrains de l’Hospice. «Cela simplifierait un peu les procédures», confie Fares Kam-Nakache.

Dans un premier temps, le restaurant ambulant ouvrira uniquement à midi et trois jours par semaine. Pour des questions de place, les plats seront confectionnés dans un laboratoire et réchauffés dans le camion. Quelles seront les spécialités mijotées? Le choix n’a pas été tranché. Mais la palette de saveurs s’annonce large: érythréenne, afghane, syrienne, pakistanaise ou encore irakienne, pour ne citer que les cuisines les plus représentées. (TDG)

Créé: 02.05.2017, 18h27

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