Un Genevois au coeur d'un procès choc à Paris

Voiture de police en feu Le procès de neuf casseurs s’ouvre en France. A priori sans un suspect genevois qui n’a pas répondu aux convocations.


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L’ombre d’un Genevois va planer cette semaine à Paris au procès hors norme des neuf manifestants soupçonnés d’avoir pris part à l’incendie intentionnel d’une voiture de police le 18 mai 2016. La scène, survenue dans le Xe arrondissement et filmée par des témoins, avait fait le tour du monde (lire ci-dessous)

Aux dernières nouvelles, huit prévenus comparaîtront dès ce mardi et jusqu’à vendredi – l’un d’eux est défendu par Me Eric Dupond-Moretti, réputé pour ses innombrables acquittements. Les charges pesant sur eux ont été réduites, passant de la tentative de meurtre à des faits de violence et de dégradation aggravée. Le jeune Suisse de 27 ans suspecté d’avoir lancé un fumigène allumé dans la voiture occupée par deux policiers risque fort de ne pas se rendre à l’audience aujourd’hui.

Comme le relève l’acte d’accusation que s’est procuré Le Figaro, le Parquet considère que ce Genevois avait «le visage dissimulé» quand il aurait lancé le fumigène dans la banquette arrière de la voiture, qui a pris feu. Une gardienne de la paix et un adjoint de sécurité avaient été légèrement blessés. Leur voiture avait été totalement détruite.

Il change de tenue

Le 12 mai 2016, le jeune homme est entré en France et a séjourné en Savoie quelques jours avant de «monter» à Paris la veille des événements. L’enquête de police fait une description précise du prévenu avant la casse: «Blouson sombre, bande claire sur la capuche, cheveux blonds.»

Puis, durant la casse, il se serait changé: «Jean bleu foncé. Pantalon gris foncé avec une étiquette blanche, sac à dos Eastpak noir, chaussures Nike avec des bulles d’air.» Après les faits, le suspect «a quitté le territoire national probablement le 29 mai 2016», relève l’acte d’accusation, en précisant qu’un mandat de recherche a été délivré le 19 janvier. Le mandat d’arrêt a été ensuite délivré en France, un document «valant mise en examen». Convoqué à son adresse à Genève pour une première comparution, il ne s’est pas présenté. Fait étrange: à ce jour, la justice genevoise n’a pas reçu de mandat d’arrêt émanant de la France.

Acquitté à Genève en août

Selon nos renseignements, l’intéressé était convoqué le mois dernier à Genève devant le Tribunal de police pour une affaire liée à un rassemblement sur la place des Nations en janvier. Il lui était reproché d’avoir pris part à cette manifestation non autorisée.

D’après un rapport de police, il aurait défilé «sans respecter l’interdiction de revêtir, sauf dérogation par le Conseil d’Etat, une tenue destinée à empêcher son identification, un équipement de protection ou un masque à gaz». Une accusation qui n’a pas tenu la route devant les juges. Excusé pour cette audience genevoise mais représenté par son avocat, le jeune homme a été acquitté. Il a été relevé que personne ne l’avait vu masqué durant la manifestation.

Pourquoi au juste ce Genevois n’a-t-il pas fait le déplacement le mois dernier au Palais de justice alors qu’il a voulu de fait affronter le tribunal en contestant la sanction émise le 2 mars par le Service des contraventions? A-t-il eu peur d’être interpellé en vue du procès de ce mardi? D’après nos renseignements, il était malade et son avocat a présenté un certificat médical en début d’audience.

Qu’à cela ne tienne, pourquoi n’y a-t-il pas de mandat d’arrêt sur le bureau des autorités judiciaires genevoises en vue du procès d’aujourd’hui? Le mystère reste entier, mais il est fort possible que l’homme, qui pourrait être condamné cette semaine par défaut à Paris, se retrouverait alors plus activement recherché. Via Interpol et un mandat d’arrêt international. Une autre question se poserait dans ce cas puisque la Suisse n’extrade pas ses ressortissants. «Il se pourrait donc que les autorités judiciaires suisses doivent le juger», estime une source.

Le prévenu suisse n’en est pas à son premier défilé protestataire. L’acte d’accusation français le décrit comme «un activiste anarchiste et antifasciste, dont la présence a été constatée lors des manifestations de rue à Genève». Casier judiciaire vierge en France, il a été sanctionné en Suisse pour des faits mineurs par le passé. Notamment pour ne pas s’être présenté aux cours de protection civile.

Il a parfois été mis en cause dans un premier temps dans des affaires d’opposition aux actes de l’autorité. Mais il a néanmoins été blanchi de tout soupçon par la suite, notamment en 2009. A en croire ce modeste passé pénal, l’homme, présumé innocent, n’a rien d’un terroriste ou d’un vandale.

Créé: 18.09.2017, 18h00

Un fumigène avant la fuite

Le jour des faits, des policiers défilent sur la place de la République pour dénoncer les agressions les visant. Des contre-manifestants sont refoulés. Ils surgissent au quai de Valmy et bloquent la circulation. Vers 12 h 30, de dix à quinze individus attaquent la voiture de police, bloquée dans l’embouteillage, avec à son bord le chauffeur, adjoint de sécurité, et la gardienne de la paix. «Il y a des flics, on va les fumer», entend le premier. Le chauffeur est frappé à travers la vitre brisée, le Genevois aurait jeté un fumigène dans l’habitacle avant de s’enfuir. Sorti du véhicule, le conducteur est de nouveau agressé à coups de barre de fer. Parmi les suspects accusés d’avoir participé à «une manifestation interdite et violente», selon le Parquet, trois étaient sous contrôle judiciaire. L’un d’eux est immédiatement prévenu de violences contre les policiers. Six d’entre eux sont mis en cause directement pour l’attaque contre la voiture. Ils forment un ensemble disparate sans forcément de liens entre eux. Il y a des militants connus de la police. C’est le cas de A., qui nie avoir frappé l’adjoint de sécurité et lancé un plot métallique sur la lunette arrière. T., 19 ans, a reconnu avoir désigné la voiture et avoir frappé dessus. R., 30 ans, aurait jeté un plot sur la vitre arrière. Un autre suspect a attaqué l’adjoint de sécurité à coups de barre de fer mais nie avoir visé la tête. Enfin, une transgenre américaine arrivée en France le 5 mai 2016 a reconnu, elle, avoir jeté un plot sur le pare-brise. Selon L’Express, le policier est tombé des nues en découvrant que parmi les prévenus figuraient «deux meneurs descendant de Georges Bernanos, écrivain catholique, ex-militant de l’Action française devenu antifranquiste.» F.M.

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