Neuf et dix ans de prison pour le viol d’une nounou

AssisesLes deux agresseurs avaient croisé la victime à la sortie d’une discothèque genevoise. Les faits ont eu lieu en mars 2016, à Annemasse.

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Photo d'illustration. Image: Lucien Fortunati

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C’est vêtue d’une veste et d’une paire de collants, sans sous-vêtements et ses chaussures à la main, que la victime déambulait dans la rue. En pleurs, elle appelait au secours. La scène remonte au 19 mars 2016 vers 13 h et se déroule à Annemasse. Deux ans plus tard, cette Nicaraguayenne de 31 ans, habitant Genève, mère de deux enfants et maman de jour de profession, témoigne devant les jurés de la Cour d’assises de Haute-Savoie.

À l’issue de deux jours de procès, le verdict est tombé jeudi soir. Les deux accusés, un Péruvien de 31 ans habitant Annemasse et un Nicaraguayen de 32 ans, résident genevois, sont reconnus coupables de viols en réunion et écopent respectivement de neuf et dix ans.

Que s’est-il passé cette nuit-là? Il est environ minuit quand la trentenaire décide de sortir en boîte de nuit, laissant sa mère s’occuper de ses enfants. Son choix se porte sur le club Ibiza. Après une soirée arrosée, elle quitte l’établissement à l’heure de la fermeture. Alors qu’elle s’apprête à commander un taxi, elle croise deux hommes. Dont l’un, Nicaraguayen comme elle, qu’elle reconnaît comme étant un ami de l’oncle de son fils. Le duo lui propose de la ramener chez elle, après un détour dans l’appartement d’Annemasse appartenant au conducteur.

Des vidéos explicites

Là, les versions des accusés et de la victime divergent. Les premiers assurent que la jeune femme voulait continuer à faire la fête. Tandis qu’elle a toujours maintenu vouloir regagner son domicile et retrouver ses enfants.

Arrivés dans l’appartement, tous trois consomment de l’alcool ainsi que de la cocaïne. Les expertises toxicologiques révéleront des traces de ces substances, avec notamment pour la trentenaire un taux d’alcool dans le sang de 1,89 gramme. À un moment, cette dernière se rend aux toilettes. «Elle raconte s’être à moitié endormie, détaille son avocat, Me Georges Rimondi. C’est alors qu’elle perd, sinon connaissance, en tout cas conscience de ce qui se passe. Quand tout à coup, elle sent qu’on la pénètre.»

De leurs côtés, les accusés racontent une tout autre scène et décrivent la jeune femme comme aguicheuse et excitée. Pour en attester, l’avocat de l’un d’eux fournit des photographies prises par son client. Seulement voilà, le téléphone s’avère contenir aussi et surtout des vidéos bien plus compromettantes pour les accusés.

Visionnés pendant le procès, à l’occasion d’un huis clos partiel, ces films montrent la victime, le regard éteint et le visage triste, se faire tour à tour jeter sur le canapé telle une poupée de chiffon, claquer, insulter et pénétrer. Sur la bande-son, on l’entend aussi à plusieurs reprises dire «non».

Évoquant l’attitude passive de sa cliente durant les faits, Me Rimondi rappellera lors de sa plaidoirie que «la soumission n’est pas synonyme d’acceptation».

Ce jour-là, le 19 mars, ce n’est que vers 12 h que la trentenaire entrevoit une issue possible. Alors que l’un de ses agresseurs reproche à l’autre de faire trop de bruit, ce qui risque d’alerter les voisins, elle en profite pour se faufiler à l’extérieur via une porte-fenêtre. Le plus âgé des deux tente de la rattraper. En vain.

Ils ont menacé ses enfants

Elle est secourue par des riverains, puis par les pompiers et les policiers, à qui elle explique avoir été violée par deux hommes, qui ont menacé de tuer ses enfants. Emmenée à l’Hôpital de Contamine-sur-Arve (Haute-Savoie), elle demeure prostrée et en larmes. Mais, craignant pour la vie de ses proches et ne sachant pas à cet instant que le duo a été arrêté, elle quitte rapidement l’établissement pour rentrer chez elle.

Là, elle explique ce qui s’est passé à sa mère, en présence de son fils âgé d’une douzaine d’années. Ce dernier appelle la police. S’ensuivent de nouveaux examens aux HUG ainsi qu’un dépôt de plainte. Celle-là même qui a conduit les deux accusés dans le box et désormais, pour plusieurs années, derrière les barreaux.

Créé: 25.03.2018, 17h25

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