La première soufflerie au monde pour drones est genevoise

Transport aérien Le groupe de l’Hepia WindShape a inauguré à la fin d’octobre en Californie une soufflerie inédite.

C’est au sein du prestigieux California Institute of Technology (Caltech) que WindShape a inauguré son installation inédite le 24 octobre.

C’est au sein du prestigieux California Institute of Technology (Caltech) que WindShape a inauguré son installation inédite le 24 octobre. Image: DR

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Une start-up genevoise vient de lancer la première soufflerie pour drones au monde. C’est au sein du prestigieux California Institute of Technology (Caltech) que WindShape a inauguré son installation inédite le 24 octobre. Près de 1300 ventilateurs empilés comme des gros Lego sont utilisés depuis pour tester de nouveaux engins volants au sein d’un centre de recherche de la NASA.

Pour simuler le plus fidèlement possible les conditions météorologiques susceptibles de varier drastiquement d’une heure à l’autre, surtout en milieu urbain, les ventilateurs peuvent être placés un peu partout, orientés à côté, au-dessus ou sous les drones et souffler jusqu’à 50 km/h. Des essais peuvent être effectués sous la pluie ou sous la neige.

L’importance des tests

«Plus l’objet est petit, plus il subit la météo, il est donc important de le tester en conditions réelles», indique Flavio Noca, cofondateur de WindShape, une entreprise domiciliée au sein de la Haute école du paysage, de l’ingénierie et de l’architecture de Genève (Hepia) et inscrite au Registre du commerce genevois depuis cet été.

Tout a commencé en septembre 2015 sur une plage de Sardaigne. Flavio Noca, en vacances, s’émerveille pour des oiseaux qui planent dans un vent turbulent. Il n’en faut pas plus à l’ancien chercheur de la NASA et de l’EPFL pour imaginer une soufflerie pour drones.

Quelques mois plus tard, Flavio Noca rencontre son ancien directeur de thèse à Caltech, Morteza Gharib, qui lui dit avoir reçu plus de 20 millions de dollars pour lancer un laboratoire pour systèmes de navigation autonomes à Pasadena, en partenariat avec la NASA. L’entrepreneur n’a guère besoin de temps pour le convaincre de son idée. Morteza Gharib veut rapidement en faire la pièce centrale de son laboratoire.

Marché important

C’est que les besoins sont immenses et que les drones sont promis à un essor fulgurant, notamment pour les livraisons, alors que les routes sont encombrées. «Il y a aujourd’hui deux obstacles à cette révolution aérienne. Pour qu’un drone puisse être utilisé dans une application professionnelle telle que la livraison, il doit être capable de voler par tout temps, mais il doit aussi être autorisé à le faire. Le développement et la certification de ces engins passent par des tests précis», estime Guillaume Catry, cofondateur et directeur de WindShape.

Jusqu’à présent, ces objets volants autonomes n’étaient que peu challengés, ou alors dans des souffleries traditionnelles, imposantes, guère différentes de celle inventée en 1908 par Gustave Eiffel pour tester les capacités des premiers aéronefs. Etant conçues pour les gros modèles, leurs critères sont différents: le vent souffle de face, il est uniforme, les rafales impossibles. Or, un drone, tel un oiseau sarde, peut être sacrément ballotté entre tourbillons, chaleurs tropicales et bise noire.

En un an, les ingénieurs de WindShape ont développé les pièces de la machine, les ont fait construire dans différents endroits du globe, avant de les assembler à Pasadena.

Au centre de l’attention

De nombreux constructeurs, du géant américain de la vente de livres au numéro un du drone européen, ont contacté la jeune pousse. Le groupe genevois est en discussion avec plusieurs instituts académiques suisses, qui pourraient envisager l’installation de souffleries similaires. WindShape envisage l’ouverture d’un centre de certification et de test de drones à Payerne.

Avec ces projets à Pasadena et potentiellement à Payerne, pourquoi WindShape a-t-elle choisi de s’ancrer à Genève? Flavio Noca enseigne à l’Hepia et Guillaume Catry est Genevois. «Il s’agit donc un peu d’une coïncidence», lance ce dernier.

L’Etat a en effet annoncé en septembre sa volonté de faire du canton un pôle de référence mondiale en matière de drones. Les services de Pierre Maudet estiment qu’avec la présence de nombreuses entreprises du secteur – du groupe WeRobotics au prestataire de service national de navigation aérienne Skyguide – et de grandes écoles, Genève a les atouts pour se démarquer.

(TDG)

Créé: 05.11.2017, 16h27

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