La Ville menace un club aux fans trop bruyants

Foot amateur La Municipalité a écrit au CS Interstar suite aux plaintes de deux habitants. Incompréhension du club.

Le Stade de Varembé. CS Interstar est une des rares équipes amateurs genevoises à jouir d’un vrai public de supporters.

Le Stade de Varembé. CS Interstar est une des rares équipes amateurs genevoises à jouir d’un vrai public de supporters. Image: Laurent Guiraud

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Jusqu’où ira la lutte contre les nuisances sonores? Ou jusqu’où les autorités sont-elles prêtes à soutenir le combat de quelques habitants grognons? Le CS Interstar, un des deux clubs de football du stade de Varembé, a reçu à la mi-septembre un courrier de la Ville de Genève lui demandant de faire moins de bruit durant les… treize matches qu’ils jouent par an le dimanche à 14 h. En cas de non-respect de ces consignes, le Service des sports menace le club de sanctions.

«Un stade, pas une église»

CS Interstar est une des rares équipes amateurs genevoises à jouir d’un vrai public de supporters. Récemment promue en 2e ligue inter, elle attire jusqu’à 500 fidèles lors de ses matches à domicile. Des parents et amis de joueurs, mais aussi quelques ultras. Dirigés par un «capo» équipé d’un tambour et d’un mégaphone, ils crient, chantent et tapent des mains à la moindre action. «C’est vrai qu’ils font du bruit mais c’est plutôt sympa, c’est nul un match sans ambiance, s’exclame Christiane, une habituée du bord du terrain. Et puis on est dans un stade, pas dans une église!»

Certes. Mais cette ferveur populaire n’est pas du goût de tous. Dans la lettre envoyée au club, le Service des sports évoque plusieurs habitants qui se plaignent de «fortes nuisances sonores provenant du stade». Il fait lui-même référence à un autre courrier de doléances adressé cette fois à un autre département de la Ville, celui de l’environnement urbain et de la sécurité.

Renseignements pris, seules deux plaintes ont été reçues par la Municipalité. De la part d’une voisine du stade et d’un usager de la piscine de Varembé dérangé durant sa sieste. Face aux 400 membres du club et ses 400 à 500 supporters, cela fait peu. Mais la Ville a pris leurs revendications au sérieux.

Elle somme le club de «limiter les nuisances sonores (musique, tambours, etc.) au strict minimum». «Mais qu’est-ce que cela veut dire? Est-ce qu’on doit demander à nos supporters de chuchoter?» s’interroge Alexandre Lourenço, un des entraîneurs.

Le président du CS Interstar, Frédéric Simoes, souligne que des efforts importants ont déjà été réalisés: «Nous avons beaucoup travaillé pour que nos supporters n’amènent plus de fumigènes et d’engins pyrotechniques dans les tribunes. Et maintenant que cela est réglé, on nous embête avec les tambours!» Le footballeur est prêt à supprimer la musique durant l’échauffement des joueurs pour éviter une sanction. Mais il regrette de ne pas recevoir «plus de reconnaissance et de soutien» des autorités alors que le club «fait vivre le stade» et «intègre les jeunes du quartier».

Simple «rappel des règles»

Contactée par téléphone, la cheffe du Service des sports, Sybille Bonvin, minimise les menaces. Elle qualifie le courrier envoyé au CS Interstar de simple «rappel des règles» dans une «gestion de bon voisinage». Selon elle, le club respecte les limites sonores autorisées à ce moment de la journée.

Mais dans ce cas, pourquoi lui avoir envoyé un courrier? «A titre préventif», répond la cheffe. Les menaces ne sont-elles toutefois pas un peu exagérées au regard du nombre de mécontents? «Je ne ferai aucun commentaire», esquive Sybille Bonvin.

Depuis les plaintes, des agents de la police municipales (APM) assistent aux matches. Dans une récente note transmise au Service des sports, dont nous avons eu connaissance, le chef des APM, Antonio Pizzoferrato, relève que les «avertissements n’ont pas trouvé l’écho favorable attendu». «Dans une enceinte sportive, nous tolérons du bruit durant le match, mais pas une ou deux heures avant et après la rencontre», précise-t-il.

Que risquerait le club en cas de sanction? «Eventuellement l’interdiction de tambours et de la sonorisation, répond Sybille Bonvin. Mais il faudrait encore pouvoir prouver le dépassement de décibels.»

(TDG)

Créé: 18.10.2016, 20h24

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