L’insoutenable légèreté des élus de la Ville

L'éditorial

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Du champagne à 6 heures du matin dans un palace; de l’alcool fort en boîte de nuit; des trajets en taxi aux petites heures entre des lieux privés, et on en passe… Le lien entre ces activités hautement nécessaires au bien-être des citoyens? Toutes ont été payées par les braves contribuables de la Ville de Genève, merci beaucoup.


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Le rapport explosif de la Cour des comptes sur les frais du Conseil administratif révèle des éléments invraisemblables. Surtout s’agissant de magistrats rémunérés au-delà de 250 000 francs par an, sans compter frais de représentation, voiture avec chauffeur et autres avantages.

Si le contribuable moyen tombe de sa chaise en découvrant cette affaire, le plus effarant ne réside peut-être pas dans les dépenses elles-mêmes, mais dans la réaction des élus placés face à leurs responsabilités.

Les magistrats multiplient les explications tarabiscotées, de la confusion visuelle entre deux cartes de crédit à la négociation, pendant deux ans et demi (!), d’un abonnement téléphonique moins cher. On aimerait bien que face à ces révélations, certains magistrats, et en particulier les plus visés par le rapport, ergotent moins et avouent un peu plus franchement leurs égarements.

Le «Je n’ai pas fait tout juste» de Guillaume Barazzone – qui a tout de même remboursé des frais – rappelle le «J’ai caché une partie de la vérité» de Pierre Maudet et produira sans doute la même consternation.

L’attitude réticente du Conseil administratif dénoncée par la Cour des comptes présente un risque: celui de conclure au «tous pourris», alors que les magistrats ne sont pas dans le même panier. Pour éviter d’être pris dans la tourmente et pour limiter les dégâts d’image, les élus doivent prouver rapidement qu’ils ont changé leurs pratiques. Les demi-mesures, comme les demi-aveux de Pierre Maudet en leur temps, ne passent plus.

Créé: 01.11.2018, 19h21

Frédéric Julliard, rédacteur en chef

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