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43 détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules à Champ-Dollon

Les prisonniers se plaignaient vendredi après-midi de leurs conditions de détention en lien avec les mesures anti-Covid-19.

Photo d'archives de la prison de Champ-Dollon, à Puplinge.
Photo d'archives de la prison de Champ-Dollon, à Puplinge.
Laurent Guiraud

«Vendredi vers 15h30, 43 détenus de la prison de Champ-Dollon ont refusé de regagner leurs cellules à l'issue de leur promenade quotidienne, ont révélé nos confrères de la RTS. À 22h20, la quarantaine de prisonniers impliqués étaient à nouveau en cellule et ce, sans l'intervention de la police.

Des mesures anti-Covid-19 fâchent

Les plaintes des détenus concernaient leurs conditions de détention, qui se seraient dégradées suite aux mesures prises contre la propagation du Covid-19. «Elles semblaient porter sur une demande de libération anticipée (faisant écho aux approches adoptées dans certains pays), ainsi que sur la possibilité de pouvoir pratiquer des sports de balle (qui ont été suspendus vu l'impossibilité de respecter les distances sanitaires prescrites, même si l'accès au sport demeure garanti). Ce mouvement d'humeur n'a pas suscité de tensions dans le reste de l'établissement», explique le Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé (DSES) dans un communiqué envoyé en soirée.

«Les forces de l'ordre, la défense incendie et un appui médical ont été mobilisés mais leur intervention n'a finalement pas été nécessaire», précise le DSES. Le secteur de la prison, située à Puplinge, a été temporairement bouclé par la police.

Ensemble à Gauche demande des libérations

Ensemble à Gauche a réagit dans la soirée, en appelant à une meilleure protection des détenus et demande que des libérations soient accordées, au vu du contexte sanitaire et de la surpopulation carcérale. «La prison accueillait encore 550 personnes, au 28 mars dernier, alors qu'elle est conçue pour 398 détenu-e-s,», précisent-ils dans un communiqué.

Afin de faire enfin respecter les mesures sanitaires imposées par le Conseil fédéral dans les prisons genevoises, le parti d'extrême gauche demande au Grand Conseil qu’il propose d’office à toutes les personnes actuellement détenues en raison d’une violation de la Loi fédérale sur les étrangers et l’intégration ou de conversion d’amendes en peines privatives de libertés, qu’elles formulent une demande urgente en grâce.

La coalition d'extrême-gauche souhaite également que le personnel de la prison de Champ-Dollon et les détenus, soient systématiquement testés, afin d’éviter la propagation du Covid-19.

«Ensemble à Gauche exige du Ministère public et du Conseil d’Etat la suspension et report des nouvelles exécutions de peines pour toutes les personnes actuellement en liberté ne représentant pas un danger concret pour la société ou encore la limitation stricte de l’usage de la détention provisoire aux cas absolument indispensables», poursuit le communiqué.

Enfin, le parti souhaite que le Conseil fédéral adopte une ordonnance «visant à protéger la santé des détenu-e-s, prévoyant que la pandémie du Coronavirus est une circonstance extraordinaire qui permet d’ordonner la libération conditionnelle à mi-peine des détenu-e-s».

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