Santé à GenèveLes patients dans le coma ont un nouveau lieu de vie
Quatre nouvelles chambres ont ouvert à l’Hôpital de Bellerive. Elles permettent plus de proximité entre les patients et leurs proches.

Une machine à café juste à côté d’un appareil d’aide à la respiration, c’est ce qu’on trouve sur la table de chevet des quatre nouvelles chambres inaugurées cette semaine à l’Hôpital de Bellerive, qui fait partie des HUG.
Ici, le principe est simple: faire en sorte que le patient se sente «comme à la maison», et permettre à ses proches d’être présents selon leurs souhaits et d’organiser la chambre comme un vrai foyer. Elles sont destinées aux personnes jeunes, en état de conscience minimale: celles-ci respirent seules mais sont incapables de communiquer avec l’extérieur. En langage courant, elles sont dans le coma.
À la pointe de l’innovation
À l’intérieur, on trouve une salle de bains de grande taille pour la toilette quotidienne et un système de rails au plafond permettant de soulever le patient pour le sortir du lit.
Ce dernier est particulièrement équipé pour les personnes dans le coma: il peut être incliné en position verticale et en position assise. Un élément indispensable pour la santé de ces patients qui passent la plupart du temps allongés. Christian Thomas, médecin adjoint au Service de gériatrie de l’Hôpital de Bellerive, explique: «La verticalisation est très bénéfique pour les patients. Un certain nombre de fonctions corporelles se font mieux lorsque le corps est dans cette position naturelle.»
Ce lieu de soins et de séjour compte également une nouvelle baignoire inclinable, équipée d’une porte pour faciliter le travail du personnel soignant, et parfois des proches, qui effectue la toilette. Mais le vrai avantage pour les familles et amis des patients reste la possibilité de dormir sur place.
Un canapé-lit dans la chambre d’hôpital
Pour les proches des patients, c’est un luxe. Dans le nouveau lieu de soins de Bellerive, des canapés-lits pour les visites sont exprès aménagés dans les chambres.
Mariem compte parmi les siens une personne en état de conscience minimale, à qui elle rend visite très régulièrement depuis plusieurs années. Pour elle, cela n’a pas de prix: «C’est un soulagement de savoir que nous pouvons passer la soirée avec ce proche.»
Si la pratique n’est pas interdite ailleurs, Mariem confirme qu’elle est peu répandue: «Dans les autres établissements, c’est possible aussi, mais on vous fait comprendre que ça dérange.»
Développé avec les familles
À la genèse du projet, un colloque entre soignants et proches. C’est un des aspects réjouissants de ce nouveau lieu de séjour. Mariem explique: «Nous avons fait une réunion avec les médecins et les infirmières dans une salle de l’hôpital, et avons exprimé nos souhaits et besoins, qui ont été écoutés dans la mesure du possible.»
Le docteur Christian Thomas soutient cette implication des proches dans le processus: «Ils connaissent mieux que quiconque les patients. Ils sont les mieux indiqués pour connaître leurs besoins.»
Les bénéficiaires qui intègrent ces chambres ont généralement séjourné dans plusieurs unités des différents centres hospitaliers du canton mais sont dans un état incompatible avec une prise en charge en EMS, qui reçoivent une population aux besoins différents.
Ici, les résidents sont jeunes et en situation d’incapacité à cause d’un accident, qui peut aussi être lié au système cardiovasculaire (AVC ou infarctus). Ils ne sont pas maintenus en vie artificiellement, contrairement aux personnes en état de mort cérébrale. Les nouvelles chambres de l’Hôpital de Bellerive sont leur lieu de vie, dans lequel sont réalisés des soins palliatifs pour améliorer leur quotidien.
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.













