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EmploiSanté au travail: ne rien faire peut coûter cher

Les entreprises agissent souvent lorsqu’il est trop tard, à leurs dépens. Des retards qui se paient cash.
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En Suisse, les coûts liés au stress au travail s’élèvent à 6,5 milliards de francs par an, selon les données les plus récentes (datant de 2022). Or, le stress n’est qu’un problème parmi tant d’autres dans le domaine de la santé au travail. Ce chiffre montre à quel point les entreprises ont tout intérêt à faire de la prévention, comme le prévoit la loi sur le travail.

Pourtant, de nombreuses PME et personnes indépendantes peinent à mettre en place des mesures préventives, notamment par manque de temps et de moyens. Elles agissent souvent lorsqu’il est trop tard, à leurs dépens. Des retards qui se paient cash.

Dans ce contexte, l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (Ocirt) de Genève a lancé, ce lundi 15 avril, une campagne de communication destinée aux employeurs du canton, aux patrons et cadres de PME, ainsi qu’aux indépendants. Intitulée «Comment va la santé de ton entreprise?», la campagne les invite à contacter la consultation en santé au travail, qui les aide et les oriente vers les bons spécialistes en santé et sécurité au travail si besoin.

Protection de la maternité

Pour Mariangela de Moraes Pires, médecin du travail à l’Ocirt, qui coordonne ce dispositif, «la protection de la maternité est encore lacunaire au sein des entreprises, notamment en raison de la méconnaissance des dangers dans ce domaine».

Prenons le cas concret de José, présenté dans la campagne de l’Ocirt (voir la vidéo ci-dessous). José dirige un pressing. Il emploie Nathalie depuis plusieurs années. Elle est enceinte depuis trois mois, mais elle ne l’a pas encore annoncé à son employeur. Lors d’une consultation, sa gynécologue évalue les risques pour sa santé liés à ses conditions de travail, notamment l’exposition probable au perchloroéthylène. Ce produit est fréquemment utilisé pour le nettoyage à sec. Elle demande de vérifier si le pressing dispose d’une analyse des risques, comme le prévoit la législation. Comme ce n’est pas le cas, Nathalie est mise en arrêt de travail aux frais de l’employeur. José doit donc engager une remplaçante et, en plus, l’assurance perte de gain ne prendra pas en charge cette situation, puisque Nathalie n’est pas malade.

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«Une analyse des risques aurait permis à José de mettre en place des mesures de protection adéquates pour sa collaboratrice et ses collègues dès leur engagement. Dans ce cas, la gynécologue n’aurait pas interdit à Nathalie de travailler», précise Mariangela de Moraes Pires.

Risques physiques et psychiques

La population active suisse est fréquemment exposée à des facteurs de risque pour la santé physique, en particulier aux mouvements répétitifs et aux positions douloureuses et fatigantes.

De plus, le nombre de personnes exposées aux risques psychosociaux, tels que le stress et le mobbing, n’a cessé d’augmenter au cours de la dernière décennie.

Leur impact sur la santé au travail est considérable. Ainsi, selon des données récentes, environ 50% de la population active est concernée par des douleurs musculaires dans les épaules, le cou et les membres supérieurs, et par des maux de dos.

Impact pour les entreprises

Au-delà du préjudice pour la santé de ces personnes, cela peut avoir des conséquences directes pour l’entreprise. Des études réalisées en Suisse ont, par exemple, démontré que deux personnes sur dix souffrant de maux de dos présentent une réduction de près de 30% de leur productivité au travail.

«Le rapport 2020 de l’Observatoire suisse sur la santé dans le canton de Genève est très parlant. Il montre que quatre personnes sur cinq sont exposées à un ou plusieurs risques physiques au travail, et que près de neuf personnes sur dix le sont à un ou plusieurs risques psychosociaux», rappelle Myriam Nnadi, conseillère scientifique au sein du secteur de prévention et promotion de la santé de l’Office cantonal de la santé (OCS) et partenaire de Mariangela de Moraes Pires dans la mise en place de la consultation en santé au travail.

Un autre exemple présenté dans la campagne raconte l’histoire de Sylvie, une indépendante ayant ouvert une conciergerie de société immobilière (voir la vidéo ci-dessous).

Sylvie travaille à son compte depuis un an. Elle n’a pas encore les moyens d’engager du personnel pour l’aider. Son travail commence à impacter son hygiène de vie et sa santé: stress et fatigue liés à de longues heures de travail, maux de dos causés par les mauvaises postures et les charges lourdes, problèmes de peau provoqués par des produits chimiques, ainsi qu’une prise de poids progressive.

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Sylvie est inquiète. Elle se demande si elle tiendra dans ces conditions. Un arrêt de travail forcé mettrait en danger la survie de son entreprise. Elle aimerait être conseillée et accompagnée, mais ne sait pas vers qui se tourner. C’est typiquement dans ce genre de situation que la consultation en santé au travail peut apporter des solutions.

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