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Risques de noyades à GenèveExplosion du nombre d’interventions sur le Rhône et le lac

Le nouveau bateau de sauvetage du Service d’incendie et de secours, ainsi qu’une des embarcations de la Brigade de la navigation ont fait une démonstration mardi matin sur le Rhône.
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Trente-sept. C’est le nombre d’interventions de sauvetages effectuées par la Brigade de la navigation de la police et le Service d’incendie et de secours (SIS) sur le Rhône et le lac depuis le début de l’année.

«C’est beaucoup, sachant qu’habituellement on dénombre au maximum quarante cas par an. Et là nous sommes seulement en début août!» souligne Nicolas Millot, lieutenant responsable de la communication du SIS. Il indique également que huit noyades sont à déplorer, contre dix par année en moyenne.

Le communicant s’exprimait mardi matin au bord du fleuve, sur le sentier des Saules, devant de nombreux journalistes convoqués en urgence pour une conférence de presse organisée avec la police.

Inquiets, les représentants des deux entités ont tenu à recommander à la population de ne pas se baigner ni entreprendre une descente du Rhône sur des embarcations dans les jours à venir, qui s’annoncent caniculaires.

De gauche à droite: Henny Martinoni, porte-parole de la police genevoise, Nicolas Millot, officier de communication pour le Service d’incendie et de secours (SIS), et Cyrille Dutheil, chef de la Brigade de la navigation (BNAV), rappellent les dangers de la baignade lors de la conférence de presse de mardi matin.

Débit exceptionnel

Alors que plus de 3000 personnes sont comptabilisées chaque week-end à la Jonction et que 19 interventions ont déjà eu lieu cet été sur le fleuve, les autorités soulignent le caractère inhabituel de la situation.

Elles justifient cette recommandation par le débit exceptionnel du Rhône (dû aux fortes pluies du printemps et début d’été), à la fonte des glaces, ainsi qu’à la forte affluence de baigneurs et plaisanciers en manque d’eau après des semaines de mauvais temps en début de saison.

À cela s’ajoutent des travaux réalisés par les Services industriels de Genève (SIG) à la hauteur de l’Usine, qui impliquent des variations importantes du débit plusieurs fois par jour. Il est notamment baissé durant l’après-midi afin d’assurer la sécurité des ouvriers et remonté en fin de journée, en matinée et le week-end, pour maintenir un niveau du lac acceptable.

Consignes de sécurité

«On peut se réjouir que la population aille de plus en plus sur le Rhône et au bord du lac, ça rentre dans l’ADN des Genevois, comme c’est le cas depuis longtemps à Berne par exemple. Mais il faut que les gens soient conscients des dangers», martèle Nicolas Millot.

Il rappelle les consignes générales de sécurité: les nageurs doivent s’équiper d’un élément de flottaison qui puisse soutenir l’effort physique (sac étanche gonflable par exemple), être munis d’un téléphone portable et ne jamais partir seuls.

Un gilet de sauvetage est conseillé pour les personnes qui descendent le fleuve sur des paddles, bateaux pneumatiques ou autres embarcations. Il est également fortement déconseillé de s’attacher à son embarcation.

Un des policiers de la Brigade de la navigation sur le Rhône.

Coincés dans les branchages

«Actuellement, la majorité de nos interventions consiste à aller chercher des gens qui ont dérivé et sont coincés dans les branchages au bord, sans réussir à sortir de l’eau», rapporte le communicant.

Il cite plusieurs exemples courants: des paddleurs qui se retrouvent pris dans les branchages sans réussir à détacher leur leash (courroie qui se fixe à la cheville), des bateaux pneumatiques percés par les branches ou encore des nageurs coincés par des obstacles situés sous le niveau de l’eau et qu’ils n’avaient pas vu.

«Nous avons eu le cas d’une maman partie avec ses enfants. Elle était en paddle et les petits sur un canot gonflable, rapporte le porte-parole. Elle s’est retrouvée coincée sur une pile de pont (son paddle étant passé d’un côté et elle, attachée à son embarcation, de l’autre). Pendant ce temps, le bateau de ses enfants était emporté au loin par le courant.»

Décision politique

Au vu de l’augmentation de la fréquentation des plans d’eau et des interventions, les autorités envisagent-elles d’augmenter la surveillance, en positionnant par exemple des sauveteurs à la Jonction durant l’été? «Il s’agit d’une décision politique, mais il faut savoir que deux surveillants sont nécessaires pour une piscine de cinquante mètres. Imaginez le nombre de personnes qu’il faudrait mobiliser pour surveiller les 8 kilomètres de Rhône concernés!» répond Nicolas Millot.

Il précise que de nombreuses mesures ont été prises ces dernières années: rappel régulier des consignes de sécurité, présence préventive ponctuelle d’agents, panneaux installés par les SIG le long du fleuve, bouées de sauvetage fixées sur les berges ou encore défibrillateurs positionnés autour du petit lac sont énumérés.

Si les mesures de sécurité sont régulièrement réévaluées et améliorées par les autorités, les forces de sauvetage tiennent également à rappeler que les gens nagent sous leur propre responsabilité.

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