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Lettre du jourGardons notre sens critique

KEYSTONE

Cologny, 4 septembre

Permettez-moi – par le canal de la «Tribune de Genève» – de m’adresser aux présentateurs et présentatrices de la TSR qui, en annonçant le programme du lendemain, évoquent – je les cite – «le grand plaisir» que les téléspectateurs auront à retrouver tel ou telle de leurs collègues sur leurs écrans.

Cette formulation est à la fois présomptueuse et agaçante: qu’en savent-ils ou elles si j’aurai «le grand plaisir» d’entendre Monsieur X ou Madame Y se faire l’interprète d’une actualité plus ou moins intéressante ou d’un bulletin météo quotidien?

Ce plaisir revient, le cas échéant, à ceux et celles qui se réclament d’un tel plaisir, sans prétendre qu’il soit nécessairement partagé par des téléspectateurs encore libres de leur sens critique.

À propos de sens critique, je suis effaré de la débilité de certaines publicités diffusées par les deux chaînes de la TSR. Les lecteurs de la presse écrite peuvent dans une certaine mesure échapper à ces sollicitations publicitaires en les ignorant ou en les zappant.

En ce sens, il faut admettre que la presse écrite est nettement moins intrusive que nos chaînes de TV nationales. En revanche, beaucoup de téléspectateurs ont le sentiment désagréable d’être pris en otages par des publicités répétitives qui les rendent fastidieuses et souvent ridicules.

Certains concepteurs de ces publicités – champions d’un humour balourd ou d’affirmations péremptoires du style «bon pour la planète» – prendraient-ils leurs destinataires pour plus patients et plus crédules qu’ils le sont en réalité? La question est en tout cas posée; à chacun d’y répondre à sa manière.

Georges-André Cuendet