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Lettre du jourFrontenex, canyon à automobiles

Genève, 27 mai 2020. Eaux-Vives, rue du 31-Décembre. Une nouvelle bande cyclable vient d'être peinte.
Genève, 27 mai 2020. Eaux-Vives, rue du 31-Décembre. Une nouvelle bande cyclable vient d'être peinte.
Laurent Guiraud

Genève, 26 juin

Les travaux sur le quai Gustave-Ador ainsi que les nombreuses manifestations y bloquant le trafic obligeaient déjà régulièrement les riverains de la route de Frontenex à subir une augmentation de trafic, particulièrement désagréable lorsqu’elle est dominicale (jour de repos) et estivale (fenêtres ouvertes).

La fermeture de l’avenue de la Gare-des-Eaux-Vives a également contribué à une augmentation quotidienne des nuisances. Enfin, les voies dites provisoires pour les cycles récemment implantées le long du lac ont produit immédiatement le même effet, reportant du trafic sur cet axe qui, contrairement au quai, est bordé d’habitations des deux côtés, avec des logements souvent non traversants pour des habitants moins privilégiés que ceux des quais ou de la Rive gauche. Les mesures pseudo-temporaires liées à la crise sanitaire ont encore conduit les autorités à supprimer le parcage qui subsistait sur la route de Frontenex pour élargir la bande cyclable, transformant du coup cette rue en axe quasi autoroutier au grand dam des mêmes habitants, dont beaucoup ne disposent pas de place de parking ni n’ont les moyens d’en payer une si – par extraordinaire – ils la trouvaient. Et non contents de cela, voilà que les conseillers municipaux de la Ville de Genève votent une fermeture dominicale et estivale des quais pour les transformer quand il fait beau temps en espace de loisir pour bobos en mal d’occupation et qui jugent trop fatigant de se rendre jusqu’au parc ou à la nouvelle plage pour trouver un espace de délassement. Tout cela bien sûr sans tenir compte des conséquences que devront encourir sur Frontenex des habitants et les quelques commerçants subsistants qui commencent sérieusement à en avoir assez! En un peu plus de trente ans, on a ainsi transformé une rue agréable en un canyon qui sera encore plus rempli de voitures par l’action d’élus plus préoccupés de leurs loisirs que du repos des travailleurs et de la qualité de vie de citoyens parfois moins privilégiés dont ils sont pourtant censés défendre les intérêts.

Prôner le mieux-vivre en ville est une chose, mais veiller dans les faits au bien-être de tous est plus ardu; à commencer par ne pas prendre des décisions qui mettent sous l’eau la tête de ceux qui sont déjà inondés de nuisances!

Michel A. Ducret

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