L’affaire Junod Bloch éclate au grand jour

100 ansQue lisait-on dans «La Tribune» il y a cent ans? Notre série d’été.

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Le 9 août, soit la veille, «La Tribune de Genève», dans un bref communiqué titré «Les fraudeurs», annonçait l’arrestation de Junod et Bloch. Jules Bloch, alors industriel, vendait des munitions à l’armée française depuis La Chaux-de-Fonds et «habitait depuis deux mois dans une superbe villa qu’il venait d’acheter au bord du lac à Sécheron». Depuis bien avant la guerre, il faisait des affaires qui lui avaient rapporté des millions de francs en armement vendu à la France. Mais pèsent alors sur lui, annonce «La Tribune», de «graves soupçons de soustraction d’impôt sur les bénéfices de guerre». Julien Junod, inspecteur à l’Office fédéral des contributions et ami d’enfance du premier, est, lui, soupçonné de corruption.

Le 10 août, «La Tribune de Genève» revient sur l’affaire. À la suite de la dénonciation d’une fraude, l’Administration fédérale des contributions, qui réclamait à Jules Bloch des impôts depuis belle lurette, perquisitionne les locaux de l’industriel et découvre un don de 15 000 francs à l’intention de Julien Junod. Dans l’article intitulé «L’affaire des fraudes, autre son de cloche», on peut lire: «L’office fédéral soupçonne une tentative de corruption.» On y apprend également au sujet du don de Bloch à Junod que «Bloch, heureux d’en avoir terminé avec le fisc, désirait témoigner sa satisfaction, Junod se trouvant là, il lui fit cadeau d’une somme de 15 000 francs pour dégrever sa maison d’une hypothèque dont elle était chargée. Une personne bien placée nous fait remarquer à ce propos qu’il ne s’agissait pas là d’une récompense pour services rendus mais bien d’une simple marque d’amitié.» Bienheureux celui qui par sa simple présence reçoit, en signe d’amitié, l’équivalent de plus de 75 000 de nos francs. L’affaire sera au final jugée par une Cour fédérale en 1919 et Jules Bloch sera condamné à 8 mois de prison. Une autre information dans cette édition du 10 août concerne un fait divers. En ces années de pénurie et de guerre, on ne plaisante pas avec l’approvisionnement. On apprend ainsi que Jean Cullat, laitier de la rue De-Grenus, «a fait camionner jusqu’à Genève 1000 kilos de fromage et 100 kilos de sucre qu’il avait achetés dans le canton de Fribourg. Il a été déclaré en contravention et ses marchandises séquestrées.» C’est ce que «La Tribune de Genève» appelle du «commerce illicite». Un peu plus loin, dans la rubrique étrangère, un rédacteur donne pour titre à son entrefilet concernant un projet de nouvelle constitution en Finlande «Échec au roi». Déjà forte en jeux de mots, «La Tribune» en 1918.

(TDG)

Créé: 09.08.2018, 16h52

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