Espèce protégée en IsèreUn aigle du Léman menacé d’extinction abattu en France
La jeune pygargue avait été réintroduite dans le cadre d’un programme de sauvegarde de l’espèce. Deux chasseurs ont été placés en garde à vue.

Morzine, jeune pygargue à queue blanche née en captivité au sein du parc des Aigles du Léman, n’aura vécu que quelques mois une vie de pleine liberté. Après avoir été relâché dans la nature le 4 septembre dernier avec neuf de ses congénères, le rapace a été abattu dans le département français de l’Isère, le 24 février. Deux chasseurs ont depuis été placés en garde à vue mercredi.
L’histoire débutait pourtant bien. L’aigle, qui se prénommait Morzine en remerciement à la commune de Haute-Savoie qui avait financé sa balise GPS, avait été relâché dans le cadre d’un programme de sauvegarde de l’espèce (voir encadré).
Depuis son départ en novembre, les enfants des écoles primaires de Morzine suivaient avec passion les déplacements quotidiens du jeune pygargue femelle. Mais fin février, plus aucun signal. «L’aigle des mers» semble immobile.
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Passible de 3 ans de prison
Deux gardes de l’Office français de la biodiversité (OFB) et cinq naturalistes partent alors à la recherche de l’aiglon, qu’ils finissent par retrouver mort, atteint d’une balle dans la poitrine, dans le massif de l’Oisans, à 1700 mètres d’altitude.
Deux suspects sont ensuite rapidement identifiés. Il s’agit de deux trentenaires qui ont le jour même tiré des chevreuils. «En garde à vue, les chasseurs ont reconnu les faits, le tir de l’animal pour l’un et la complicité pour l’autre. Ils seront déférés au Parquet de Grenoble ce jeudi dans le cadre de l’enquête ouverte pour «destruction, détention et transport d’espèce protégée».
«Pour ces faits, les trentenaires s’exposent à une peine pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150’000 euros d’amende», comme le précisent nos confrères de France 3 régions.
L’histoire se répète
Ce n’est pas la première fois qu’un tel rapace libéré par les Aigles du Léman est abattu de la sorte. Sur quatorze individus ainsi mis en liberté depuis 2022, trois sont déjà morts.
En avril 2023, le bien nommé Sciez, un jeune mâle, avait été retrouvé sans vie, sans tête ni pattes, dans le nord-ouest de l’Allemagne. En octobre 2023, un autre individu a été abattu dans le Gers.
Pour Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), «pas une semaine ne passe sans qu’un rapace ne soit abattu en France, où ces espèces sont pourtant intégralement protégées. Et quand les auteurs sont identifiés, ils sont toujours titulaires du permis de chasse, ce qui interroge sur la qualité de leur formation. Seules des sanctions exemplaires suffisamment dissuasives permettront d’enrayer de tels actes de cruauté gratuite qui mettent en péril des efforts de conservation considérables.»
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