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GrèceFéminicide: prison à vie pour deux jeunes

En 2018, une étudiante de 19 ans avait été violée puis abattue sur l’île de Rhodes, choquant le pays. Les agresseurs ont été condamnés à l’unanimité.

Pendant le procès, des manifestants avaient protesté avec une banderole sur laquelle il était écrit: «Ils nous tuent».
Pendant le procès, des manifestants avaient protesté avec une banderole sur laquelle il était écrit: «Ils nous tuent».
AFP

La cour d'assises d'Athènes a condamné vendredi deux jeunes hommes à la prison à vie pour «homicide volontaire» et «viol» de l'étudiante Eleni T., 19 ans en 2018. L'affaire a provoqué un tollé en Grèce, où le débat public sur les féminicides était jusque là quasi inexistant.

Les trois membres de la cour d'assises et les quatre jurés ont à l'unanimité condamné un Grec de 23 ans et son complice de 21 ans d'origine albanaise pour les crimes de «viol collectif» et «homicide volontaire». Pour l'homicide volontaire, les deux accusés ont été condamnés chacun à la prison à vie, et pour «le viol collectif» à 15 ans de prison ferme.

La cour n'a pris en compte aucune circonstance atténuante, comme l'avait auparavant requis la procureure. Suivi de près par des organisations féministes et de défense des droits humains, ce procès a été marqué par des moments de tension, les parents de la victime ayant fondu en larmes à plusieurs reprises.

Mais le verdict vendredi a été accueilli par une salve d'applaudissements par la salle d'audience et devant le tribunal. La procureure Aristotelia Doga, qui avait requis la condamnation des accusés, les a qualifié de «monstres» et de «sujets misérables».

Procureure critiquée

Sur les réseaux sociaux, le réquisitoire a créé une controverse, des juristes ayant accusé la procureure de manque «d'impartialité» et de «s'être identifiée à la victime». Le barreau d'Athènes s'est insurgé contre la procureure car elle s'en était prise à la défense, qui selon elle «occulte parfois la vérité».

Le secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, Akis Skertsos, a également critiqué la procureure qui aurait agi contre «le sentiment commun de justice». De son côté, l'opposition de gauche Syriza a riposté que l'exécutif «intervient» dans la justice.

Au total, douze féminicides ont été répertoriés en 2019, en majorité des Grecques mais aussi une touriste américaine tuée sur l'île de Crète en juillet dernier. Des manifestants ont dénoncé «la répression des femmes» dans une société «patriarcale» empêchant les autorités à se saisir du problème.

(ats/nxp)