Federer, Nadal, Djokovic, un trio de géants à l'affiche de Wimbledon ce lundi

TennisTout sépare le «Big Three» des «intrus» Kukushkin, Humbert, Sousa ou Sandgren. Ont-ils profité d’un gazon ralenti pour s’inviter au festin?

L’affiche du «Manic Monday» réunit trois extraterrestres et des intermittents.

L’affiche du «Manic Monday» réunit trois extraterrestres et des intermittents. Image: Ben Stansall/AFP/AP/Tim Ireland/Daniel Leal-Olivas/AFP

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De mémoire de jardinier, jamais une deuxième semaine de Wimbledon ne s’était ouverte sur pareil fossé. L’affiche du «Manic Monday» réunit en effet trois extraterrestres et des intermittents. Un trio de légendes et d’étranges vieux combattants. Entre Federer, Nadal, Djokovic et le reste des rescapés se dressent 53 titres du Grand Chelem. Parmi ces derniers, quatre n’ont jamais respiré le parfum d’un huitième de finale majeur (Humbert, Pella, Kukushkin, Berrettini). Même si Nishikori et Raonic entretiennent l’illusion d’une «classe moyenne» (une finale de GC chacun), ce Wimbledon raconte donc une inégalité grandissante. Le «Big Three» a beau vieillir. Il y a lui et le reste du monde.

Dans les faits, seulement cinq des seize premières têtes de série ont tenu leur rang. L’hécatombe est trop grande pour passer inaperçue. «La première explication qui me vient, c’est que le niveau entre le 20e et le 50e mondial est quasi identique, analyse Roger Federer. Et puis, avec ce gazon un peu différent cette année, les jeunes se sont fait piéger. C’est normal, il faut du temps pour maîtriser les subtilités de cette surface. Je vous rappelle que j’ai perdu trois fois d’entrée lors de mes quatre premiers Wimbledon.»

Une herbe plus lente

«Le Maître» pointe du doigt l’inexpérience des nouveaux challengers et l’évolution du terrain de jeu. Si la première piste repose sur du concret (éliminations de Thiem, Zverev, Tsitsipas), elle se heurte au constat d’échec des «vieux spécialistes» (Anderson, Isner, Cilic, Simon). Et que dire du Français Ugo Humbert (21 ans, 66 ATP), adversaire de Novak Djokovic ce soir alors qu’il n’avait pas disputé un seul match sur gazon avant le tournoi!

La seconde piste suggère que, si Pella, Sousa, Verdasco ou Sandgren se hissent dans le Top 16 de Wimbledon, c’est forcément que la balle n’y fuse plus beaucoup. Une théorie qui a trouvé un avocat particulièrement convaincant en la personne de Milos Raonic. «Depuis que je viens ici (2011), la vitesse des courts diminue. Aujourd’hui, les conditions sont clairement plus rapides à l’US Open et en Australie. De ce que j’ai compris, ils ont choisi un brin d’herbe qui pousse en X, pour que sa structure ralentisse la balle. Il s’agit d’une démarche délibérée qui a totalement changé le tennis pratiqué sur gazon.»

Pour faire simple, la balle ne fuse plus à Church Road, elle s’arrête. Ce qui favorise les contreurs et le jeu à plat (Kukushkin, Bautista, Goffin) mais aussi les athlètes capables s’ajuster précisément au fil d’échanges toujours plus longs (Sandgren, Sousa, Pella). Cette théorie, Rafael Nadal ne veut plus l’entendre. «Pour moi, l’herbe n’a pas bougé depuis 2003.» Vraiment? «Comme j’ai aussi trouvé les courts lents et mous lors des deux premiers tours, j’ai demandé à Tim Henman. Il m’affirme que rien n’a changé dans leur préparation, explique Roger Federer. À mon avis, ces terrains ressemblent à la vigne. Tu peux les traiter de la même manière, ils réagissent chaque année différemment aux conditions atmosphériques. Et le résultat varie, comme un vin.»

Ralenti ou pas, le gazon de ce Wimbledon 2019 restera unique pour une poignée d’invités surprises. Les Mikhail Kukushkin, Ugo Humbert, Tennys Sandgren, Guido Pella et João Sousa s’étaient-ils imaginés un jour au générique du «Manic Monday»? On en doute. Ils y joueront une finale; le match de leur saison, voire celui d’une vie. Pendant ce temps, à côté ou en face d’eux, Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, essaieront d’économiser des forces.

Créé: 07.07.2019, 21h53

Berrettini, Federer et les étoiles du «Temple»

Roger Federer affronte Matteo Berrettini (ATP 20) ce soir, et il faut sans doute débuter par cette mise au point: l’Italien n’a rien d’un intrus au programme du «Manic Monday». Titré à Stuttgart, demi-finaliste à Halle, le tenant du titre à Gstaad se régale sur gazon, où son enchaînement service et coup droit surpuissant fait des ravages. «Je l’ai un peu observé en Allemagne, il est en confiance, empile les victoires en ATP 250. Ce sera un match compliqué.» Ou pas.

Car même si le Romain était attendu à ce stade de la compétition, il va découvrir d’un coup l’impact sur ses nerfs d’un huitième en Grand Chelem, de Roger Federer et du Centre Court de Wimbledon. Cela peut faire beaucoup pour un jeune joueur, même très talentueux. «Je m’attends à quelque chose de spécial, admettait-il samedi soir. Quand j’ai joué pour la première fois sur le central du Foro Italico contre Fognini (2017), je ne savais plus où j’étais. J’avais des étoiles dans les yeux, j’ai pris un coup. Mais deux ans ont passé, ma confiance a pris l’ascenseur. Je vais vivre une expérience merveilleuse et je pense pouvoir mieux la gérer.»

Jeune homme réfléchi et sensible, Matteo Berrettini a ensuite très clairement décrit les enjeux de ce match référence. «J’affronte le meilleur de l’histoire, sur le court qui l’a sacré huit fois, c’est bien sûr un rêve de gosse. Mais, sans vouloir paraître prétentieux, je suis arrivé à un stade de ma carrière qui me permet de jouer ce match pour le gagner. Je pense avoir les armes techniques pour rester au contact de Federer.» Personne ne le conteste. Mais saura-t-il les sortir dans le «Temple»?

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