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Sous cloche jusqu’au 28 févrierFace au virus mutant, la Suisse décrète un 2e lockdown

Le gouvernement ordonne toute une série de fermetures et de restrictions qui touchent aussi bien les entreprises que les personnes privées.

Nouveauté dans les conférences de presse du Conseil fédéral: les sept Sages portent désormais constamment le masque et ils sont séparés par des parois en plexiglas s’ils sont trop proches de leur voisin. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)
Nouveauté dans les conférences de presse du Conseil fédéral: les sept Sages portent désormais constamment le masque et ils sont séparés par des parois en plexiglas s’ils sont trop proches de leur voisin. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)
keystone-sda.ch

Le Conseil fédéral avait juré pendant des mois de faire tout pour éviter un second lockdown. C’est raté. Mercredi, il a décrété de vastes fermetures de commerces et des restrictions sévères pour les privés, du 18 janvier au 28 février. Cela ressemble beaucoup au premier lockdown de mars 2020, sauf que les écoles restent ouvertes pour le moment. Mais les Cantons sont libres de serrer la vis.

Lire aussi: Le défi de la cohérence

«Nous ne prenons pas ces décisions drastiques de gaîté de cœur», répète en boucle le nouveau président de la Confédération, Guy Parmelin, masque sur la figure et séparé de ses collègues par deux vitres en plexiglas. «Mais la souffrance est partout. La souffrance des malades, des familles qui ont perdu un être cher et la souffrance des indépendants qui voient les économies de toute une vie dévorées par la pandémie.»

Un nouveau danger

La Suisse déplore certes depuis des semaines une centaine de morts dus au Covid tous les jours. Mais pourquoi le gouvernement décide-t-il soudain de remettre le pays au ralenti alors que les chiffres des contaminations baissent? Avant tout en raison d’un nouveau danger: le virus mutant de Grande-Bretagne. «Il est 70% plus contagieux et se répand de façon exponentielle en Suisse», explique Alain Berset. «La bonne nouvelle? Nous voyons ce qui s’est passé au Royaume-Uni et nous pouvons agir préventivement pour amortir le choc.»

Guy Parmelin en appelle à l’unité nationale. «Il faut vivre les uns pour les autres et non les uns contre les autres». Un appel qui avait bien fonctionné lors du premier lockdown mais qui ne marche plus vraiment. Les partis jouent chacun leur partition. L’UDC accuse le Conseil fédéral d’avoir «perdu le contact avec la réalité en détruisant des places de travail» alors que les Verts, au contraire, se félicitent «du changement de cap» du gouvernement.

Quelles mesures vont bientôt entrer en vigueur? Rapide résumé.

Pléthore de magasins fermés

C’est la mesure la plus spectaculaire. Pour réduire la mobilité des gens, le Conseil fédéral ferme tous les magasins «ne vendant pas de biens de consommation courante». Lesquels restent donc autorisés? Les magasins d’alimentation, les pharmacies, les points de vente des opérateurs téléphoniques, les stations-services et les magasins de bricolage. On y a rajouté, et cela fait jaser, les magasins de fleurs. Les magasins de vêtements ne sont curieusement pas considérés d’usage courant, sauf pour les bébés. Rappelons aussi que les restaurants, les théâtres, les cinémas et les installations sportives vont devoir continuer à fermer leurs portes pendant de longues semaines.

Télétravail obligatoire

Le télétravail n’est plus recommandé, il devient obligatoire. Il faut bien sûr que l’activité le permette, mais aussi que cela soit possible «sans efforts disproportionnés». Le Secrétariat d’État à l’économie cite par exemple le cas d’une société de trading en ligne où l’employé a cinq écrans devant le nez. Il serait alors disproportionné de demander à cette personne de travailler à la maison. Quid du Conseil fédéral? Va-t-il tenir ses séances sur ordinateur dès la semaine prochaine? Que nenni. Parmelin explique que «le travail préparatoire se fait autant que possible en ligne» mais que la présence physique des sept Sages reste requise à la séance hebdomadaire. On comprend donc que les entreprises auront aussi une marge de manœuvre.

Familles et jeunes bridés

Plus de la moitié des contaminations se déroulent dans le cadre privé, selon l’Office fédéral de la santé publique. Du coup, le Conseil fédéral bride les familles et les jeunes. Les rencontres privées de plus de cinq personnes, enfants compris, deviennent interdites. Cela va être sportif, d’autant que la Confédération recommande que le groupe se compose de deux ménages maximum. Parmelin reconnaît que ces mesures sont «terribles pour les jeunes». Berset ajoute qu’il est personnellement touché, puisqu’il a trois enfants. «Cela signifie qu’on ne peut plus rencontrer une autre famille.»

Masque obligatoire en entreprise

Le masque va se répandre de plus en plus dans les entreprises. Les employés qui ne peuvent pas faire du télétravail doivent mettre le masque dans les espaces clos. Il ne suffit donc plus que les employés soient assis et séparés par une distance suffisante. On peut en revanche échapper au port du masque si on a la chance d’occuper un bureau personnel. À signaler aussi une nouvelle obligation pour les entreprises. Elles devront particulièrement protéger les personnes à risque. Ces dernières ont un droit au télétravail «ou à une protection équivalente sur leur lieu de travail». Si ce n’est pas possible, alors la personne est exempte de travail et doit recevoir son salaire à 100%.

58 commentaires
    Blancouche

    Je juge pas les mesures prises car il y a certainement des données que nous n’avons pas . Mais je travaille dans un grand magasin, et de devoir interdire la vente de certains articles qui se trouvent juste à côté d’autre qui eux peuvent se vendre ...ça laisse perplexe quand même . Les gens se baladent quoiqu’il en soit du moment que c’est ouvert .Que tout ferme une bonne fois, sans exception et qu’on essaie de voir le bout du tunnel .