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Bons plans
Les expos de l’automne vendangent de belles images

© Ben Thouard :
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En bref:
  • La galerie Artypique à Carouge expose les photographies sous-marines de Ben Thouard.
  • La galerie Gowen explore le thème du paysage avec plus de vingt artistes.
  • Sonia Zannettaci présente les œuvres sombres du peintre espagnol Antonio Saura.
  • Le collectif Regardirect documente les services d'urgence genevois à la Fonderie Kugler.

Comme d’habitude, le mois de septembre a offert une avalanche de vernissages après un été plutôt calme. Une fois que Carouge a fait sa fête à la céramique, ce fut au tour des galeries des Bains et de la Vieille-Ville d’ouvrir leurs expositions d’automne. Mais quelques propositions s’avèrent alléchantes ailleurs également. Voici un choix subjectif qui louvoie entre photographie et peinture moderne, propose des balades paysagères et une incursion dans le neuvième art.

Splendeurs sous-marines

© Ben Thouard :

Depuis vingt ans, l’élément liquide est son terrain de jeu. Originaire de Toulon mais établi depuis plus de quinze ans à Taïti, Ben Thouard immortalise ce qui se déroule au-dessus et en dessous de la surface de la mer. Son travail sur les océans et les surfeurs lui a valu de nombreux prix, et son talent ainsi que ses qualités d’athlète ont fait de lui le seul photographe accrédité dans l’eau durant les épreuves de surf aux Jeux olympiques de Paris 2024.

D’une précision et d’une clarté picturales, ses images volontiers sous-marines sont à découvrir jusqu’au 18 octobre à la galerie ArTypique à Carouge (22, rue Jacques-Dalphin). Mitraillant notamment sous toutes ses coutures la fameuse vague de Teahupo’o, il fait ressortir la force et la beauté d’éléments où cohabitent faune marine et champions sur leur planche, parfois en délicate posture. Mariant approches artistique et sportive, ses clichés portent un regard inédit sur l’onde.

Arts paysagers

Catherine Gfeller, «Les nuits du couvre-feu XLV».

C’est un canon du genre pictural que célèbre Gowen avec «Making the Landscape»: le paysage. La galerie établie au numéro 23 de la Grand-Rue a réuni plus de vingt artistes, contemporains ou plus anciens, afin d’explorer ce vaste thème. On y croise par exemple la photographe franco-suisse Catherine Gfeller et ses vues de la nature marquée par l’empreinte de l’homme, ou la vision pastel et pointilliste du Genevois Claude Cortinovis.

Le pinceau de Sébastien Mettraux déploie sur toile fleurs et verdures, tandis que le peintre américain Alex Katz laisse deviner un panorama derrière un portrait de femme. On y rencontre aussi des figures historiques, tel le néo-impressionniste Paul Signac, qui signe un petit tableau figurant une vue de Paris datant de 1903.

Personnages transfigurés

«El perro de Goya n° 78», 1992, peinture laque, acrylique et mine de plomb sur papier.

Non loin de là, à la rue Henri Fazy, un autre grand nom de la peinture du XXe siècle s’affiche aux cimaises de Sonia Zannettaci. La galeriste expose un ensemble d’œuvres du peintre et écrivain espagnol Antonio Saura, grâce au soutien de la Fondation Archives Antonio Saura, établie à Genève. D’abord marqué par le surréalisme et après un passage par l’expressionnisme abstrait, l’artiste trouve dès 1956 son style, représentant de manière très gestuelle l’image métamorphosée de la figure humaine.

Son univers sombre peuplé de visages, de corps et de regards torturés pareils à des masques pousse le spectateur à voir au-delà des formes. Ce sont les sentiments davantage que les figures qui s’expriment sous ces traits âpres, traversés de thèmes douloureux – «Autodafé», «crucifixion», reflets de ce qu’a vécu Saura, enfant durant la Guerre civile puis soumis à l’Espagne franquiste. À voir jusqu’au 9 novembre.

Reportages immersifs

Incendie Rue de l'Arquebuse

Propos fort sérieux également à la Fonderie Kugler, où le collectif Regardirect s’est immergé appareil au poing durant un an à la police, chez les sapeurs-pompiers et chez les ambulanciers. Créée en 2019 à Genève, l’association ambitionne de défendre une vision engagée du photojournalisme et de la photo documentaire. En 2021, six de ses membres – Karine Bauzin, Jean-Patrick Di Silvestro, Jean-Michel Etchemaïté, Patrock Grob, Eric Roset et Cédric Vincensini - ont décidé de se pencher sur un sujet délicat et local: les trois services genevois d’urgence.

Regroupés sous le titre de «Feux bleus», en allusion aux gyrophares, leurs travaux en noir et blanc seront présentés du 10 au 20 octobre à la Jonction. Ils mettent en lumière la diversité des pratiques au sein de ces services, et témoignent de situations parfois critiques, où l’humain est au cœur de l’action.

Humour grinçant

Peinture tirée de «Black medicine book», paru aux éditions Atrabile.

Enfin, la Ville de Lancy se paie une jolie tranche de BD en invitant Helge Reumann à exposer à la Villa Bernasconi. Né à Uster (ZH) en 1966, cet auteur réputé et exigeant s’établit encore enfant à Genève, où il effectue tout son cursus. Lauréat du Prix Töpffer en 2022, 2014 et 2019, il enseigne aujourd’hui à la HEAD (Haute école d’art et de design de Genève).

Travaillant de façon intuitive, il s’oriente vers une recherche expérimentale du neuvième art, ainsi que vers le dessin au sens large. Depuis plus de quarante ans, il déploie «une écriture graphique très forte, un humour grinçant et une esthétique rigoureuse, entre bande dessinée et art contemporain», selon l’institution lancéenne. Cet accrochage monographique, auquel collaborent aussi de jeunes artistes, porte un titre aussi inquiétant qu’intrigant: «Kilmotor». À découvrir du 2 octobre au 8 décembre.