Exposition collective à GenèveArtistes et chercheurs explorent 1000 écologies au Commun
L’association Utopiana a invité plasticiens, architectes ou scientifiques à réfléchir à la crise environnementale à travers notre relation au vivant.

Épuisement des ressources, réchauffement climatique, déplacement des populations, érosion de la biodiversité: la crise environnementale fragilise tant nos existences qu’elle affecte bien davantage que la seule nature. Elle touche aussi le fonctionnement des sociétés et de la politique, nos perceptions et nos esprits, le rapport au soin, à la consommation ou à l’art. «Il existe désormais mille écologies, souligne Anna Barseghian, cofondatrice d’Utopiana. Et elles concernent notre relation aux autres et au vivant.»
Avec «Ces jours terrestres», l’association propose un nouveau volet de ses «1000écologies», un programme de résidences artistiques et de recherches commencé en 2010 ayant donné lieu à plusieurs expositions. Plasticiens, architectes, agriculteurs, musiciens ou penseurs ont investi durant un mois les deux étages du Commun pour inviter à un voyage transdisciplinaire autour des questions liées à l’habitat, au jardin, à l’alimentation ou aux bêtes. Au menu, de nombreuses conférences et ateliers pour adultes et enfants, qui se tiendront également en plein air, au bois de la Bâtie ou sur les bords du Rhône ou du Léman.

Plongé dans la pénombre, le premier niveau se voue essentiellement aux œuvres vidéo. Les Indiens de Raqs Media Collective, par exemple, thématisent la mesure de l’eau, qu’elle soit source de vie ou cause de catastrophes, le long d’un fil convoquant les rivières, la soif, le déluge, ou les forêts sacrées. Le duo genevois Etterspozio s’est plongé, avec «Le Pavillon», dans les coulisses du Zoo de Bâle, «à la fois modèle de nature dans l’espace urbain» et «archive vivante d’espèces naturelles», tandis que les Finlandais Jan Eerala, Laura Naukkarinen et Ulla Taipal ont dédié une pièce chorale audiovisuelle au grand cormoran.
Fermentation sociale
Le second étage, plus lumineux et coloré, est pensé comme un espace en mouvement à même de favoriser les rencontres. L’artiste coréen Byungseo Yoo y a installé ses bocaux dans un coin dédié à la fermentation, alimentaire mais aussi sociale. Le percussionniste Toma Gouband invite le public à s’asseoir en rond pour faire chanter les pierres, juste à côté des tortillons multicolores de «La lombribibli», une œuvre d’art-bibliothèque conçue par Océan pour inciter les bambins à une «lecture joyeuse».

Enfin, le 15 avril à 18 h 30 sera réactivée la «Table-Langue», une installation de Jorge Menna Barreto déjà présentée en 2019. Illustrant la présence de l’art dans le quotidien des résidents à Utopiana, elle montre comment la cuisine devient espace de recherche et jette un pont entre les écosystèmes de la maison et du jardin.
Jusqu’au 23 avril au Commun, 10, rue des Vieux-Grenadiers. Programme sur 1000ecologies.ch
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