Événement à GenèveManifestation contre la hausse des primes maladie
La gauche et les syndicats appellent à descendre dans la rue samedi contre les nouvelles cotisations. Ils réclament l'instauration d’une caisse unique publique.

Gauche de la gauche, Verts, socialistes, syndicats et plusieurs associations, dont l’Avivo, se sont réunis ce mardi pour dire «non» à la hausse des primes maladie, fixée à 9,1% pour Genève en 2024. Ils manifesteront tous ensemble ce samedi. Rendez-vous est donné à 14 h devant la poste du Mont-Blanc.
Paolo Gilardi estime que cette nouvelle augmentation est un coup de massue: «Le coup d'assommoir, nous l’avons subi durant les vingt dernières années, quand les primes de base ont augmenté de 159% à Genève.» Pour le syndicaliste, le Conseil fédéral doit suspendre l’entrée en vigueur de l’augmentation «tant que la lumière ne sera pas faite sur les causes de cette hausse». Gauche et syndicats réclament un moratoire et la création d’une caisse publique unique et sociale, dont les primes seront proportionnelles aux revenus.
Primes fixées par les assureurs
Davide de Filippo, président de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), regrette qu’en cette période d’inflation, les employeurs n’accordent que «quelques miettes d’indexation des salaires, qui ne compensent pas les primes d'assurance, particulièrement pour les bas revenus».
Il s’interroge sur le système actuel: «Quel pays accepterait que des taxes qui pèsent si lourdement sur le revenu des gens soient fixées par un groupe privé?» faisant référence aux assureurs, qui établissent eux-mêmes le montant de l’augmentation.
Millions de subsides
Membre de l'Avivo, Christian Dandrès rappelle que les aînés sont fortement touchés par l’augmentation. Il fustige «un système de santé absolument pas solidaire, où la caissière paie autant pour l'assurance de base que le président de Roche»
De son côté, Stéphane Conus de l’association de lutte contre l’augmentation des primes d’assurances maladies propose d’instaurer une microtaxe de 0,14% sur les transactions économiques.
Jocelyne Haller, d’Ensemble à Gauche, relève que la prime de base a plus que doublé en vingt ans. Cette hausse incite les assurés à contracter une assurance assortie d’une franchise très élevée qui leur interdit, de fait, l’accès aux soins.
«C'est un système de santé absolument pas solidaire, où la caissière paie autant que le président de Roche.»
«Un cinquième de la population n’a pas 1500 francs devant elle pour faire face aux imprévus», ajoute la députée, rappelant que 130’000 Genevois reçoivent des subsides. «Un système de fou», pour lequel l’État a déboursé 602 millions de francs en 2023.
Caisse unique plébiscitée
Pour le socialiste Thomas Wenger, «la coupe est pleine et le ras-le-bol est général» à Genève comme en Suisse. Il rappelle qu’un sondage récent montre que 68% des Romands sont favorables à la caisse unique.
Enfin, la Verte Delphine Klopfenstein Broggini estime que «la majorité de droite bloque les réformes». Selon la conseillère nationale, la question des lobbies touche la santé mais aussi d’autres domaines comme l’agroalimentaire. Et de pointer «une politique de prévention au stade zéro», qui contribue à augmenter les coûts de la santé.
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