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La rédactionEt si on était capables de se calmer un peu?

Quand le vaccin contre le Covid-19 apparaîtra, faudra-t-il le rendre obligatoire? La question est aussi stupidement angoissante que prématurée.

Cela fait quelques jours que je ne cesse d’entendre cette question posée et répétée: faudra-t-il rendre obligatoire le vaccin contre le Covid-19? L’interrogation fait l’objet de multiples débats et les experts sont sommés d’y répondre, sommation d’autant plus impérieuse que des sondages révèlent déjà une réticence supposée forte parmi la population. En France, 54% seulement des gens seraient disposés à se vacciner contre la maladie, un chiffre qu’on retrouve pratiquement à l’identique en Suisse (53%).

D’où une alternative aux apparences inquiétantes: si on laisse la liberté de choix, pourra-t-on véritablement enrayer la pandémie? À l’inverse, si on impose l’obligation, ne va-t-on pas déchaîner la méfiance de la population? Et hop! Une angoisse de plus dans le panier, on en avait bien besoin… Le vaccin était censé apporter l’espoir, voilà qu’il ne trimballe que des problèmes.

«Savez-vous déjà ce que vous déciderez en janvier, en avril ou en septembre de l’année prochaine?»

Bon. Un détail me frappe. Peut-être y êtes-vous sensibles vous aussi. De quel vaccin parle-t-on? Celui de la grande industrie Pfizer ou celui de la petite biotech Moderna? Parle-t-on du russe Spoutnik ou du chinois Sinovac? Ou peut-être d’un autre encore des 11 vaccins actuellement entrés en phase 3? Quand seront-ils accessibles, avec quelles garanties, bardés de quels résultats? Ni vous ni moi n’avons la réponse, pas même les plus pointus des experts puisque les procédures d’homologation ne sont pas achevées.

Mais n’en restons pas là. Savez-vous déjà ce que vous déciderez en janvier, en avril ou en septembre de l’année prochaine? Moi, je n’en suis pas sûr. A priori je suis plutôt favorable aux vaccins, mais je ne me précipiterai pas sans être rassuré. Je me ferai mon opinion et pour être franc j’écouterai sans doute ma généraliste et ma femme, car voyez-vous j’ai la faiblesse d’avoir confiance en elles. Mais surtout je jugerai sur pièces, à la lumière d’éléments qui seront alors disponibles et qui aujourd’hui ne le sont pas.

Obligation ou choix

Cela dit et pour être franc, j’ai de la peine à croire que la question soit vraiment pertinente de savoir s’il faut rendre ou non le vaccin obligatoire. De deux choses l’une: soit les études prouvent son efficacité et les gens y viendront spontanément avec gratitude, soit des failles ou des effets indésirables apparaissent et l’idée d’une obligation serait absurde.

On verra en janvier, en avril ou en septembre. Peut-être me trompé-je, mais j’ai l’impression que les choses se passeront alors beaucoup plus simplement que les débats angoissants d’aujourd’hui ne le laissent entendre. En politique comme ailleurs, il y a parfois une qualité très précieuse, celle de savoir garder son calme. Nous avons suffisamment d’inquiétudes pour ne pas y ajouter des questions oiseuses et prématurées auxquelles on ne peut répondre.

12 commentaires
    Hubert Setzer

    Obligatoire, pourquoi? Quand un vaccin acceptable sera disponible, que chacun fasse ce qu'il veut, en sachant que: infecté non vacciné en dessous de 60 ans: quasi zéro risque; infecté non vacciné de plus de 60 ans: 1 risque sur 6 d'en mourir (valable en Suisse). Chacun pourra décider. On pourra lever toutes les mesures. En cas d'engorgement des hôpitaux, ceux qui auront pris le risque de ne pas se faire vacciner ne devraient logiquement pas être prioritaires. Perso, je n'hésiterai pas 1 seconde à me faire vacciner, même si je ne suis pas à risque, pour contribuer au retour global à une vie et à des rapports humains normaux.