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GenèveÉpicerie gratuite pour étudiants fauchés

Pour lutter contre la précarité, des colis alimentaires seront proposés chaque jeudi aux étudiants des HES et de l’Université de Genève.

Mélanie Chabert et Orianne Greder ont développé l’idée d’un local solidaire au cours d’un module libre de la Haute École de travail social.
Mélanie Chabert et Orianne Greder ont développé l’idée d’un local solidaire au cours d’un module libre de la Haute École de travail social.
Pierre Albouy

Ce n’est pas une farce, mais «La Farce». Dans cette nouvelle épicerie genevoise, tout est… gratuit! Afin d’agir contre la précarité estudiantine, Mélanie Chabert et Orianne Greder, deux étudiantes en troisième année de la Haute École de travail social de Genève, ouvrent ce jeudi 15 octobre la première épicerie gratuite pour étudiant·e·s de Genève. «Depuis le Covid et la queue aux Vernets pour des denrées alimentaires, on ne peut plus faire semblant que la précarité n’existe pas à Genève. Et celle qui touche les étudiant·e·s est encore sous-estimée», lance Mélanie Chabert.

Mais le projet de l’épicerie gratuite n’a pas attendu la pandémie pour germer. Les deux Genevoises se sont inspirées d’étudiantes bretonnes qui ont ouvert en janvier 2019 une épicerie similaire à l’Université Rennes 2, sur un campus qui compte 42% de boursiers. Triste succès, l’échoppe ne désemplit pas, elle accueille jusqu’à 200 étudiants, trois fois par semaine. L’idée a fait des petits: bientôt Rennes 1, Nantes et Montpellier devraient ouvrir un local similaire. Mais Genève les a prises de vitesse.

Jeudi entre 17 h et 19 h

Moyennant une cotisation annuelle de 20francs et une inscription, les étudiants des Hautes Écoles spécialisées du canton et de l’Université de Genève pourront venir chercher gratuitement un colis alimentaire chaque semaine. À cause des risques sanitaires, le projet de rayons en libre-service a été mis de côté. Un sac préparé avec des invendus de fruits, légumes et produits secs offerts par des commerces de proximité, des grossistes ou encore des marchés leur seront distribués. Et à l’avenir, si possible, de la viande et des produits d’hygiène.

Dans un premier temps, La Farce sera ouverte uniquement le jeudi soir de 17h à 19h dans les locaux de la Haute École de travail social Genève (HETS) à la rue Prévost-Martin 28. L’association reçoit le soutien de différents sponsors et la banque alimentaire Partage interviendra de manière ponctuelle ces prochains mois. L’épicerie sera tenue par des bénévoles, étudiants ou non, en charge de l’installation, des ramassages, de l’accueil et de la distribution des denrées.

L’épicerie vise aussi à lutter contre le gaspillage alimentaire.
L’épicerie vise aussi à lutter contre le gaspillage alimentaire.
Pierre Albouy

Contrat de confiance

Car la demande est là. Lors d’un sondage réalisé par les deux initiatrices auprès de 400 étudiant·e·s, 84,9% d’entre eux disent qu’ils auraient recours à une épicerie solidaire si celle-ci existait. Actuellement, plus de 250 personnes sont déjà inscrites et 106 bénévoles enregistrés. Autre avantage du projet: il ne sera demandé aucun justificatif financier aux futurs bénéficiaires, afin de pallier les éventuels effets de seuils. Seul document à présenter: sa carte étudiante.

«Il est très difficile de prouver la précarité étudiante et chaque personne a des relations familiales ou des difficultés financières différentes. Sans compter qu’il est compliqué pour nous de demander à un ami de classe son revenu et sa fortune, explique Mélanie Chabert. Elles ne craignent pas les abus car venir dans une épicerie solidaire n’est pas anodin.

Pourquoi ce nom, «La Farce»? Des discussions sont en cours au niveau politique concernant la reprise du bâtiment de l’ancienne Comédie dans le but d’y ouvrir une Maison des étudiant-e-s. «Après la Comédie et l’association estudiantine «la Tragédie», «la Farce» allait de soi», se souvient Orianne Greder. En attendant un feu vert potentiel, l’épicerie a pris ses quartiers dans les locaux de la HETS, mis à disposition gratuitement par l’établissement. Outre le pan alimentaire, La Farce se veut un lieu de vie, où s’échangeront conseils et moments de partage.

2 commentaires
    jean

    Étudiant gratuit pour épicerie fauchée serait peut-etre plus utile...