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L’éditorialEnfin une bonne nouvelle

La bonne nouvelle de la semaine? La facture de la pandémie est moins lourde que prévu pour les finances fédérales. Les Suisses vont s’en tirer sans hausse d’impôts ni paquet d’économie. La dette de la Confédération augmentera bien de 23 à 36 milliards, mais ça reste moitié moins qu’envisagé il y a quelques mois. Notre ministre des Finances, Ueli Maurer, s’attend même à un retour à l’équilibre en 2024, et la dette devrait être épongée à moyen terme. Voilà qui nous réjouit. Outre la bonne santé de l’économie, c’est du côté du frein à l’endettement qu’il faut aller chercher la cause de cette réalité joyeuse. Souvent critiquée, cette politique d’austérité réaliste a permis à la Suisse de réduire sa dette depuis 2003 et d’affronter sereinement une situation de crise telle qu’on la vit aujourd’hui.

Pouvoir absorber une telle claque financière si facilement va donner des arguments à beaucoup de monde. Pourquoi ne pas décider d’être moins frileux? Pour éradiquer par exemple la paupérisation et les files d’attente des colis du cœur à 20 fr.? Notre capacité financière nous permettrait aussi de donner des réponses concrètes et audacieuses aux problématiques soulevées par la rue depuis l’année dernière. L’égalité des sexes est à la traîne, une énième fois. Les réformes climatiques peinent elles aussi à prendre la mesure de l’urgence. On entend peu parler de la problématique des crèches. La Suisse n’atteint pas les objectifs d’aide au développement qu’elle s’est elle-même fixés.

L’argument de la dette Covid va tenir quelque temps. Ensuite, il sera difficile de fermer les yeux. Il faudra se demander si notre approche frileuse des défis à long terme a vraiment du sens. Depuis mars, on constate qu’une politique musclée porte aussi ses fruits.