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Expérience numériqueEn 2021, le vin se déguste derrière un écran

Avec des cours d’œnologie en ligne, Genève-Terroir innove. Quelques couacs informatiques mais la formule fait des heureux.

Le groupe de huit collègues tente de déceler les arômes du chasselas.
Le groupe de huit collègues tente de déceler les arômes du chasselas.
Steeve Iuncker-Gomez

«Est-ce que tout le monde peut couper son micro et me faire signe que vous m’entendez?» Si l’injonction n’étonne plus dans les réunions professionnelles ou à l’Université, elle peut surprendre dans le cadre d’un cours d’œnologie. Pourtant, soucieux de se réinventer à une époque où le présentiel n’est plus une norme, Genève-Terroir propose désormais des cours dœnologie 2.0, entièrement en ligne. Mercredi 24 mars, Guillaume et ses collègues, ravis d’avoir trouvé une alternative aux traditionnels afterworks en terrasse, participaient à la formation sur la vinification.

Sur la table de Guillaume, les huit bouteilles reçues par la Poste quelques jours auparavant. Un paquet envoyé par Genève-terroir, comprenant également cinq crachoirs en carton, deux paquets de grissini et un tire-bouchon. Le tout pour 180 francs. À 18 h 30 tapantes, la réunion est lancée. Cinq groupes prennent part au cours. Une plongée dans les salons des uns et des autres par écrans interposés où l’on découvre des couples, des familles et d’autres groupes d’amis.

L’appel du chasselas

Les problèmes techniques retardent la mise en place mais Stéphane, vigneron genevois, peut enfin commencer à détailler les étapes de vinification. La partie théorique dure environ 45 minutes, appuyée par un PowerPoint. Autour de la table de Guillaume, certains discutent discrètement, d’autres tapotent sur leurs téléphones. Difficile de rester concentré si longtemps derrière un écran. Mais Stéphane réveille tout le monde en annonçant l’heure d’ouvrir la première bouteille: un chasselas. Tous les groupes sont invités à déguster, discuter entre eux puis partager leurs observations avec l’ensemble de la réunion. Mais les aléas des connexions internet compliquent le dialogue.

«Moins peur du jugement»

Au fil des bouteilles, trois blancs, trois rouges, un rosé et un champagne, les rires prennent de l’ampleur et la concentration se dissipe. Le cours prend un peu de retard et une famille s’éclipse en s’excusant: son repas est prêt. Moins captivante, l’œnologie à distance? «Pas vraiment, répond Guillaume. J’ai l’impression qu’il y a moins d’interactions entre les groupes mais c’était un super moment entre nous, en cercle plus privé.»

Un bilan plutôt positif donc, avec même quelques avantages au format virtuel: «Comme notre micro était coupé, on n’avait pas peur du jugement des inconnus et on essayait de deviner les goûts et arômes», confie Guillaume. «En revanche, moi, je n’ai pas osé prendre la parole pour poser une question au prof. Je pense que je serais intervenu davantage en présentiel», nuance son collègue Cédric. Comme pour toutes les activités, le numérique a son lot d’avantages et d’inconvénients. Pour les plus nostalgiques des œnologues en herbe, il reste deux cours: le 14 avril sur les cépages blancs et le 28 avril autour du vin rouge.