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Notre histoireEn 1920, Charles Giron fait courir les foules au Musée d’art et d’histoire

Un peintre de style pompier intéressait le MAH il y a cent ans. On l’a oublié bien qu’il soit l’auteur du grand mural de la salle du Conseil national au Palais fédéral à Berne.

Charles Giron (1850-1914) au milieu de ses œuvres.
Charles Giron (1850-1914) au milieu de ses œuvres.
DR

Du 24 avril au 16 mai 1920, le Musée d’art et d’histoire (MAH) consacre les trois grandes salles du fond de la galerie des Beaux-Arts, ainsi que quelques-unes des salles latérales, à la rétrospective de l’œuvre de Charles Giron, décédé en 1914. Une exposition que les Zurichois ont vue avant les Genevois, au Kunsthaus pendant le mois de février. C’est dire quelle importance les décideurs culturels d’il y a cent ans accordaient à un artiste aujourd’hui oublié. Seule la grande toile «L’Éducation de Bacchus», récemment restaurée par le MAH, a fait reparler de Charles Giron il y a une année pendant l’exposition «Métamorphoses». Ce tableau daté de 1879 est de ceux qui reçoivent à la fin du siècle le qualificatif de «pompier», terme péjoratif utilisé par les ennemis de l’académisme encore tout-puissant en France. L’un de ses représentants est Alexandre Cabanel, dans l’atelier duquel Charles Giron s’initie à la grande peinture à Paris. Né à Genève en 1850 dans un milieu modeste, le jeune rapin aurait pu faire une tranquille carrière de peintre sur émail pour l’industrie horlogère. Mais ce garçon aspire à autre chose. Entrer chez Cabanel, ce n’est pas rien. Ce Montpelliérain monté à Paris en 1839 est très connu depuis que sa crémeuse «Naissance de Vénus» a tapé dans l’œil de l’empereur Napoléon III, qui l’a achetée en 1863. On l’admire aujourd’hui au Musée d’Orsay.

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