AboElectrochoc pour l'UE
Après la Ville Lumière, Daech a frappé le cœur de l'Europe et de ses institutions, Bruxelles. Au moins trente morts et des centaines de blessés. On savait que c'était possible, voire probable. Depuis Paris le 13 novembre dernier, il ne s'est pas passé une semaine sans attaque meurtrière. En Tunisie, au Burkina Faso, en Turquie à plusieurs reprises. Si souvent que ces actes de terreur lointains s'étaient presque banalisés.
Les attentats de Bruxelles rappellent de la plus morbide des façons, et au désespoir de tous les citoyens vivant en démocratie, que l'Europe est devenue le champ de bataille privilégié des combattants de Daech. Traquée, blessée, la bête ne se débat que plus violemment encore. La vie d'un kamikaze ne vaut rien, seul le message compte. Terriblement clair, une fois encore. Il tient en trois points qui se déclinent comme autant de pieds de nez à la face de l'ennemi: Vous avez arrêté Salah Abdeslam? Nous ne nous arrêterons pas. Vous avez crié victoire? Nous fixons les règles du jeu. Vous nous mettez toutes les polices du monde sur le dos? Insaisissables, nous continuerons d'opérer sous vos yeux. Leur réservoir de bombes humaines paraît en effet inépuisable.
L'Etat islamique renvoie l'Europe à son impuissance. Insoutenable message de terreur. Une Europe abasourdie. Que peut-elle faire? Ne pas lâcher, il faut le répéter. Combler les failles de son renseignement. Mieux coopérer. Les attentats de Paris ont montré que les gouvernements possédaient l'information pour déjouer les attentats mais que cette dernière n'était pas, ou que partiellement partagée. L'Europe n'a d'autre chance de faire face qu'en rassemblant ses forces et ses moyens.
Or, l'UE est en désunion. La crise des migrants n'a fait qu'approfondir les divergences et alimenter les égoïsmes nationaux. Les polémiques enveniment les relations entre Etats victimes du terrorisme. La Belgique est-elle le maillon faible de l'Europe de la sécurité? La France est-elle une machine à produire des radicalisés? Gouvernants et politiques de tous bords ne résistent pas à la tentation de la charge politicienne, quitte à faire le lit des islamistes.
On peut craindre qu'ajoutée aux flux déstabilisants des migrants, au Brexit et à un euroscepticisme viral la menace terroriste ne précipite la désagrégation de l'Union. Mais parions à l'inverse que l'électrochoc terroriste contribue à ressouder l'UE. Car il n'y a pas d'issue solitaire au défi ultime de la lutte contre l'extrémisme.
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