En génie du marketing, l'UDC récupère les migrants

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Il y a très exactement quatre ans, l’UDC marquait le pas après deux décennies de progression ininterrompue. Un tournant? Non, un simple hoquet de l’histoire. Le parti de Christoph Blocher est de retour. En force. Avec onze sièges de plus au Conseil national. En même temps, les nouveaux petits partis du centre qui avaient fait l’événement en 2011 s’effondrent. A quelques nuances près, l’«erreur» est corrigée. L’UDC mène le bal alors que le PLR retrouve toutes ses couleurs et que les Verts poursuivent leur dégringolade.

Les raisons de ce regain du parti de la fermeture? L’afflux des migrants syriens a certes joué en sa faveur. Mais uniquement parce que l’UDC a joué sa carte avec une finesse qui n’est pas sa marque de fabrique. Au lieu de leurs coups de gueule habituels, les candidats se sont tus. Ils ont même montré de la compassion, sans lâcher sur le fond. Les Suisses pouvaient donc voter UDC sans rougir pour endiguer la montée du péril. Les Blocher, Köppel et autres Freysinger, génies du marketing, rassurent en cette période d’instabilité migratoire et économique. Ils disent sauver la Suisse en la figeant. Une vaste supercherie mais si bien enrobée. Le miracle de la réussite de ce petit pays au milieu de l’Europe tient à sa capacité d’adaptation, non à sa cryogénisation.

Alors, demain la révolution? Non. La Suisse est, par nature, un pays à mutation politique lente. Reste que les résultats d’aujourd’hui font qu’il sera encore plus difficile demain de négocier le tournant énergétique; que l’après 9 février paraît un peu plus bouché encore; que nous nous éloignons un peu plus de l’UE; que les deux Chambres du parlement auront encore davantage de peine à trouver le consensus, pilier de notre système.

L’impact le plus tangible se manifestera dès aujourd’hui. L’UDC se trouve en position de force pour exiger un deuxième siège au Conseil fédéral. L’avenir d’Eveline Widmer-Schlumpf, qui s’appuie sur un centre désormais fantôme, n’a jamais été aussi incertain.

Les négociations seront serrées. Comme à Genève où le PLR et l’UDC, tous deux en progression, vont tenter de trouver une voie pour cumuler leurs voix avec l’espoir de ravir un siège à la gauche (Maury Pasquier/Cramer) au 2e tour des élections au Conseil des Etats. Autant réinventer la formule magique.

Créé: 18.10.2015, 21h58

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