Une bien étrange campagne

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Cette élection au Conseil fédéral aurait dû se passer comme sur des roulettes. Premier parti de Suisse, l’UDC est légitimé à réclamer un deuxième siège au Conseil fédéral. Raison politique ou fatigue du pouvoir, Eveline Widmer-Schlumpf s’est retirée sans faire d’histoires. Et l’UDC a pu lancer dans la course plus d’étalons que les partis n’ont coutume d’en faire galoper pour chauffer la piste.

Pourtant, le choix du ticket a semé le trouble. Et à trois jours du vote, rien n’est encore décanté. Faut-il chercher une alternative? Avec quels risques? Mais surtout avec qui et pour quels projets? Il n’y a pas de réponse à aucune de ces questions. A défaut de pronostics – il serait ridicule d’en faire – il est temps de tirer quelques leçons de cette étrange campagne pour le Conseil fédéral.

La première, c’est que l’ouverture linguistique proposée par l’UDC avec ses trois candidats n’a aucune légitimité. C’est donc un faux choix! Les Romands le savent, le siège qui est à repourvoir n’est pas le leur. Aucun mouvement ne s’est organisé autour du Vaudois de ce côté-ci de la Sarine. Et si Guy Parmelin devait s’imposer, ce serait pour des raisons politiques – un profil moins abrupt, davantage d’expérience – et non des motifs linguistiques.

La deuxième, c’est que malgré le malaise qui s’épaissit, aucun grand parti ne conteste à l’UDC le droit à un deuxième siège. Sérieuses ou fantaisistes, les candidatures alternatives au trio officiel sont toutes UDC. Signe d’un réel désir de normaliser les relations avec la droite nationaliste.

La troisième, c’est que si l’UDC veut davantage de pouvoir, elle n’est pas prête à faire des concessions pour en obtenir. La menace reste toujours la seule réponse de Toni Brunner aux questions et aux doutes légitimes que pose le choix de son parti.

C’est bien la quadrature du cercle qui attend les 246 parlementaires qui voteront mercredi.

Créé: 06.12.2015, 22h21

Articles en relation

Guy Parmelin: «Il y aura encore des coups bas et des surprises. Je reste zen»

Election au Conseil fédéral Interview A quatre jours d'une élection qui pourrait l’amener au gouvernement, l'UDC vaudois Guy Parmelin se confie Plus...

L’English of Guy Parmelin fait réagir a lot

Course au Conseil fédéral Le candidat UDC vaudois au Conseil fédéral se fait railler pour son anglais. Mais nombre de collègues le défendent aussi. Plus...

Aeschi parle de sa vache et de ses buts politiques

Election du Conseil fédéral Le jeune businessman zougois s’est payé une vache d’Hérens qu’il adore. Ce qu’il aime moins, c’est la «soumission» du Conseil fédéral envers l’Union européenne. Interview. Plus...

Le parlement, embarrassé par l'UDC, cherche une stratégie

Course au Conseil fédéral A une semaine de l'élection du Conseil fédéral, une partie du législatif reste mal à l'aise face au ticket UDC. Plus...

Le trio UDC n’a pas convaincu d’emblée

Election au Conseil fédéral Guy Parmelin, Norman Gobbi et Thomas Aeschi, ont passé leur grand oral mardi devant les groupes parlementaires. Mais ils n'ont pas reçu leurs notes. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Mort de Poulidor
Plus...