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Nouveau Conseil fédéral (direct)Pierre-Yves Maillard «ne rêve pas» de succéder à Alain Berset

Elisabeth Baume-Schneider, l’élection historique d’une Jurassienne

La Suisse a écrit mercredi une nouvelle page de son histoire. Le Parlement a élu pour la première fois une Jurassienne au Conseil fédéral. Inattendue, la victoire d’Elisabeth Baume-Schneider offre aux Latins une majorité au gouvernement.

La voie semblait dégagée pour Eva Herzog. Bâloise, elle aurait dû récupérer le siège alémanique laissé vacant par Simonetta Sommaruga. La sénatrice se positionne par ailleurs à l’aile progressiste du parti socialiste. Elle a notamment défendu avec vigueur la troisième réforme de l’imposition des entreprises, combattue par les siens. La majorité bourgeoise du Parlement aurait dû être séduite.

Joviale et accessible

C’était sans compter le profil atypique de sa concurrente. Elisabeth Baume-Schneider parle certes français, mais elle maîtrise aussi parfaitement le suisse-allemand. Elle est fille d’agriculteurs et habite aux Breuleux, un village de quelque 1500 habitants. Or le Jura, dernier arrivé, n’a jamais eu de conseiller fédéral.

Le canton fait partie des régions dites périphériques. Et il a été touché de plein fouet par la crise horlogère. Des éléments qui ont pu jouer en sa faveur auprès des paysans et des ruraux. A l’inverse, Bâle-Ville est un canton riche et urbain. Une petite rivalité ville-campagne s’est dessinée ces dernières semaines.

La socialiste de 58 ans apparaît aussi comme plus joviale, accessible et authentique que sa concurrente. Elle égare les feuilles de ses discours, ou les phrases préparées spécifiquement pour les Italophones, sans s’en cacher. Et elle saute de joie lorsqu’elle apprend son élection.

Devant le Parlement, la délégation jurassienne n’a pas non plus caché son émotion. Elle a accueilli le résultat avec force cris, tout en entonnant la rauracienne. Une telle présence est le signe, pour Elisabeth Baume-Schneider, que le Jura n’est plus dans la résistance. Il aime être pris au sérieux. «Nous sommes là pour travailler pour et avec la Suisse.»

Élection de justesse

L’outsider n’a toutefois passé la rampe que de justesse. Elle a tout juste recueilli la majorité absolue de 123 voix, et seulement au troisième tour. Eva Herzog obtient 116 bulletins. Elle échoue donc une deuxième fois à entrer au Conseil fédéral, douze ans après sa première tentative.

D’aucuns pourraient aussi avoir élu la Jurassienne, avec en arrière-pensée des calculs politiques. Quatre Latins au Conseil fédéral, c’est acceptable. Mais seulement pour une courte période. Le PLR l’a dit et répété, faisant pression en particulier sur le Fribourgeois Alain Berset pour qu’il raccroche rapidement.

Un Alémanique sera élu au prochain départ latin. Si Guy Parmelin s’en va en premier, Céline Amaudruz verrait ses chances se réduire comme peau de chagrin. Pierre-Yves Maillard aurait lui toutes les peines du monde à remplacer Alain Berset. Un Alémanique lui serait privilégié. Et pourquoi pas Daniel Jositsch?

Le Zurichois s’est annoncé candidat pour succéder à Simonetta Sommaruga contre la volonté de son parti de présenter un ticket exclusivement féminin, avant de se rétracter. La droite du Parlement n’a toutefois pas manqué de manifester son mécontentement face à l’exclusion des candidatures masculines, en lui attribuant des voix. Daniel Jositsch a obtenu 58 voix au premier tour, puis 28 et 6.

Pont entre les communautés

Animée d’une fibre militante, Elisabeth Baume-Schneider s’est jusqu’à présent engagée pour une société plus juste et fait de la défense des personnes les plus vulnérables sa priorité. Ces motivations l’accompagneront au Conseil fédéral. Elle veut être un pont entre les villes et les campagnes, la population et les autorités, mais aussi entre les générations et entre les communautés.

La Jurassienne se réjouit d’assumer ses nouvelles responsabilités et de travailler «avec passion et sans relâche» à la prospérité du pays. Elle n’entend toutefois pas s’éterniser. L’âge de la retraite semble un bon moment pour se retirer, à moins qu’un dossier important la maintienne encore une ou deux années au Conseil fédéral. «Je ne suis pas là pour me faire trop de mal quand même.»

Le Jura entre au gouvernement avec Elisabeth Baume-Schneider

Le Jura fait son entrée au Conseil fédéral. L’Assemblée fédérale a créé mercredi la surprise en élisant la socialiste Elisabeth Baume-Schneider. L’UDC Albert Rösti a lui passé sans problème au premier tour.

La succession de Simonetta Sommaruga s’est ponctuée par un énorme rebondissement. La Jurassienne Elisabeth Baume-Schneider, qui aura 59 ans à Noël, a obtenu au troisième tour de scrutin 123 voix sur 245 bulletins valables. Avec elle, les Latins obtiennent la majorité au gouvernement.

Eva Herzog, pourtant favorite tout au long de la course au Conseil fédéral, a obtenu 116 voix. La sénatrice jurassienne a fait la course en tête dès le premier tour de scrutin. Mais les voix se sont distribuées sur un troisième candidat non officiel en la personne de Daniel Jositsch.

Le sénateur zurichois s’était porté candidat avant de se retirer pour laisser la place à un ticket entièrement féminin, selon la volonté de la direction du PS. Une décision qui n’a apparemment pas été du goût de certains parlementaires de droite. Le Zurichois a obtenu 58 voix au premier tour, 28 au deuxième et 6 au dernier.

«Avec passion»

Dans son allocution devant le Parlement, Elisabeth Baume-Schneider a dit vouloir s’engager «avec passion et sans relâche» dans sa nouvelle fonction. La force d’un peuple se mesure au bien-être des plus faibles. Cette phrase de la Constitution a guidé l’engagement de la Jurassienne et continuera à le faire, a-t-elle assuré.

Avec l’élection d’Elisabeth Baume-Schneider, le Jura a son premier représentant au Conseil fédéral 44 ans après son entrée dans la Confédération. Et les cantons latins deviennent majoritaires avec quatre représentants. Une situation que certains veulent absolument temporaire. Le PLR a lancé un avertissement en ce sens au PS.

L’UDC sans suspense

Pour l’UDC, les choses ont été réglées en un coup de cuillère à pot. Comme beaucoup le prévoyaient, le duel entre le Bernois Albert Rösti, 55 ans, et le Zurichois Hans-Ueli Vogt pour succéder à Ueli Maurer s’est conclu en un tour. L’ultra favori a obtenu 131 voix sur 243 bulletins valables. Hans-Ueli Vogt en a obtenu 98.

Le nouvel élu s’est dit prêt à s’engager pour le bien-être de la population et ses acquis. Il se voit porteur de grandes responsabilités à assumer pour les générations futures. Sans oublier la nécessité de tenir compte des uns et des autres, au-delà des frontières cantonales et linguistiques.

Répartition des départements jeudi

Devant la presse mercredi après-midi, les deux candidats n’ont pas dévoilé leur souhait de département. Une première discussion sur la répartition des dicastères a lieu jeudi.

Albert Rösti a rappelé les multiples défis auxquels la Suisse fait face, tels l’équilibre budgétaire, l’approvisionnement énergétique, les relations avec l’UE ou l’armée. Il est prêt à apporter sa contribution.

Connu pour ses nombreux mandats de lobbyiste, il a assuré qu’il n’y avait pas de problème. «À partir du 1er janvier, je ferai de la politique en toute indépendance». Il abandonnera tous ses mandats d’ici la fin de l’année.

Elisabeth Baume-Schneider a également rappelé les nombreux problèmes du moment, avec la guerre en Ukraine, le risque de pénurie d’énergie ou le pouvoir d’achat en baisse. «Nous devons maintenant travailler ensemble», a-t-elle dit.

Les deux élus ont été chacun questionnés sur la majorité latine qui règne désormais au sein du gouvernement. Pour le Bernois, cela ne va pas changer les choses sur le fond. «C’est aussi une chance culturelle d’avoir une telle majorité. La Jurassienne se voit elle comme une bâtisseuse de ponts entre les villes et les campagnes. «Il ne faut pas se monter les uns contre les autres», a-t-elle répondu.

«Le Jura n’est plus dans la lutte»

Interrogé si l’élection simultanée d’un Bernois et d’une Jurassienne signifiait que la question jurassienne était définitivement réglée, Albert Rösti a répondu: «J’en suis sûr». Elisabeth Baume-Schneider a elle répondu: «Le Jura n’est plus dans la lutte, mais est désormais de la partie.»

Albert Rösti et Elisabeth Baume-Schneider sont respectivement les 120e et 121e ministres. La Jurassienne est la dixième conseillère fédérale.

Une débâcle pour la direction du PS

Le site conservateur alémanique Nebelspalter qualifie l’élection d’Elisabeth Baume-Schneider de «débâcle"pour la direction du PS. La Bâloise Eva Herzog aurait été une figure de gauche plus forte, mais la Jurassienne a profité de la vengeance de Daniel Jositsch, exclu du ticket officiel, analyse le rédacteur en chef Markus Somm

S’il avait été loyal, le socialiste zurichois serait monté à la tribune pour demander au Parlement de ne plus lui accorder une seule voix. Ce qu’il n’a pas fait, avec la conséquence qu’il a récolté des voix à chaque tour. Une attitude qu’on ne peut peut-être pas lui reprocher, vu les humiliations infligées par son parti lors de ce processus de succession, juge Markus Somm.

Elisabeth Baume-Schneider, que personne ne connaissait il y a quelques semaines encore en Suisse alémanique, a tiré profit de la situation. Elle a su séduire les conservateurs du Parlement, notamment dans les rangs paysans, pointe encore le Nebelspalter.

Perte d’équilibre confédéral, selon le Tages-Anzeiger et Watson

La Suisse alémanique sera clairement sous-représentée dans le prochain Conseil fédéral, déplorent le Tages-Anzeiger et le site alémanique Watson. Pour le quotidien zurichois, ce mercredi d’élection n’est «pas un bon jour pour la Suisse». Le Parlement devra corriger cette situation l’an prochain.

Elisabeth Baume-Schneider et Albert Rösti sont des personnalités hautement qualifiées, mais «la Suisse alémanique urbaine n’est plus représentée» dans le nouveau Conseil fédéral, dénonce le Tages-Anzeiger. Le gouvernement comptera désormais trois Romands, un Tessinois et deux représentants de cantons bilingues, la Valaisanne Viola Amherd et le Bernois Albert Rösti.

«Jamais dans l’histoire», la Suisse alémanique, qui compte 70% de la population du pays, n’a été aussi sous-représentée, ajoute le «Tagi». Quant aux grandes villes comme Zurich et Bâle – les «véritables moteurs de progrès du pays» -, elles ne seront tout simplement plus représentées.

«Dommage irréparable»

Sur sa version alémanique, le portail d’informations Watson estime pour sa part que l’élection de la successeure de Simonetta Sommaruga a provoqué un «dommage irréparable». La composition du Conseil fédéral sera «extrêmement unilatérale», la Suisse alémanique à l’est de Berne n’étant plus représentée que par Karin Keller-Sutter, critique-t-il.

Selon lui, il y a longtemps que les émotions n’avaient pas été aussi vives après une élection au Conseil fédéral. Alors que les paysans rayonnaient, les représentants des cantons urbains et financièrement forts étaient frustrés, voire furieux. Cela concernait aussi bien les Bâlois que les Zurichois. Ils avaient d’ailleurs toutes les raisons de le faire, souligne le site.

Pour le Tages-Anzeiger, l’élection d’Elisabeth Baume-Schneider et d’Albert Rösti change la donne: Alain Berset, ministre de la santé depuis onze ans, et le ministre de l’économie Guy Parmelin, 63 ans, doivent rester dans leurs départements – et se retirer en 2023, lors de la réélection générale du gouvernement.

Elisabeth Baume-Schneider, une «sacrée suprise» pour Le Temps

L’élection d’Elisabeth Baume-Schneider au Conseil fédéral constitue une «sacrée surprise», estime Le Temps dans un commentaire vidéo. La Berne fédérale n’avait plus connu une telle surprise depuis l’éviction de Christoph Blocher et l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf.

La Jurassienne a certainement profité d’une conjonction de plusieurs facteurs, commente le quotidien: une volonté d’affaiblir le PS à une année des élections fédérales, une façon de faire comprendre à Alain Berset qu’il est temps de laisser sa place ou un moyen de stopper les ambitions fédérales de Pierre-Yves Maillard. Sa personnalité très accessible a aussi pesé face à une Eva Herzog «assez sèche».

«Ce qui pose un peu question, outre la surreprésentation linguistique, c’est la question des villes», ajoute le journal. Le Conseil fédéral ne comprendra plus de représentant des grandes villes, «et c’est un thème dont il faudra parler».

L’élection à la présidence d’Alain Berset reléguée au second plan

L’élection des deux nouveaux conseillers fédéraux, le Bernois UDC Albert Rösti et la Jurassienne PS Elisabeth Baume-Schneider, a relégué l’élection à la présidence du conseiller fédéral fribourgeois Alain Berset au second plan. Une délégation de son canton a pourtant fait le déplacement à Berne.

Peu avant 7h mercredi, une équipe francophone arrive devant l’entrée des visiteurs. Des conseillers d’Etat jurassiens et fribourgeois en font partie, constate une journaliste de Keystone-ATS.

Comme la candidature d’Elisabeth Baume-Schneider est dans toutes les pensées, la première idée qui vient à l’esprit renvoie à l’amitié entre Fribourg et le Jura. Mais non, les autorités fribourgeoises sont là pour l’élection à la présidence de la Confédération de l’un des leurs, le socialiste Alain Berset.

Plus tard, alors qu’une agitation générale règne sous la Coupole fédérale peu après l’élection surprenante de la candidate socialiste jurassienne, trois hommes en «bredzon», le costume traditionnel fribourgeois, détonent au milieu des parlementaires et des journalistes en effervescence, à quelques mètres de la salle des pas perdus.

«On est là pour l’élection d’Alain Berset», détaille l’un d’eux. «Je viens de Belfaux, je connais sa maman.» Et de demander: «Il n’a pas encore été élu, ou bien?» Non, à ce moment-là, le ministre n’a pas encore été élu président. À l’étage supérieur, près de l’entrée de la tribune des visiteurs, délaissée par les supporters jurassiens partis célébrer sur la Place fédérale, des proches du conseiller fédéral fribourgeois, dont son épouse, patientent.

Cors des Alpes et lancers de drapeaux

Encore plus tard, alors que les deux nouveaux élus font le tour des médias audiovisuels pour accorder leurs premières interviews dans leurs nouveaux souliers, l’Assemblée fédérale reprend sa séance, pour faire d’Alain Berset le président de la Confédération, pour la deuxième fois.

Puis, comme le veut la tradition, le principal intéressé, accompagné de sa vice-présidente Viola Amherd, descend les escaliers du hall central du Palais fédéral, avec les honneurs. «Pourquoi c’est Alain Berset qui descend avant Albert Rösti et Elisabeth Baume-Schneider? Ah oui, il a été élu président!" peut-on entendre dans la foule.

En bas des escaliers, celui qui présidera la Suisse en 2023 est accueilli au son de cors des Alpes. Accompagnés de deux lanceurs de drapeaux – un suisse et un fribourgeois -, les cinq musiciens sont tous vêtus du costume traditionnel. Alors que La Rauracienne, l’hymne jurassien, est entonnée sur la Place fédérale, c’est le «Ranz des vaches» qui résonne dans le hall du Palais fédéral.

«Joli cadeau» ou «mauvaise journée": la presse suisse divisée

L’élection d’Elisabeth Baume-Schneider constitue une surprise diversement appréciée par les médias. Alors que les journaux romands saluent l’avènement de la première conseillère fédérale jurassienne, une partie des médias d’Outre-Sarine critiquent la sous-représentation des Alémaniques et des villes.

«Ce mercredi 7 décembre est à marquer d’une pierre blanche», souligne Arcinfo. Elisabeth Baume-Schneider amène de la fraîcheur et des convictions au Conseil fédéral. Ouverte sur le monde et venant d’un Arc jurassien conscient de l’importance des partenariats avec l’extérieur, elle fera souffler un vent nouveau bienvenu alors que la Suisse traverse une période agitée dans ses relations avec l’UE.

«Un joli cadeau»

Le Nouvelliste parle pour sa part d’une «surprise au nom de tous les petits», «à commencer par le Jura». A ses yeux, la future ministre incarne «de nombreuses minorités: les femmes, la gauche, la Suisse romande, les régions périphériques et les agriculteurs».

Le Temps va plus loin et parle d’une «sacrée surprise». La Berne fédérale n’en avait plus vécu de telles depuis l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf à la place de Christoph Blocher, ajoute-t-il.

Les journaux lémaniques se rejoignent pour souligner les questions que pose cette élection: la surreprésentation des latins et l’absence des grandes villes du gouvernement. Pour Le Temps, la disparition de conseillers fédéraux urbains constitue «une question dont il faudra parler».

«Dommage irréparable»

Et une partie de la presse alémanique en parle – et sans mâcher ses mots. Pour le Tages-Anzeiger, cette journée d’élection n’est «pas un bon jour pour la Suisse». Elisabeth Baume-Schneider et Albert Rösti sont des personnalités hautement qualifiées, mais «la Suisse alémanique urbaine n’est plus représentée» au Conseil fédéral.

«Jamais dans l’histoire», la Suisse alémanique, qui compte 70% de la population du pays, n’a été aussi sous-représentée, dénonce-t-il. Quant aux grandes villes comme Zurich et Bâle – les «véritables moteurs de progrès du pays» -, elles ne seront tout simplement plus représentées.

Le portail alémanique Watson dénonce pour sa part une composition «extrêmement unilatérale» du gouvernement. La Suisse alémanique à l’est de Berne n’étant plus représentée que par la St-Galloise Karin Keller-Sutter, ce qui crée un «dommage irréparable». Bâlois et Zurichois ont toutes les raisons d’être furieux, souligne le site.

Manque de vision

Sur les bords du Rhin, la Basler Zeitung parle de «triomphe de la Suisse rurale sur les villes». La défaite de la Bâloise Eva Herzog «est aussi la défaite des villes», ajoute-t-elle. De son côté, le site Cash Online regrette le «manque de vision» de l’Assemblée fédérale avec cette «victoire de la Suisse rurale et agricole sur la région la plus prospère économiquement du pays ces 20 dernières années».

Après son élection surprise, la conseillère aux États jurassienne doit maintenant faire la preuve qu’elle est «plus que gentille et terre à terre», estime la NZZ. Tout en soulignant qu’elle coche toutes les cases exigées par la fonction.

Le monde politique fait corps derrière les deux nouveaux élus

Hormis quelques bémols, les premières réactions politiques aux élections d’Elisabeth Baume-Schneider et Albert Rösti au Conseil fédéral étaient très consensuelles et positives mercredi. Malgré la surprise Baume-Schneider, le microcosme ne semble pas chamboulé.

Les messages de félicitations des partis, sur Twitter notamment, ont afflué, parfois pour les deux élus, d’autres fois pour un(e) des deux seulement.

Parmi les quelques voix acérées qui se sont exprimées, le coprésident du PS Suisse Cédric Wermuth s’est félicité de l’échec de la «mini-révolte macho de l’UDC, du PLR et du Centre», en référence aux 58 voix obtenues au premier tour par le Zurichois Daniel Jositsch.

Réserve radicale

Le parti libéral-radical (PLR) a estimé que la nouvelle majorité latine du gouvernement créait un «déséquilibre régional» qui ne devait se produire «que pour une courte période de transition».

Le chef du groupe socialiste aux Chambres fédérales, le conseiller national vaudois Roger Nordmann, a piqué le PLR en déclarant que la Suisse n’allait pas s’effondrer à cause de cette majorité latine.

Le fait que les grandes villes du pays ne soient plus représentées au gouvernement a fait grincer quelques dents. L’UDC zurichoise a ainsi relevé que «le canton de Zurich ainsi que la Suisse orientale» – semblant oublier la Saint-Galloise Karin Keller-Sutter – «ne sont désormais plus représentées au gouvernement fédéral». Cela place le Conseil fédéral devant «une grande responsabilité et exigera de lui beaucoup de doigté», relève le parti cantonal.

La Conférence des gouvernements de la Suisse du Nord-Ouest se réjouit du fait qu’avec Mme Baume-Schneider, «l’optique du Nord-Ouest en tant que centre économique, d’innovation et centre culturel soit à nouveau présente au gouvernement fédéral». La nouvelle élue connaît bien les problématiques des régions frontalières, souligne la Conférence.

Parmi les quelques voix discordantes à s’être manifestées, la conseillère nationale Elisabeth Schneider-Schneiter (Centre/BL) a dit sur Twitter regretter que «nous ne soyons pas parvenus à élire au moins un représentant d’une région urbaine et forte économiquement».

«Une rassembleuse»

Le président du gouvernement jurassien David Eray a estimé pour sa part qu’Elisabeth Baume-Schneider a su rassembler les forces politiques dans son canton, bien au-delà de la gauche qu’elle représente. «Sa convivialité et sa capacité à trouver des majorités ont contribué à faire la différence», a-t-il dit.

«Dans le canton, tous les partis se sont mobilisés derrière sa candidature, et je sais que même des personnalités jurassiennes de droite se sont engagées pour elle à Berne», a-t-il ajouté.

Les qualités de conciliatrice de la nouvelle élue ont peut-être fait pencher la balance, a poursuivi le ministre jurassien, soulignant la qualité d’écoute de la nouvelle conseillère fédérale, qui avait joué lorsqu’elle était ministre cantonale un rôle-clé dans le règlement de la Question jurassien.

Du côté des organisations, les écologistes d’actif-trafic se sont dits consternés par l’élection d’Albert Rösti. Avec lui, c’est «un véritable lobbyiste du pétrole» qui accède au gouvernement, critiquent-ils.

«Pas de pression sur Alain Berset»

Operation Libero, organisation pro-européenne et «pour une Suisse ouverte», a déploré l’élection d’un «nouveau représentant (en la personne d’Albert Rösti) de ce parti d’extrême-droite qu’est l’UDC». Et d’interpeller le nouvel élu: «M. Rösti, nous attendons de votre parti davantage de respect pour les opinions divergentes et moins d’obstruction».

Interrogé sur l’hypothèse que le nouveau président élu de la Confédération Alain Berset (PS) se trouve désormais sous pression en tant que Romand dans ce gouvernement très latin, le président de l’Union syndicale suisse (USS) Pierre-Yves Maillard ne s’est pas montré inquiet. «Alain Berset est encore jeune, il peut rester en poste encore quelques années. Je ne pense pas qu’il y ait de pression pour une démission rapide de sa part», a dit le dirigeant vaudois à Keystone-ATS.

L’élection de Baume-Schneider est une grande surprise

Pour le politologue bernois Adrian Vatter, l’élection d’Elisabeth Baume-Schneider au Conseil fédéral est «une grande surprise». Un mélange d’intérêts agricoles, de considérations tactiques d’hommes du PS et le caractère sympathique de la Jurassienne ont probablement fait la différence.

Le fait qu'Elisabeth Baume-Schneider ait obtenu 123 voix montre que la décision a encore bougé chez de nombreux parlementaires ces derniers jours, estime le directeur de l’Institut des sciences politiques de l’Université de Berne.

Avant le jour J, son potentiel se situait entre 110 et 115 voix, explique Adrian Vatter à Keystone-ATS. Partant de là, on ne pouvait pas s’attendre à une élection de la Jurassienne.

Le politologue attribue ce succès surprise à trois points. En tant que représentante d’un canton rural, Elisabeth Baume-Schneider est ouverte aux revendications de l’agriculture et a certainement obtenu de nombreuses voix de ces milieux: «Il s’agissait clairement d’intérêts».

De plus, il y a eu des réflexions tactiques de la part d’hommes alémaniques du PS, intéressés à succéder un jour à Alain Berset.

Enfin, la personnalité de la candidate a sans doute aussi joué un rôle. Mme Baume-Schneider a probablement marqué des points grâce à son caractère ouvert, sympathique et facile, en contrepoint de l’attitude plutôt distante et froide d’Eva Herzog, qui lui a sans doute coûté quelques sympathies. «La combinaison de tous ces facteurs fait qu'Elisabeth Baume-Schneider a passé la barre de justesse».

Le fait que de nombreux groupes parlementaires aient décidé de laisser la liberté de vote a probablement aussi désavantagé la favorite Eva Herzog. Moins de parlementaires se sont sentis liés par une doctrine de parti: «Une décision plus libre a ainsi été possible».

Concernant le ticket à deux de l’UDC, «ce à quoi on pouvait s’attendre» s’est produit, selon le politologue. Les 131 voix d'Albert Rösti correspondent à peu près au potentiel attendu. Contrairement aux candidates du PS, il n’y a pas eu pour cette élection de votes de protestation conduisant à un deuxième ou troisième tour.

Adrian Vatter estime que le perdant Hans-Ueli Vogt a bien tiré son épingle du jeu: avec 98 voix, il a épuisé son potentiel.

Mais il est difficile d’être en position minoritaire au sein de son propre parti et de ne pas bénéficier d’un soutien aussi large de la part des autres partis.

Le fait que Hans-Ueli Vogt ne soit plus membre du Parlement depuis 2019, et donc que son réseau et son ancrage ne soient pas aussi importants que ceux d’Albert Rösti a rendu les choses encore plus difficiles. Depuis le retrait de Hans-Ueli Vogt, près d’un tiers du Parlement a été renouvelé.

Selon le politologue, le fait que quatre Latins siègent désormais au Conseil fédéral peut tout à fait conduire à une nouvelle dynamique. La minorité linguistique n’est pas la seule à avoir «gagné», la Suisse rurale l’a également emporté au détriment des centres urbains et des régions frontalières.

D’un autre côté, selon Adrian Vatter, le dossier européen bougerait probablement plus si Eva Herzog avait été élue. Avec les deux nouveaux élus, il ne pense pas «que nous allons vivre une nouvelle dynamique à ce sujet».

Félicitations d'Ignazio Cassis

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Albert Rösti assure vouloir gouverner en toute indépendance

Lors de sa première conférence de presse après son élection, le conseiller fédéral Albert Rösti a souligné le grand respect qu’il a pour la fonction. Peu importe le département dont il héritera, il fera tout pour s’intégrer rapidement. Il fera de la politique en «toute indépendance», a-t-il assuré.

Le Bernois se réjouit de travailler dans le gouvernement d’un pays qui a un haut niveau de bien-être. Et de souligner que la Suisse se trouve dans une bonne situation, avec notamment un taux de chômage bas.

La Suisse doit toutefois faire face à plusieurs défis. Il a mentionné entre autres l’équilibre budgétaire, l’approvisionnement énergétique, les relations avec l’UE et l’armée. Albert Rösti souhaite apporter sa contribution à cet égard.

Questionné sur la non-représentation des grandes villes au Conseil fédéral, Albert Rösti a indiqué que les centres urbains, en tant que moteurs économiques, sont importants. Il entend collaborer avec les gouvernements cantonaux concernés. Il a ajouté qu’il connaît les réalités des villes, ayant longtemps travaillé à Berne et étudié à Zurich.

Questionné sur ses nombreux mandats de lobbyiste, Albert Rösti a assuré qu’ils ne posaient aucun problème pour son activité future. «A partir du 1er janvier, je pourrai faire de la politique en toute indépendance». Il a précisé qu’il quitterait tous ses mandats à la fin de l’année. Le plus difficile pour lui sera de mettre fin à son mandat de président de la commune d’Uetendorf.

Concernant la majorité latine qui règne désormais au sein du gouvernement, le Bernois estime qu’elle ne va pas changer les choses sur le fond. «C’est aussi une chance culturelle d’avoir une telle majorité».

Interrogé si l’élection simultanée d’un Bernois et d’une Jurassienne signifiait que la question jurassienne était définitivement réglée, l’élu UDC a répondu: «J’en suis sûr».

Conférence de presse d'Elisabeth Baume-Schneider

La nouvelle conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider tient une conférence de presse au centre des médias du Palais fédéral dès 14h15.

«Je suis motivée à gagner la confiance de ceux qui ne m'ont pas élus», déclare-t-elle. Elle parle en français, en allemand, mais aussi en italien, pour montrer ses compétences dans les langues nationales.

«J'ai frappé à la porte du Conseil fédéral avec un peu d'audace jurassienne, mais aussi avec une personnalité de femme qui travaille, qui s'engage et j'ai hâte maintenant que la porte m'a été ouverte de prendre mes responsabilités et de travailler avec mes collègues du Conseil fédéral à la prospérité de l'ensemble du pays et de passer du discours à l'action», dit-elle en concluant la conférence de presse.

Interview de notre journaliste parlementaire Lise Bailat

En Suisse-alémanique, tout le monde se retrouve surpris par l'élection de la Romande Elisabeth Baume-Schneider. Notre journaliste parlementaire Lise Bailat répond à ce sujet dans une interview donnée au tagesanzeiger.

Lire également son article: Comment Elisabeth Baume-Schneider peut créer la surprise

Elisabeth Baume-Schneider remercie ses supporters

Elisabeth Baume-Schneider s’est offert mercredi son premier bain de foule quelques heures après son élection au Conseil fédéral. La Jurassienne est venue sur la Place fédérale remercier et saluer ses nombreux supporters.

C’est sous les applaudissements et aux cris d’Elisabeth, Elisabeth que la Franc-Montagnarde, très émue, est venue embrasser des proches et serrer des mains. Ses supporters, qui agitaient des drapeaux jurassiens, l’attendaient fébrilement depuis plusieurs heures dans le froid.

Elisabeth Baume-Schneider s’est alors emparée d’un drapeau avant d’entonner avec la foule la Rauracienne, l’hymne jurassien. Après avoir fait quelques selfies et salué une dernière fois les 150 à 200 personnes massées derrière des barrières métalliques, la Jurassienne s’est engouffrée dans le Palais fédéral.

L’annonce de son élection a été ponctuée par une énorme clameur. «Incroyable», «c’est de la folie» ou «on a gagné» ont été les termes les plus entendus à l’issue du 3e tour de scrutin qui a débouché sur la victoire de la Jurassienne. Certains supporters n’ont pas manqué de sortir la damassine, pour fêter l’élection et pour se réchauffer.

Elle tiendra une conférence de presse à 14h15.

Albert Rösti fêté par les siens sur la Place fédérale

Albert Rösti a été chaleureusement accueilli et fêté par ses proches, connaissances et collègues mercredi sur la Place fédérale à Berne, après son élection au Conseil fédéral. Le nouveau ministre a pris le temps de saluer ses soutiens.

Parmi les supporters accourus, figuraient d’anciens collègues de classe de Frutigen (BE), le club des sonneurs de cloches (Treichlerklub) de la même localité, des parlementaires cantonaux bernois, des citoyens de sa commune d’Uetendorf (BE) mais aussi des agronomes de l’EPFZ.

Radieux, Albert Rösti s’est amusé à prendre des selfies avec la population et a savouré ces instants pendant une trentaine de minutes.

Albert Rösti tient une conférence de presse

Le nouveau conseiller fédéral élu Albert Rösti tient une conférence de presse depuis 13h30.

Il a remercié le parlement pour sa confiance et assure ressentir la responsabilité que lui confère sa nouvelle fonction. Il dit qu'il assumera n'importe quel département.

Deux conférences de presse des nouveaux élus

Les deux nouveaux conseillers fédéraux tiendront deux conférences de presse cet après-midi. Albert Rösti s’exprime dès 13h30 et Elisabeth Baume-Schneider à 14h15 au centre des médias du Palais fédéral.

Pour Eva Herzog, Baume-Schneider sera une «excellente» ministre

La conseillère aux États bâloise Eva Herzog a félicité sa rivale jurassienne Elisabeth Baume-Schneider pour son élection au Conseil fédéral. Elle se dit certaine que la Jurassienne «sera une excellente conseillère fédérale».

«C’est une décision de l’Assemblée fédérale que je respecte absolument et je félicite Elisabeth Baume-Schneider pour son élection», a déclaré la Bâloise à Keystone-ATS.

«J’ai toujours été prudente et j’ai toujours su que ça pouvait tourner dans un sens ou dans l’autre», a précisé Eva Herzog à Keystone-ATS. «Je crois que ceux qui m’ont soutenue et moi-même avons fait tout ce que nous pouvions. C’est le sentiment que j’ai», a-t-elle ajouté.

La conseillère aux États dit être déçue ou fâchée quand elle a l’impression qu’elle aurait pu faire mieux. «Ce n’est pas le cas» cette fois, a-t-elle assuré.

Eva Herzog

De son côté le président socialiste du gouvernement de Bâle-Ville, Beat Jans, a déclaré que «le manque de représentants des grandes villes est un problème mais Elisabeth Baume-Schneider est aussi une représentante de la région du Nord-Ouest. «Elle connaît très bien Bâle et nous avons toujours très bien collaboré. Je la félicite cordialement», a-t-il dit sur RTS.

La Conférence des gouvernements de la Suisse du Nord-Ouest va dans le même sens. Elle se réjouit du fait qu’avec Elisabeth Baume-Schneider, «l’optique du Nord-Ouest en tant que centre économique, d’innovation et centre culturel soit à nouveau représentée au gouvernement fédéral». La nouvelle élue connaît bien les problématiques des régions frontalières et l’importance d’avoir des relations claires avec l’Union européenne», relève dans le communiqué le conseiller d’État argovien Markus Dieth, président de la Conférence.

Baume-Schneider ne dévoilera pas ses souhaits de département

La conseillère fédérale élue Elisabeth Baume-Schneider gardera pour elle ses souhaits de département. Elle respectera les institutions et acceptera la répartition par l’ensemble du Conseil fédéral.

Interrogée par Keystone-ATS, la Jurassienne se dit consciente que «les choses ne vont pas se passer à ma convenance, mais selon les règles institutionnelles (...) Je n’ai aucunement la prétention ou l’impatience de dire où je vais aller», a-t-elle ajouté, rappelant vouloir représenter un pont entre la ville et la campagne notamment.

Elisabeth Baume-Schneider

La socialiste s’est dite très étonnée d’avoir obtenu le meilleur résultat au premier tour. De nature «apaisée, optimiste et confiante», elle a ensuite cru à ses chances, même si elle «ne pensait pas que ça se terminerait comme ça».

Emue et reconnaissante que la dixième conseillère fédérale vienne du Jura, elle a encore souligné ne pas vouloir «être corsetée dans un rôle». «Le Conseil fédéral est comme un organisme vivant, il faut trouver de nouveaux équilibres.»

Albert Rösti espère rester le même après son élection

«On ne peut pas changer ses habitudes, ses valeurs, son caractère.» Dans une interview à Keystone-ATS, le conseiller fédéral élu Albert Rösti espère qu’il restera le même malgré son changement de fonction. «Sinon, ma femme va me rappeler de ne pas changer!»

Albert Rösti

L’ancien président de l’UDC Suisse s’est dit surpris d’avoir été élu au premier tour. Il s’est aussi montré fier de représenter le canton de Berne alors que Simonetta Sommaruga va quitter le gouvernement.

Venant d’un canton bilingue, il se dit être un pont entre la Suisse romande et celle alémanique. «J’ai des liens avec la Suisse romande que j’aimerais soigner à l’avenir.»